Dis, quand on est mort, c’est pour toute la vie?

Nous venons de donner un stage ayant pour titre cette jolie interrogation existentielle, tirée d’une vraie question d’enfant : « Dis, quand on est mort, c’est pour toute la vie ? ». Nous avons passés trois jours intenses avec des éducatrices (la majorité de femmes, comme il est très souvent le cas) et un (seul) éducateur de la petite enfance (on se félicite de son courage !), des jeunes personnes en contact quotidien avec des enfants âgés de quelques mois à 5 ans. C’est donc une période préscolaire pendant laquelle on pense, souvent à tort, que la question de la mort ne fait pas partie de la vie des petits. Et pourtant. Nous voulons ici poser l’attention sur quelques points concernant l’approche adoptée par la formation qui a alterné des apports théoriques avec des pratiques (jeux de rôle, mouvements, danse, art, ...). Nous avions fait, avec Anne, le pari de ce stage comme un moment d’évolution personnelle pour tous les participants, y compris de nous-mêmes. Nous pouvons aujourd’hui affirmer que nous ne nous sommes pas trop trompées, tout en tenant compte des évidentes difficultés de certaines personnes à s’impliquer « corps et âme » dans ce que nous proposions.     Primo : La mort nous parle de nous Nous avons constaté d’abord combien parler de la mort en général et en particulier avec les enfants, nous renvoie à notre propre relation avec la mort, notre mort à nous et celle des gens que nous aimons. Par un parcours d’exploration aussi de nos idées reçues sur ce sujet, nous avons compris combien il est fondamental et même nécessaire, de regarder en face celle qui sabote régulièrement nos élans de vie, notre capacité à construire de liens sains et pacifiques avec notre monde Et de nommer enfin cette chose qui, dans l’échelle des émotions et des causes de blocage et des conflits, arrive en tête de liste: la peur de mourir. Mais attention ! Nous n’avons pas et nous n’avons jamais eu la prétention, lors d’un stage de trois jours, de nous réconcilier avec cette peur profonde et commune à tous. Par contre, nous pensons que ces moments de questionnement, nous invitent à éclaircir les zones d’ombre que l’on peut découvrir dans d’autres lieux thérapeutiques. Secundo : Il s’agit de parler de la mort avec (et non « aux ») enfants Ceci implique que nous (parents, grands-parents, enseignants, éducateurs au sens large), nous adoptions une posture d’accompagnement. Il ne s’agit pas donc de leur dire ce que la mort est ou n’est pas, mais de les inviter à s’exprimer à ce sujet. Nous allons ainsi être surpris ! Car les enfants « savent » souvent déjà beaucoup plus que nous l’imaginions sur la question. Selon leur âge, ils auront même développé une réflexion philosophique et existentielle (ce que l’on expérimente lors des « ateliers philo » avec les plus grands) et ils vous surprendront avec la sagesse des fruits de leur pensée.   Aussi, en tant que formatrices, pour répondre aux doutes de quelques participants (faut-il leur parler de la mort même « hors contexte » ?), nous croyons qu’il ne soit pas nécessaire d’attendre que la mort se présente dans la vie d’un enfant par le départ d’un proche, y compris à l’école. Nous pensons par contre que l’on devrait inclure la question de la mort comme faisant partie de la nature humaine, animale et végétale par exemple, en l’introduisant dans les cours de sciences de la vie et de la terre, de biologie, de chimie etc., pour les plus grands. L’art et toutes les activités artistiques que l’on pratique dans un contexte préscolaire et scolaire (dessin, chant, comptines, etc.) y compris le mouvement et la danse libre, sont aussi des moyens excellents à privilégier pour que les enfants puissent s’exprimer plus librement et autrement que par la verbalisation. S’il arrive que un parent ou ami de l’enfant meure, on se doit, en tant que adultes éducateurs, d’être préparés à accueillir la situation avec une attitude la plus sereine possible, y compris en accueillant nos propres émotions (ce que l’on peut apprendre à l’école depuis tous petits). A ce sujet, nous avons été confortés par le témoignage (en directe du Québec) de Josée Masson qui œuvre depuis vingt-cinq ans dans le domaine de l’association « Deuil-Jeunesse » (https://deuil-jeunesse.com) dont la mission est centrée sur l’accompagnement des jeunes qui vivent une perte. Toutes et tous, nous avons été émus par les paroles pleines d’humanité de Josée : démystifier pour aller de plus en plus vers la confiance et l’amour ; ne pas juger, mais apprendre à accueillir en tant que éducateurs car le deuil « juste » est celui que l’on vit.  Tertio : La mort fait partie de la vie Cela peut paraître une banalité, mais le fait de présenter la mort comme la fin de tout processus, est une source de grande angoisse même chez les plus petits. Une fois de plus, il ne s’agit pas de convaincre les enfants de nos croyances, comme de l’existence d’une vie après la mort, mais de placer la mort dans le processus de la vie. Par exemple, si dans la présentation du cycle humain expliqué aux enfants, l’on pose la naissance comme première étape et en dernière celle de la mort, il en résultera une vision beaucoup plus globale et harmonieuse de la Vie, accessible même aux plus petits. Et si, à l’intérieur de ce même processus expliqué aux enfants, nous plaçons aussi la possibilité de l’inattendu et l’imprévisibilité de l’existence, nous pourrions les éduquer à accueillir plus facilement des événements tragiques comme la mort prématurée d’un copain ou d’un jeune parent. Quarto : L’art est une porte entre le visible et l’invisible  Nous croyons aussi, pour l'avoir expérimenté et partagé lors de ces journées, que l'approche artistique ou poétique peut être une porte à une pratique quotidienne pour approcher notre finitude.  En effet la pratique de l'art (danse, musique, peinture, etc.) touche à la notion de temps : temporalité versus intemporalité. L'espace-temps qu'offre une œuvre d'art par sa contemplation ou par sa pratique, nous permet de toucher les deux mondes du visible et de l'invisible, tous nos sens en éveil.  Une pleine présence de soi-même offre cet instant ultime, intime sur le fil de la vie sensible. Et de cette sensibilité peut naître une meilleure conscience de chaque instant. Ce qui peut être donc très riche d'enseignement pour le jour de notre départ de l'autre côté des choses... Danser, chanter jouer en pleine communion de l'instant présent. Pour conclure Nous pensons que, dans une société qui s’ouvre de plus en plus au transhumanisme et ses conséquences néfastes, Éduquer à la mort devient une urgence et une nécessité pour les jeunes. Cependant, comme nous l’avons constaté lors de ces trois jours, introduire la mort comme un sujet « normal », la démystifier et arriver à affronter le sujet sans le charger de nos projections, n’est pas chose facile. Mais ces moments nous ont confortés par contre dans la conviction que la seule voie pour accéder à un rapport sain avec la mort est de revenir nous-mêmes à l’attitude des enfants que nous côtoyons dans nos métiers d’éducateurs. Sans peur, et même avec joie, il nous faudra oublier tout ce que l’on sait ou que l’on croit savoir sur elle, considérer que nous ne savons plus rien à son sujet (y compris ce qu’on nous a raconté pendant des générations) et être préparés à se faire surprendre par notre propre capacité d’émerveillement.                                                                        Antonella Verdiani  et  Anne Caloustian * * Anne Caloustian est artiste musicienne, poétesse, clown et enseignante.  Le stage « Dis quand on est mort, c’est pour toute la vie ? » est une formation que nous proposons aux enseignants, éducateurs et parents. Pour connaître son contenu : Éduquer à la mort (https://antonellaverdiani.com/formations/eduquer-a-la-mort/) A la question : « quel est l’opposé de la mort ? » beaucoup d’entre nous répondront « la vie ». Ce que nous proposons est de remplacer le mot vie par « naissance » : la naissance devient donc l’opposé de la mort. Cela implique donc l’hypothèse que la vie puisse continuer sous une autre forme (comme l’arbre qui devient compost) que, pour le moment, nous ne connaissons pas (ce qui ne dérangera pas les matérialistes et les non-croyants). [...]

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La force de la non-violence

"À partir du moment où on vise l'objectif de l'institution, ça devient violent. Surtout avec l'héritage que nous avons dans les pays occidentaux : l'école a formé d'abord des soldats, après des ouvriers, maintenant des technocrates. Toutes les institutions, toutes les organisations qui sont en place aujourd'hui sont verticales, donc violentes. Ou bien on reste dans l'institution et on devient résistant. Ou bien on sort de l'institution et on crée quelque chose de différent." Écoutez mon interview dans l'émission de Célia Gricourt, podcasteuse à La Force de la non-violence ! Antonella Verdiani a consacré une partie de sa vie aux pédagogies nouvelles dites "alternatives". D'abord chargée de programme à l'UNESCO, elle y œuvre à diffuser la culture de paix et de non-violence, ainsi que des pratiques de résolution de conflits. Dans ce cadre, elle fait la connaissance d'un lieu unique, Auroville, une communauté de l'Inde du Sud où des humains expérimentent une façon de vivre et d'être en unité avec le Vivant. Elle est marquée notamment par l'école dont l'approche dite "intégrale" la passionne au point d'en faire le sujet de son doctorat. C'est là-bas qu'elle prend conscience du manque de joie de nos enfants occidentaux à aller dans nos écoles... Elle fut la co-fondatrice du Printemps de l'Education, un réseau français réunissant des associations, des institutions et des individus qui militent pour un changement de l’éducation et de l’école, centré sur l’épanouissement des enfants et des enseignants.Aujourd'hui formatrice et conférencière, Antonella Verdiani a publié deux ouvrages de référence : "Ces écoles qui rendent les enfants heureux" et "Renouer avec la joie de l'enfance". Crédits : Mixage et musique originale : @zerooxygen__ Lien vers l'épisode : https://force-nonviolence.fr/.../episode-18-rencontre.../ Lien Youtube : https://youtu.be/P9JYgzP-bOw [...]

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Systèmes de croyances et récits de temps de crise : un dialogue impossible ?

Voici un excellent article de mon ami Ivan Maltcheff, publié sur le site de Pressenza, International Press Agency: https://www.pressenza.com/fr/2021/09/systemes-de-croyances-et-recits-de-temps-de-crise-un-dialogue-impossible/ Ivan m'a donné l'autorisation de le traduire en italien et de le publier, ce que je vais faire ici dans ce blog. Car je pense que si nous sommes tous assez perdus dans nos certitudes par rapport à la question actuelle du pass et du vaccin, le danger le plus grand est la division... même au sein des groupes des copains militants, écologistes, acteurs du changement éducatif, au sein de nos familles, entre nos enfants et nos amis. Pour ne pas donner raison à la stratégie en cours, du séparer pour mieux régner, Ivan propose une voie inédite, qui rallie le cœur, l'esprit et l'intelligence. A vous aussi de la partager pour que même les désaccords soient féconds et porteurs d'évolution! [...]

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Lettre à mes enfants

Être libre, ce n'est pas seulement se débarrasser de ses chaînes ; c'est vivre d'une façon qui respecte et renforce la liberté des autres. Nelson Mandela Chers enfants, (désolée si je vous appelle de cette façon même maintenant que vous êtes grands et - j'espère pas - vaccinés, je fais comme mes parents pour qui à cinquante ans j'étais encore la « bimba ») Chers enfants si lointains mais si près de mon cœur, je sais que vous allez bien, nos réunions de famille virtuelles me le confirment : vous avez un travail, de quoi vous nourrir, un toit pour dormir, des amis et des amours pour vous tenir la main. Par contre, je ne sais pas si votre santé inclut toujours  aussi votre état intérieur, votre stabilité émotionnelle et mentale, car la mienne, comme celle de quelques millions d'autres personnes, a été mise à rude épreuve ces derniers temps. Pour cela, permettez-moi quelques considérations, à commencer par des banalités (que vous pourrez toujours attribuer à mon manque de stabilité psychique actuelle, ou à une sénilité précoce, mais c’est ok...). Dans les pays où nous vivons il n'y a pas de guerre (première banalité). J'entends par là que notre sécurité physique n'est pas, pour le moment, menacée par des hordes de talibans aguerris ou par des bombes qui pleuvent du ciel. Il s'agit, en revanche, d'autres dangers plus subtils, qui nous demandent en tout cas une bonne dose de courage. Vous êtes nés dans des pays en paix, dans une famille qui a pu vous offrir de l'affection et un foyer accueillant, vous avez voyagé et rencontré plein de gens exceptionnels, fréquenté des écoles aussi non violentes que possible (de cette recherche en particulier, j’en ai fait mon engagement personnel), vous avez été soignés, lors des vos rares maladies d’enfance, par des médecins respectueux de votre corps et de votre âme, et même nourris par une alimentation bio et naturelle. Bref, vous avez joui de nombreux privilèges. En tant que parents, en tant que mère (je parle pour moi), j'ai certainement fait des erreurs à cause de mon caractère (un peu trop) direct, mais de cela il a toujours été possible de parler et il le sera toujours, vous le savez. Dans le climat de bien-être dans lequel vous avez baigné, vous n'avez jamais été confrontés aux défis auxquels ont dû faire face vos grands-parents nés pendant la guerre (deuxième banalité). Moi non plus, par ailleurs. Mais de leur histoire, j'ai retenu l'émotion et les traces de douleur pour la perte d'une mère (cette grand-mère que je n'ai jamais connue), pour la pauvreté et le froid d'une maison sans fenêtres, pour la peur de cet avion allié qui volait à basse altitude dans la campagne toscane juste pour les effrayer, pour les bombardements des maisons des voisins ou la perte d'un ami mort jeune, plus ou moins au même âge que vous aujourd'hui. J'ai senti et compris la leçon de leur courage, non pas de la réaction impulsive et inconsciente, mais de la vertu qui vient du cœur, qui en est une émanation directe : le courage conscient de dire non à tout cela, à la violence et à la guerre et au déni de l'autre dans sa personne, dans son intégrité physique mais aussi morale, éthique, affective, spirituelle. Le courage de dire oui à la liberté, et de reconstruire un pays meurtri par la guerre, de recommencer petit à petit, avec de la patience et beaucoup d'espoir pour « y arriver ». J'ai grandi dans ce climat, mes parents et toute ma génération. C'étaient les années '60 dont, avec la légèreté, on respirait aussi un certain espoir et une confiance de renaissance... Mais ce n’est pas des erreurs de cette époque dont je veux parler ici, ni du fait que les bases de cette renaissance ont été construites sur des fondements illusoires, comme la certitude que le capitalisme serait la solution aux problèmes de l'humanité, ou que les hydrocarbures étaient inépuisables et même respectueux de l'environnement ! C'est plutôt du courage dont je veux encore parler (et ce n'est pas une banalité). Ce courage qui me semble manquer aujourd'hui, ce dont nous devons tous commencer à nous approvisionner en abondance pour vivre en humains. Vivre dans la dignité, mais surtout vivre en liberté. Dans le droit des libertés acquises et conquises par vos grands-parents - par vos grands-mères qui n’ont pu voter qu'après la guerre - mais aussi dans la reconnaissance de nouvelles libertés, comme le droit de choisir son éducation, d'être reconnu.e.s dans sa propre diversité sexuelle, et bien d'autres, pour lesquelles tant de gens - souvent des héros inconnus - ont donné leur vie au cours des soixante-dix dernières années de "paix". En Italie, nous avons la Constitution, la "plus belle du monde", comme l'appelle Benigni. La aussi, il faut du courage pour vivre les valeurs exprimées dans les pages de ce texte! Je parle de la Constitution italienne que je connais un peu mieux, aussi grâce aux cours donnés par cette enseignante (du même âge que mes parents) qui nous la lisait en s'essuyant les yeux avec émotion. Elle nous lisait ces mots altruistes, d'où se dégage un fort sens de la morale civique, ces mots inspirés par la vision grandiose de ces pères fondateurs, c'est-à-dire par l'idée d'un État fondé sur les droits et les devoirs du peuple. Des Droits humains, dont la nature dépasse la dimension politique de l'idée de citoyenneté, selon laquelle tout individu, même s'il n'est pas citoyen, a le droit d'être protégé. Des droits définis comme indérogeables et également garantis par les traités européens, dont chacun peut se prévaloir non seulement dans son propre pays de naissance. Il faut du courage pour défendre cela aujourd'hui. Car le monde dans lequel vous vivez actuellement, mes enfants, tourne en dérision ces droits qui nous semblaient inviolables. Comme celui déclaré à l'article 32 de la Constitution: « Nul ne peut être contraint à un traitement médical sauf par la loi. La loi ne peut en aucun cas violer les limites imposées par le respect de la personne humaine.» Ou, à l'article 3 sur le droit à l'intégrité de la personne de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, pour laquelle « Toute personne a droit à son intégrité physique et mentale » et dans le domaine de la médecine et de la biologie doit être particulièrement respecté, entre autres, « le consentement libre et éclairé de la personne concernée, selon les modalités définies par la loi ». Par rapport à ce qui se passe de grave aujourd'hui, à savoir l'imposition du vaccin (sous couvert d'un passeport sanitaire), j'en déduis donc que la loi ne peut imposer un médicament sans le consentement libre et éclairé de la personne, surtout dans le cas où il est encore au stade expérimental, comme c'est le cas. Mais ce qui est plus grave encore est surtout la mise en place des moyens de contrôle (comme le green pass et d'autres), qui sont des limitations arbitraires de notre liberté. Face à tout ça, nous sommes appelés à nous poser des questions éthiques fondamentales, questions auxquelles vous, enfants du bien-être, vous n'avez jamais été confrontés. Et voici le point. Il vous faudra vous armer de courage : celui de vos voix qui s'élèvent contre ces dérives, qui n’ont rien à voir avec la question de la santé car elles sont politiques. Le courage de choisir : d'une part une philosophie de vie fondée sur la réflexion et l'action (non violente !) où le débat contradictoire est considéré une richesse. De l'autre, une vie bien-pensante et consensuelle, dans la « normose » (c’est plutôt elle, la pandémie de siècle) que nous veut tous consentants et infantilisés par la peur (voir la terreur alimentée par les médias). Vous devrez être unis en frères et sœurs de sang ou en simples citoyens du monde, à la recherche de nouvelles alliances et de joyeuses complicités avec ceux qui déjà s'organisent.  Votre force sera de créer une réalité inédite, hors des sentiers battus, loin de l'arrogance des pouvoirs établis. C'est de ce courage au service de la justice, de la même vertu dont étaient faits les héros et héroïnes des mythes universels, ces chevaliers Jedi qui vous ont fait rêver dans la guerre des étoiles, qu'il vous faudra puiser mains et cœur ouverts, à profusion. Attention, le courage n'est pas le contraire ni de la sagesse ni de la prudence, en effet la sagesse du courage est la prudence ! Cette même force non violente, mais obstinée, précise, claire comme celle de Gandhi face à l'arrogance colonisatrice : non, ça ne passera pas, non, je suis le seul à disposer de mon corps... Et tout comme Gandhi nous l'a appris, ce qui nous est proposé n’est pas de tuer l'autre ou de défier un pouvoir qui peut nous écraser par ses moyens infinis, la force brute et l'argent. Nous sommes par contre invités à l'entourer, ce pouvoir, à jouer avec sa propre énergie, à choisir comme des pratiquants de l'Aïkido, la voie de la concordance des énergies. Dernier point : la prudence n'est même pas cette passivité à laquelle on risque de s'habituer lentement, insidieuse comme une vipère, sans s'en rendre compte (la même qui a conduit aux dictatures pour nous libérer desquelles, des millions de personnes se sont battues). C’est la force d’une non-violence active. Réveillons-nous, réveillez ceux qui dorment autour de vous, vos jeunes amis qui n’ont pas encore ouverts les yeux. Avec ce courage éclairé, sage, actif, non violent et juste, agissons, agissez. Gardiens du Vivant, préparez avec joie le monde de paix que vous souhaitez pour vos enfants, une réalité dont vous serez les auteurs et dont moi, optimiste à outrance, je ne sais voir d'autre que la beauté infinie. Votre mère, à vos cotés. https://www.facebook.com/watch/?v=162152581815669 https://www.cortecostituzionale.it/documenti/download/pdf/Costituzione_della_Repubblica_italiana.pdf https://www.normattiva.it/atto/caricaDettaglioAtto?atto.dataPubblicazioneGazzetta=2018-01-16&atto.codiceRedazionale=18G00006&atto.articolo.numero=0&atto.articolo.sottoArticolo=1&atto.articolo.sottoArticolo1=10&qId=&tabID=0.9438621902698823&title=lbl.dettaglioAtto https://reinfocovid.fr/ [...]

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RÉVEILLER LA JOIE D’APPRENDRE

https://www.youtube.com/watch?v=JYajxbAO3w0 [...]

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HAPPY PARENTS!

UN WEEK-END SPÉCIAL PARENTS - Le 29 et 30 MAI 2021, un événement en ligne 100% gratuit! https://www.youtube.com/watch?v=RsgOpX3AH3I [...]

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Nous pouvons changer le monde par l’éducation !

Dans le cadre du Sommet de l’éducation “Apprendre et grandir dans la joie” du 24 avril au 1° mai 2021, je vous propose mon webinar: Nous pouvons changer le monde par l’éducation ! Exploration avec une globetrotteuse de l'éducation à la joie 🙂 le Samedi 24 avril 2021 (l’heure vous sera communiquée dès l’inscription) Le Sommet de l’Éducation est un festival de découvertes, d'inspiration et de partage ! Nature, créativité, philosophie, coopération, CNV, projets, démocratie... Écoles innovantes pour tous, inspirations internationales, IEF, pédagogies alternatives..  Des outils et réflexions pour une enfance heureuse et des parents & enseignants détendus ! Des ateliers à partager avec vos enfants, des interviews, des témoignages le tout, directement chez vous ! Une trentaine d’experts, enseignants, chercheurs, professionnels, au service de l’enfance. Pour vous. Pour eux. Pour demain. Les 24 conférences et les ateliers seront diffusés GRATUITEMENT en ligne du 24 avril au 1er mai 2021. 3 conférences sont délivrées chaque jour, accessibles gratuitement pendant 48h, de même pour les ateliers, à raison d’un par jour. C’est 100% en ligne, et c’est gratuit. ==> Réservez votre billet GRATUIT en cliquant ici  Pourquoi cet événement ?  Si vous rêvez de devenir un mentor inspirant, si vous rêvez d’enfants résilients et joyeuxsi vous êtes parfois fatigué(e)s par un quotidien exigeant et l’impression de devoir en faire toujours plus Parents, enseignants, éducateurs, thérapeutes, professionnels de l’enfance Ce sommet est pour vous ! 24 conférences et une semaine d’atelier pour : S’outiller et vivre un quotidien joyeuxFaire des choix éclairés pour l’avenir de nos enfantsTrouver de la détente sur leur “réussite”Découvrir des pédagogies et écoles innovantes ==> Découvrez le programme complet ici Quand ? Du 24 avril au 1er mai.  Je vous conseille de vous inscrire dès maintenant, cela ne prend que quelques instants et c'est gratuit. Ainsi vous pourrez prendre vos agendas et noter les dates des conférences et ateliers que vous ne voulez pas manquer. Vous recevrez une invitation pour le live d’ouverture (le 22 avril) avec plusieurs intervenants spécialistes de l’éducation.  Réservez ici votre billet GRATUIT ! Au cours de cette semaine de Sommet, vous découvrirez aussi :Des témoignages et des lives, et bien sûr une communauté Facebook et Instagram pour échanger. A très vite ! [...]

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Les pédagogies alternatives : on décode !

Les pédagogies alternatives se sont beaucoup développées depuis quelques années et connaissent un pic de popularité. Mais comment s'y retrouver ? Comment savoir si c'est qu'on veut pour notre enfant ? Comment faire le tri dans tous ces courants ? Pour avoir des réponses, ou du moins, commencer à réfléchir sur la possibilité d'éduquer différemment nos enfants, voici le podcast SchoolMouv auquel j'ai eu la chance de participer. Il s'agit d'un enregistrement à distance (en ce qui me concerne, vraiment à distance, donc la qualité n'était pas excellente ) sur le thème des pédagogies alternatives, en compagnie de Caroline Sost de Living School, de Marjorie, maman et orthophoniste qui pratique Montessori à la maison, et de Philippe Coste qui a animé ce débat passionnant! Vous pouvez retrouver le résumé de cet épisode et poser vos questions sur https://leblog.schoolmouv.net Bonne écoute sur : https://podcast.ausha.co/le-podcast-schoolmouv/les-pedagogies-alternatives-on-decode [...]

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OSONS L’ENTHOUSIASME! Coaching et métier d’enseignant

https://youtu.be/a4BraTX_bMw Comment savoir éduquer en accompagnant, devenir celui qui sait qu'il ne sait pas ? Quand on parle d’accompagnement en éducation, on pense tout de suite aux dispositifs pédagogiques alloués et on oublie qu’on n’a pas le même public ; les enseignants se trouvent, alors, face à plusieurs défis, notamment le repérage des besoins des élèves. « Le coaching est le métier de l'accompagnement du dialogue entre le client et son coach » on peut lire dans une des définitions du coaching. Qu’est-ce que donc ce métier, qu'il serait mieux appeler un art, partage avec celui de l’enseignant, de l’éducateur au sens large? Qu’est ce que l’enthousiasme enfin, qui est le thème de ce sommet, vient faire là-dedans ? Beaucoup d’éléments rapprochent, je crois, ces « artistes » qui sont les coaches et les éducateurs, et dont les compétences devraient, j’en suis plus que convaincue, se compléter dans des formations communes (les enseignants notamment en gagneraient beaucoup !). Car la véritable question pour l’enseignant est celle de savoir éduquer en accompagnant, devenir celui qui sait qu'il ne sait pas tout en sachant ! Que dire enfin de l’enthousiasme, cette « possession » divine qui nous traverse lorsque, accompagnés par ce coach inspirant ou guidés par cet enseignant aimant, nous contactons cette partie de vérité en nous, la nôtre, celle qui nous rend si uniques et si semblables aux autres ? C’est à ce moment que l’enthousiasme touche la joie d’apprendre, de questionner, de créer une joie de vivre dont les enfants sont les ambassadeurs en ce monde, mais l’on oublie au fur et à mesure qu’on avance dans les diplômes et l’âge. La bonne nouvelle est que nous avons le pouvoir de la réveiller à chaque instant si nous en faisons le choix, même à l’école. Je vous invite donc à voir et écouter ce dialogue entre moi et Sanaâ MIKOU, coach ICF et PCC, qui a organisé en décembre 2020 le premier Sommet du coaching marocain sur le thème "Osons l'enthousiasme!" : www.insightcoaching.ma et www.coachingnews.ma Youtube: https: //www.youtube.com/channel/UCqViH_CUG0FTJB8KBd1lmJA/ [...]

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Sacrée forêt *

La forêt qui se reflète dans l'eau du fleuve Ogooué, Gabon Cri de détresse, d’alarme Elle crie, la forêt, et son cri est plus haut que l’aigle qui la survole, plus profond que les racines des ses arbres. Elle dit : « pour le temps qui m’est encore donné, je vous implore, qu’on arrête de me désosser, me dépouiller, de réduire en sang mes membres, de déraciner mes troncs millénaires, détruire la couronne sacrée de ma canopée ! ». Cri de détresse, mais aussi d’éveil pour ceux qui veulent et savent prêter l’oreille. Les mêmes qui, sur la pointe des pieds, le regard tourné vers les cimes, savent écouter le silence. C’est un silence feutré, presque ouaté, rompu selon une partition musicale parfaite, par les cris des oiseux forestiers cachés dans les branches inatteignables. On rentre dans une forêt comme on rentre dans une cathédrale. Un temple sacré dont les piliers sont les ozigos, les okoumés ou les fromagers avec leurs troncs au diamètre éléphantesque qui abritent des cités de singes et des villages d’insectes.  Mais il y a danger. Par ici, le silence est interrompu par le bruit strident des pelleteuses déracinant ces géants millénaires pour faire place aux plantations des palmes à huile. Par là, les scies mutilent le bois pour charger des camions d’essences rares destinées aux meubles des riches. Ailleurs, le feu brule la forêt et, avec elle, ce sont des siècles de l’histoire de l’humanité qui s’en vont en fumée. Alors qu’ils pleurent, le cri des arbres est muet pour ceux qui ne savent plus comment les entendre.  Ceux qui ont perdu la connaissance des nos ancêtres, le savoir millénaire dont les anciens nous parlent. Toutes les civilisations traditionnelles, des forêts pluviales d’Amérique du Nord à l’Amazonie, des bois des régions tempérées en Europe à la canopée tropicale, toutes elles se rejoignent dans une culture commune : celle du respect et de l’observance de rituels sacrés pour honorer et remercier les dieux qui vivent dans la forêt. Ces cultures savent que la nature des humains, et donc leur équilibre et leur santé, sont intimement liés à celle des arbres, des plantes, de la mer, de l’eau des rivières, du vent Dans une telle connaissance de la nature, comme celle qui vit encore au Gabon et dans toute l'Afrique centrale, le contact avec la forêt est direct. Vivre dans et avec la forêt demande à nous élever, nous encourage à être nous-mêmes, ne pas être un rouage dans une machine, mais à trouver notre propre unicité. Or c’est cette unicité que l’on est en train de perdre actuellement, par un rythme de plus en plus accéléré. Les enfants sont les premiers a en payer les conséquences : tout comme dans les pays occidentaux, nous assistons à la naissance de générations nées « hors sol » aussi en Afrique, comme ces enfants de Libreville qui n’ont jamais mis les pieds dans la forêt, pourtant si proche. Je suis la forêt Dans l'Arboretum de Libreville, Gabon L’arbre est le symbole de la vie, en perpétuelle évolution. En ascension vers le ciel, il symbolise la verticalité et incarne le cycle de l’évolution cosmique : vie, mort et régénération. Mais également le cycle de la vie humaine avec ses quatre saisons : naissance, jeunesse, maturité et vieillesse. Par lui, tous les niveaux du cosmos communiquent intimement: les entrailles de ses racines souterraines dialoguent avec la terre où son tronc s’érige vers la lumière qui nourrit ses hauteurs. L’arbre « connaît » le langage entre la terre et le ciel. En ce sens, il nous sert de « passeur » entre ces deux dimensions : c’est pour cela que par lui, dans nos cultures traditionnelles, il est considéré comme le chemin vertical par lequel transitent ceux qui passent du visible à l’invisible.  Les arbres et la forêt ont eu une grande place dans la vie des gardiennes de la tradition. En tant que femme, je suis une forêt. Tout comme elle, je produis, je donne la vie, je nourris, je porte la charge de ma progéniture. Mais aussi je soigne et je sauve des vies grâce à ses énergies. Ma connaissance vient d’elle. Femme initiée, j’ai pu découvrir quelques uns de ses secrets que je transmets avec amour aux générations nouvelles. Dans ma lignée de connaissance féminine, je suis la forêt. Car ce sont les femmes qui savent mieux garder et perpétuer ses secrets. En totale symbiose avec elle, si la forêt se meurt, je meurs avec. Et avec moi mourront des milliers d’êtres vivants et des êtres invisibles s’éloigneront également. Peu nombreux sont ceux qui le savent, encore moins ceux qui le croient. La question : qui es-tu ? Pendant le rite de passage, l'initiée est placée devant un miroir. Un dernier regard à son ancienne identité avant de renaitre à la nouvelle. « Qui es tu ? » me demande Grande Manou, ma Grande Mère africaine pendant mon initiation. "Qui es tu?" demande la forêt. Je suis le vent, la pluie, répond l’initié je suis celui qui comprend le langage de la nature, je suis l’animal poursuivi par le chasseur, le hibou qui chante la nuit, je suis la rivière qui coule, je suis le caméléon qui change, la fleur qui s’épanouit au soleil, le crapaud qui coasse. Je suis la corne de l’antilope qui appelle et rassemble les humains autour du feu.   « Qui es tu ? » on demandait à Socrate. Il répondait : « je ne sais pas » en créant la surprise dans l'interlocuteur qui lui, croyait tout savoir. Le proverbe africain dit : « celui qui sait, ne parle pas » : savoir qu’on ne sait rien, se taire, ou oser dire « je ne sais pas » sont ainsi des manifestations de grande sagesse universelle. Posée par la forêt, cette question me renvoie à ma propre humilité, à mon humus intérieur. A mon niveau, je me permets d’ouvrir les portes de la connaissance, c’est une voie vers l’éveil. La rencontre avec les ancêtres se fait dans le temple et dans la forêt : ce sont les retrouvailles avec notre propre âme. La voie de l’âme amène à l’invisible et, à son tour, le monde invisible nous conduit à nous rencontrer dans nos profondeurs. Tout comme dans la forêt, les dimensions du souterrain, de la terre et de la lumière, se rencontrent dans ce parcours d’union et d’accueil. La forêt veille sur moi et sur nous : elle nous aime.   Ce texte est ma contribution au livre (en cour de publication) de Rose Bernadette Rebienot, Grande Prêtresse Mpongwé du Djembé et du Mabanji féminin. Elle est une grande initiatrice du Bwiti Dissumba. Elle vit à Libreville, au village d'Oyenano qu'elle a elle-même créé avec sa communauté.   [...]

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POUR LA LIBERTÉ ET LA DIVERSITÉ PÉDAGOGIQUES

Au nom de la lutte contre l’islamisme radical, Emmanuel Macron a annoncé que l’instruction à domicile serait désormais « strictement limitée, notamment aux impératifs de santé. L’instruction à l’école sera rendue obligatoire. C’est une nécessité. » Le projet de loi, qui doit être examiné le 9 décembre en Conseil des Ministres, indique que « les enfants de 3 à 16 ans ne pourront plus être instruits à la maison, sauf exception soumise à l’accord de l’administration et accordée pour un an. » Nous, professionnels de l’éducation, parents d’enfants instruits à la maison, membres d’associations, sommes convaincus que l’instruction en famille doit faire partie des options possibles. Avec les différents modes d’éducation alternatifs, elle participe à la richesse et au pluralisme de la citoyenneté française.  Liste des cosignataires : Gregory David (Responsable de la Communication, association Colibris), Ramïn Farhangi (Collectif Enfance Libre), Muriel Fifils (fondatrice de l’école Caminando, Drôme), Isabelle Peloux (fondatrice de l’École du Colibri, Drôme), Marie-Hélène Pillot (co-coordinatrice de l’association Colibris, membre du réseau « Tous Dehors France »), Sophie Rabhi-Bouquet (fondatrice de l’école la Ferme des Enfants, Ardèche), Caroline Sost (Fondatrice de l’école Living School, Paris), André Stern (auteur, conférencier), Antonella Verdiani (auteure, conférencière, fondatrice du Printemps de l’éducation) Nous pensons que l’éducation doit permettre à l’enfant la découverte de lui-même, des autres, ainsi que des savoirs et connaissances dont il aura besoin pour s’épanouir dans la société, et pour contribuer à relever les défis du siècle. Une éducation bienveillante, respectueuse et porteuse d’autonomie. C’est une aventure dans laquelle des milliers d’enseignants, de parents et d’enfants se sont déjà lancés, aux quatre coins du territoire. Et ce, sous différentes formes : au sein de l’école publique, dans les écoles privées sous ou hors contrat, ou par l’instruction en famille. Le courant de l’école à la maison est confidentiel en France, avec environ 50 000 enfants concernés, sur plus de douze millions. Cette pratique légale et rigoureusement encadrée par l’État, depuis la loi Jules Ferry de 1882, est largement méconnue du grand public, certainement du fait de la confusion entre « instruction obligatoire » et « scolarisation obligatoire ». Les parents qui choisissent ce type d’instruction le font pour différents motifs. La majorité est guidée par la recherche du bien-être et de l’épanouissement de leur enfant, au travers notamment de la mise en valeur de la coopération plutôt que de la compétition ; d’une pédagogie adaptée à leur enfant en particulier ; d’une plus large place accordée à l’éducation à la nature ; du développement des savoirs manuels et de l’autonomie ; et du respect des rythmes d’apprentissage différents selon les enfants. La grande majorité des parents pratiquant l’instruction à la maison sont attachés aux valeurs républicaines, et les transmettent à leurs enfants : principe de laïcité, respect d’autrui, tolérance Ils accomplissent, certes différemment, leur devoir d’accompagner les enfants dans leur construction en tant que citoyens. Ils forgent aussi leur esprit critique qui, loin de nuire à leur intégration dans la société, leur donne les clés pour transformer cette dernière — et non la reproduire — vers plus de solidarité, et plus de respect du vivant. Nous sommes convaincus de la nécessité de lutter contre l’islamisme radical, et nous participons à ce combat contre l’obscurantisme et la violence en inculquant à nos enfants des valeurs d’empathie, de liberté et de non violence. Les dérives totalitaires de certains individus, quel que soit le cadre dans lequel leurs enfants sont instruits, vont à l’encontre de ces valeurs qui nous permettent de faire société. Nous les percevons comme un danger, pour les enfants concernés au premier chef, et pour la société toute entière. Mais aujourd’hui, aucun lien n’est établi entre instruction en famille et radicalisation religieuse. D’après le Ministère de l’Éducation Nationale lui-même, dans son vademecum « Instruction dans la famille » paru en octobre, « les cas d’enfants exposés à un risque de radicalisation et repérés à l’occasion du contrôle de l’instruction au domicile familial sont exceptionnels. » En visant toutes les familles pratiquant l’instruction à domicile, au nom d’une lutte contre l’islamisme radical, l’État se trompe de cible, tout en faisant fi de leur droit à instruire leurs enfants par eux-mêmes. Nous souhaitons que cessent les préjugés et les amalgames. La France ne doit pas avoir peur des différents modes d’instruction, mais bien plutôt y voir des innovations qui peuvent nourrir le système traditionnel, et qui participent à la richesse et à la diversité de la citoyenneté française. Nous vous invitons à signer la pétition pour le maintien du droit à l’instruction en famille, dans l’intérêt supérieur de l’enfant, et dans l’intérêt de la République.  Vademecum « Instruction dans la famille », p38, Ministère de l’Éducation Nationale, octobre 2020. https://cache.media.eduscol.education.fr/file/Actualites/30/6/VDM_IEF_1338306.pdf [...]

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LE KASALA, UN EXERCICE D’IMMUNO-ELEVATION POUR LA SAISON ACTUELLE

En ce moment, pour ma santé, je m’abstiens d’allumer la télé, ou d’écouter la radio (sauf des radios indépendantes), ou d’acheter des journaux. Sur Internet et les réseaux sociaux, je sélectionne soigneusement les sources (et parfois je me trompe aussi) et les informations auxquelles je veux accéder (par ailleurs, je ne suis ni sur Twitter, ni sur Instagram et je réfléchis sérieusement à partir de Facebook). Au cinéma, je ne supporte plus (au sens  physique du terme) aucune scène de violence, celle des l’actualité médiatisée me suffit, pas besoin d’en ajouter davantage. Et lorsque de parle de « santé » je me réfère surtout à ma santé mentale, de laquelle mon équilibre psychique, psychologique et physique dépendent. Car tout est mis en œuvre pour que moi, vous et nous tous rentrions sous l’emprise de la PEUR. Une fois tombés dedans et devenus ainsi anxiogènes, stressés et carrément malades, nous devenons de plus en plus manipulables, petits et obéissants.   A chacun de nous, de prendre position et d’agir en conscience. Car, comme le disait  Viktor Frankl (récemment cité par mon amie Maryvonne Pietri) : « Chaque jour et à chaque instant nous avons l’opportunité de prendre une décision, une décision qui déterminera, si continuer d’être sujet aux mêmes circonstances, comme un jouet dans les mains du destin, ou si agir avec une dignité authentique en écoutant notre vrai « moi ». Cependant pour agir, je crois que la première décision est celle de ne pas laisser la place à la peur! Il nous faut donc vite booster notre immunité non seulement par des vitamines, mais aussi par la mise en valeur de notre « souveraineté intérieure ». Comment ? Voici une recette qui nous vient directe d’Afrique centrale (où je fais des séjours fréquents) et que je pratique dans mes formations d’adultes, parents ou enseignants, pour qu’ils la pratiquent avec les enfants : le kasàlà ou autolouange. L’autolouange que je présente ici, sous sa forme auto-panégyrique (la même qui est utilisée par Marie Milis depuis des décennies, elle-même l’ayant apprise du professeur Jean Ngo Semzara Kabuta ) est la forme la plus puissante d’IMMUNO-ELEVATION (un antonyme de Immunodépression !) qui va nous aider à booster nos défenses car elle nous  permet de nous affirmer tels que nous sommes, d’exister : elle va révéler « la merveille que je suis». Mais attention ! Il ne s’agit pas ici de faire un éloge égocentrique ou narcissique de soi-même ! Au contraire, à travers l’autolouange, transparaît une conception particulière de l’homme, selon laquelle il n’existe que par rapport à l’autre. C’est une pratique est universelle et nous enseigne la fierté d’être humain et d’appartenir à l’humanité. Voici comment Atelier de femmes animé par Jean Kabuta au Congo RDC MODE D’EMPLOI  « Il s’agit, nous dit Marie Milis, d’écrire un texte poétique, en toute liberté, dont la proclamation éveille l’admiration des autres : Ouah ! Quelle chance ai-je de connaître celui-ci ou celle-là!» Il va s’agir d’écrire un texte en « je » et de se décrire avec authenticité, audace et amplification. Dire « je, je suis, moi... » revient à se reconnaître, à se découvrir et à s’appeler à l’existence en énonçant son propre nom. Puis, il faudra, pour le faire vivre et lui donner toute sa puissance, que ce texte soit proclamé devant des autres, condition indispensable à sa réussite. Prenez un papier. Installez-vous dans un endroit calme, instaurez le silence autour de vous. Donnez-vous du temps : d’un minimum d’un quart d’heure à une demi-heure pour la première fois. Choisissez une ou plusieurs de vos qualités. Ne mentez pas ; appuyez-vous sur celles qui vous distinguent, les dons que les autres vous reconnaissent, ou que vous vous reconnaissez. Ne soyez pas modeste ! Exagérez, osez ! Si vous êtes sage, vous êtes le Bouddha ; si vous aimez l’aventure, vous êtes Ulysse ; si vous êtes courageuse, vous êtes la lionne qui défend ses petits... Vous êtes unique! Amplifiez les images, faites appel à la mythologie, à la nature, aux astres, aux animaux, aux plantes, aux pierres et aux fleurs... laissez libre cours à la fantaisie. Nommez des héros, mais aussi des personnes normales, de votre famille, de votre entourage, celles qui vous inspirent. Soyez poétique, soyez lyrique, allez chercher des images et des mots dans la mythologie, l’allégorie, les arts, la musique, les chansons, les poèmes, les chefs-d’œuvre. Sachez utiliser l’humour ! Si rien ne vient, amplifiez le néant, décrivez-le, le silence est fécond. Si quelque chose que vous jugez négatif arrive, dites-le. Nommez les difficultés et amplifiez-les « jusqu’à ce qu’apparaisse au bout de votre plume ce héros que vous êtes qui a survécu à pareille agression d’un sort néfaste », dit Marie Milis. N’ayez pas peur de vous tromper. L’erreur n’existe pas dans cette pratique ! Enfin, ayez confiance dans votre intuition, elle vous guidera dans ce chemin de descente en douceur au cœur de vous-même. Pour nous laisser vivre l’essentiel, libérés de nos peurs et de nos freins. Marie Milis, Souviens-toi de ta noblesse, Le Grand Souffle, 2008. Par cette méthode, Marie Milis, enseignante à la retraite et formatrice, a appris à des centaines d’élèves l’art de créer des liens positifs avec eux-mêmes et avec les autres. Petit à petit, ces jeunes ont osé se regarder avec les yeux de l’émerveillement et sortir d’une logique qui les voulait prédestinés à des vies difficiles déjà tracées à l’avance. 
 Jean Ngo Semzara Kabuta, Atelier Kasàlà. Manuel de l’animateur, 2013, http://www.entre-vues.net/ LinkClick.aspx?fileticket=fi6LntUDVXg%3d&tabid=619. Du même auteur Le Kasàlà : une école de l’émerveillement, Jouvence, 2015. [...]

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Auroville 2020 (en préparation de 2046…)

Vue sur le Matrimandir et la forêt de la terrasse de Citadines, le jour de Pâques 2020. Je connais (un peu) Auroville pour y avoir séjourné plusieurs fois, la dernière étant au moment de la pandémie Covid 19, entre mars en mai 2020. Invitée par le pur hasard (!) à passer cette période de confinement planétaire à l’un des endroits que je chéris le plus au monde, celui où je viens me ressourcer l’âme et l’esprit, j’ai découvert une autre Auroville. J’ai probablement vécu ce que mon amie Débora a décrit dans son récit Auroville 2046 * d’une façon très visionnaire, comme le début de la période d’effondrement de notre civilisation, le géant Goliath de l’empire d’occident terrassé par un coup de fronde du petit David-Coronavirus. Dans ce conte , elle y décrit cette période comme celle, beaucoup plus chaotique, qui va préparer l’exode spectaculaire des habitants des villes, à la recherche d’un nouvel Art d’habiter la terre. « Nous y voilà. Nous y sommes » nous prévenait en 2008 l’écrivaine écologiste Fred Vargas dans ce texte tout autant visionnaire, que nous avons réécouté en ces jours confinés, y compris à Auroville. Oui, cette fois-ci, nous y sommes pour de vrai, je le crois aussi. Nous sommes à l’aube de celle qu’elle appelle « la Troisième Révolution » dont le programme colossal est « sans vouloir offenser avec un terme tombé en désuétude, être solidaire. Avec le voisin, avec l’Europe, avec le monde », dit-elle. Un beau programme aussi pour la cité de l’Aurore, qui ne vise dans sa Charte fondatrice, rien d’autre que la solidarité par l’unité humaine. Peut-être bien que l’Auroville de 2020 se prépare à devenir la cité décrite par Débora en 2046, réalisation du rêve des cinquante mille habitants voulu par Mirra Alfassa, la Mère. Pour moi, le point n’est pas là. Mais il est dans la capacité que ce projet humain a d’exister tel qu’il est aujourd’hui, avec la même –inexplicable et surprenante – force qui l’a fondé en 1968 et qui fera, sans aucun doute, qu’il sera là encore en 2046 et plus. C’est une énergie qui échappe à toute logique de compréhension humaine, donnée sans doute par la force supramentale que ce projet renferme dans ses racines spirituelles, avec la certitude que oui,  un autre monde est possible et réalisable pour ceux qui le veulent. Alors, me demandent beaucoup d’amis, comment Auroville réagit à la pandémie ? A cette période de transmutation ? Est-ce que le fait d’être au cœur d’un projet né pour expérimenter la transformation interne et externe rend les gens différents, spéciaux, plus spirituels, plus conscients? Je suis désolée de ne pas pouvoir répondre à ces propos car ces deux mois ont d’abord été pour moi une aventure intérieure. Par contre, ce que j’ai pu observer se situe dans la diversité des réactions des Auroviliens rencontrés car sur les 3000 habitants actuels, il pourrait y avoir 3000 réactions différentes. Parce que rien n’a épargné Auroville 2020 de la foulée de questions, commentaires, réactions de peur ou comportements rebelles, hypothèses complotistes à l’appui, qui a ébranlée la planète entière.  Comme tout le monde. Et comme peut-être d’autres gens sur cette planète, j’ai l’impression que l’occasion a été aussi pour Auroville de saisir cette période comme un temps de reconnexion à soi, de recueillement intérieur. Mais aussi de reconnexion aux autres, dans les actes de solidarité que les Auroviliens ont mis en place pour venir en aide aux villages environnants (et par la même occasion, à moi-même, obligée à un confinement privilégié dans un tel endroit, Merci!). La Troisième Révolution, celle du cœur, a besoin d’un temps d’incubation nécessaire pour que l’on se retrousse les manches et l’on puisse construire l’Auroville de 2046 partout sur cette planète : découvrir les besoins de ses voisins, devenir solidaires, manger les produits locaux, économiser l’eau, l’énergie, redonner du sens à nos actes, retourner aux fondamentaux Un temps qui résonne avec le propos d’Auroville, de vivre la spiritualité dans la matière, « faire avec » le plomb du quotidien, du matériel, des tracas, et des problèmes de tous les jours pour le transformer en or, notre or à nous. Et puisque, comme le dit si bien Débora, rien n’est déjà plus normal dans le normal d’autrefois, à Auroville comme ailleurs « rien ne nous empêche de danser à nouveau le soir venu, ce n’est pas incompatible ». Nous y voilà, nous y sommes ! http://www.yvesmichel.org/nous-y-voila-nous-y-sommes-texte-de-fred-vargas Ou pas ! Personnellement - et je ne veux pas par là ajouter de la zizanie au conflit entre les « pour » le Master plan et les « contre » des écologistes qui s ‘y opposent- je me demande comment on fera pour tenir un tel monde dans un si tout petit périmètre Nous y voilà, nous y sommes ! Voir note 1. * Auroville 2046 est un conte que Débora Nunes et Pressenza mettent à disposition des lecteurs en 4 langues (espagnol, portugais, français et anglais). A lire et partager. [...]

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JOIE! Atelier de danse et d’exploration de la joie en nous

Ces temps-ci, la vie nous oblige de plus en plus à faire des choix déterminants. Nous avons fait celui de la Joie, qui devient ainsi un acte d’insoumission à l’idée que la vie est souffrance. C’est donc la joie de vivre, d’être libres, la joie simple et spontanée que nous avons tous en nous, que nous vous proposons d’explorer pendant cet atelier de danse et parole. Nous vous invitons à cet atelier qui aura lieu le 2 février, fête de la chandeleur, mais aussi du dieu Pan! Les animatrices: Antonella Verdiani , avec un doctorat en sciences de l’éducation ayant pour titre “Éduquer à la joie”, elle donne depuis des années des formations sur ce même sujet. Son dernier livre est Renouer avec la joie de l’enfance aux éditions Eyrolles, 2017 https://antonellaverdiani.com Régine Petit, depuis toujours passionnée par l’intelligence et la sagesse du corps “relié”, sa palette d’enseignements est riche en danse, en éveil spirituel, en lien avec la nature, la vie Dimanche 2 février 2020 de 14h30 à 17h30 à l'Espace Villa d’Orléans, 3 Villa d’Orléans, 75014 Paris - M°AlésiaTarif : 30€ - inscription avant le 05 janvier 2020, 35€ après Places limitées, inscription souhaitée par sms: 06 25 80 73 28 ou email: info@danse-ta-vie.com Bienvenue à toutes et tous! [...]

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Les Sardines, puisque elles nagent en mer ouverte, ne connaissent pas de frontières.

J’étais absente de ce lieu virtuel car occupée à des questions réelles. Je reviens maintenant à vous avec ces quelques réflexions, poussée par les événements politiques actuels, et surtout sur l’incroyable mobilisations citoyenne qui est en train de se passer ces derniers jours dans mon pays, l’Italie, celle des 6000 Sardines. Tout d’abord, le nom. Pourquoi les Sardines ? me demandent mes amis (en rigolant)  Puisque je n’en suis pas à l’origine, je vais ici répéter l’explication donnée par les jeunes promoteurs qui, la veille du premier rassemblement à Bologne le 14 novembre, espéraient compter dans la place publique plein de gens (au moins 6000), serrées comme des sardines dans les boîtes, pour répondre à Salvini qui avait déclaré vouloir « libérer la région Emilia Romagne de la gauche ». La réponse a été autant surprenante que inattendue car le 14 novembre à Bologne, ce ne sont pas 6.000, mais 15.000 les personnes qui, entassées comme des sardines, ont rempli la Piazza Maggiore. Et, encore plus imprévue a été l’adhésion de la majorité des villes italiennes à l’initiative, avec des rassemblements spontanés et pacifiques de milliers de gens dans les places publiques. Piazza Maggiore à Bologna le 14 novembre 2019 S’il est vrai que les sardines sont des poissons petits, humbles, silencieux et aussi « pauvres » (c’était parfois ce qui constituait le sobre déjeuner de mon grand-père paysan, une sardine avec du pain, sous un arbre), il faut pourtant savoir que ensemble, elles deviennent une masse qui s’érige contre qui, par l’arrogance et la force brute, veut ramener les gens à l’esclavage et l’ignorance.  En un mot, l’Italie au fascisme. Mais pas que l’Italie. Pas de frontières en mer ouverte « Il est clair que la pensée agace, même si celui qui pense est silencieux comme un poisson. En effet, c'est un poisson. Et en tant que poisson, il est difficile de le bloquer, car la mer le protège. Que la mer est profonde... ” récite le dernier paragraphe du manifeste des Sardines, en citant la sublime chanson « Com’è profondo il mare » du regretté Lucio Dalla, lui aussi de Bologne :-). Oui la mer est profonde, et aussi, comme le savent tous les bateaux de migrants qui la traversent à la recherche de la liberté, en mer ouverte, en pleine mer, sous la mer, il n’y a pas de frontières visibles, sauf celles dessinées sur la carte. Et, comme les (vraies) sardines et le restant des habitants de la mer et des océans, je veux croire que les (nouvelles) sardines puissent bouger en liberté.  « Vous êtes allé trop loin de vos eaux troubles et de votre havre de sécurité, elles disent s’adressant aux populistes. Nous sommes des sardines libres, et maintenant vous nous trouverez partout. Bienvenue en pleine mer. »  C’est par cette liberté retrouvée, celle de traverser et de se moquer des frontières inutiles dessinées par des hommes désormais incapables de nager ou de voler, ou de vivre simplement pour le bonheur de vivre, pour la beauté, la non-violence, la créativité et l’écoute, qu’il est important que les sardines dépassent les nations et se reconnaissent dans les places publiques partout sur la planète.  Car ces valeurs sont communes à l’humanité entière, et c’est bien cette humanité lasse des violations des droits humains élémentaires que l’on voit descendre aujourd’hui dans les rues à Hong Kong, Santiago, Bagdad, Alger, Khartoum, Barcelone, Athènes et ailleurs, en défiant la violence policière et en mettant leur vie en péril. En ce qui me concerne, je serai parmi les Sardines à Paris ce 14 décembre. Sans peur, avec enthousiasme et allegria mais surtout avec l’espoir que les valeurs de non-violence et de paix, et pourquoi pas aussi de la joie de vivre et de l’innocence que je lis dans les visages de ces jeunes en Italie et des ces gens partout sur la planète, soient finalement respectées et honorées par nous tous. Pour en savoir plus, je vous invite à vous rendre sur la page Facebook Sardine a Parigi, où vous trouverez entre autres, la charte et le manifeste traduits en français. [...]

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La Joie comme choix d’insoumission

«Éduquer c’est donner aux gens les clés du monde, qui sont l’indépendance et l’amour, c’est offrir leur la force de marcher seuls, du pas joyeux qui est le propre des hommes naturels et libres. »  José Marti Cela fait un peu plus d’une dizaine d’années que j’ai introduit la notion de joie à coté de celle d’éduquer. J’en ai fait une thèse de doctorat, ensuite l’objet de mes formations à travers le monde, dans un premier temps adressées uniquement à des enseignants et des éducateurs au sens large, puis ouvertes à tous ceux qui osaient faire de la joie un choix de vie. Après toutes ces années, ce qui est devenu clair en moi, est que ce choix de vie n’était en rien un acte anodin. Non, on ne choisit pas la joie comme on achète un nouveau gadget sur les étagères du marché spirituel. Non, elle ne peut pas devenir non plus l’objet de l’énième méthode de développement personnel, ou du dernier outil de pensée positive en date, encore moins d’une formule magique pour attirer le pouvoir de l’intention. Car la joie est consubstantielle, elle est en nous à notre naissance, elle ne s’invente pas, elle nous accompagne tout au long de la vie comme une partenaire parfois silencieuse, mais elle est là. Toujours et pour toujours. Et, si vous avez l’impression que vous l’avez oubliée, soyez certains qu’elle n’a pas fait de même. C’est seulement notre perception limitée d’humains affairés et distraits qui nous donne l’impression qu’elle ait disparue à jamais, au milieu de nos vies si semblables, comme le disait Christiane Singer, à « ces chambres mortuaires où s’essoufflent nos vies corsetées dans la norme, toutes occupées à ne pas fleurir, à ne pas rayonner, à ne pas dépasser les limites du possible et de l’impossible ». Faire le choix de la joie devient ainsi un acte d’insoumission (j’utilise bien « insoumission » et pas « résistance » ou « militantisme » pour me détourner également de l’héritage d’un langage guerrier, dont il est grand temps aujourd’hui de se défaire). Je ne me soumets donc plus, j’arrête de me plier au dogme d’une vie tracée à l’avance, réglée par des institutions, l’école en tête, qui n’ont pour mission que de reproduire ce système malade. .... .... LA SUITE DE L'ARTICLE SUR LA SUPER MAGNIFIQUE NOUVELLE REVUE "YGGDRASIL", le dernier magazine avant la fin du monde! Préface au livre de Marie Milis, Souviens-toi de ta noblesse. La pratique de l’autolouange ou l’accouchement du cœur, Le Grand Souffle, 2008.
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Oui, on a le droit!

image tirée du film Le Monde selon Tippi, 1997 « Arrête ! On n’a pas le droit ! » combien de fois avez-vous entendu cette phrase dans la bouche des enfants ? Combien de fois, l’avez-vous prononcée à l’égard de vos propres enfants ? de vos élèves ? En ce qui me concerne, en tant que non française, la première fois que j’ai entendu le mot «  droit «  sur les lèvres d’un enfant, j’avoue avoir été surprise. Et, un jour, j’ai fini par comprendre que cette question « de droit » de l’enfant apparaît même chez les tout-petits, qui la répètent sans en connaître la signification et qui l’interprètent plutôt dans l’unique sens d’interdiction, de prohibition tout court. Mais qu’est-ce qu’un mot comme « droit » a à faire dans la bouche des enfants ? « Droit », nous dit le dictionnaire, a plusieurs significations. Une fois la géométrie écartée (!), restent l’acception juridique (l’ensemble des lois et dispositions juridiques qui régissent la société), et celle qui nous intéresse ici : le droit en tant que « légitimité et faculté de jouir de quelque chose et d’accomplir une action ». C’est dans ce sens que, avec beaucoup de conviction, ce mot est crié aux quatre vents de façon aussi catégorique que disproportionnée. Je précise : il est évident que nous n’avons pas le droit de sauter par la fenêtre ou de (nous) faire du mal... C’est bien dans la prévention des dangers que ce « non-droit » a toute sa légitimité. Toutefois, répétée au fil du temps, cette injonction négative se transforme inconsciemment en un « non-droit » instauré par la société entière pour ne pas sortir des rangs. Elle dégénère quand elle devient une interdiction absolue de jouir de nos droits les plus simples, les plus naturels, dans des domaines qui sont considérés comme dangereux parce que inconnus, par exemple s’aventurer en dehors des sentiers battus, explorer, oser découvrir ce qui se cache au-delà des barrières et des murs. Ces murs qui sont les nôtres, que nous construisons au fil du temps autour de nous-mêmes, pour nous protéger des autres et du monde. Finalement, le message plus ou moins caché est qu’« on n’a pas le droit » d’oser s’émanciper de ces conventions instaurées il y a longtemps par des lois sociales, en vigueur à l’école comme dans toute institution, de s’autoriser à se tromper et d’en retirer des enseignements, de ne pas écouter qui décide pour nous, pour « notre bien » comme le disait Alice Miller. Sans savoir comment, un jour nous nous retrouvons adultes avec tout ce qu’implique ce mot : responsabilité, travail, institution, carrière, argent, succès, réussite... des concepts qui nous étaient totalement étrangers lorsque nous étions petits et que nous nous imaginions adultes. Car lorsque nous rêvions de grandir pour devenir comme notre père, notre mère ou comme tel héros ou telle star, nous étions loin, par chance, de tout ce fatras de notions et surtout de la charge qui va avec. Ce que nous voyions, nous le regardions à travers les yeux de l’enthousiasme : tout était possible, notre imagination ne connaissait pas de limites, et ce, quel que soit notre contexte social et culturel, que nous soyons riches ou pauvres, bons ou mauvais à l’école, calmes ou hyperactifs... Reprenons donc nos droits, à partir de ceux de notre enfance. Rééduquons- nous d’abord à les reconnaître car souvent ils s’entremêlent avec les désirs, les dons et la capacité à rêver, une autre caractéristique de l’enfance.  Oui, on a le droit ! [...]

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A humanism from and for humanity

Hommage à Michel Serres Nous sommes le 18 juin 2002, je suis (encore) fonctionnaire à l’Unesco et j’assiste aux Entretiens du XXIe siècle, sur le thème "L'éducation pour tous : toujours pour demain ?" organisée par la Division de l'anticipation et des études prospectives. Parmi d’autres invités, il y a sur l’estrade M. Maurice Traoré, ancien ministre de l’éducation du Burkina Faso et Michel Serres qui est également membre du «Forum de réflexion ad hoc» de l‘Unesco sur la coopération intellectuelle mondiale. Le sujet du colloque est donc celui qui préoccupe l’Unesco depuis des décennies : « l’Éducation pour tous »,  plate formule qui donne lieu à des discussions interminables entre les états (car comment faire de la quantité sans qualité ? comment donner accès à une éducation de qualité pour tous ?) et entre les panélistes invités ce soir.   En ce qui me concerne, ce qui me préoccupe déjà à l’époque, sont plus les questions de ce qu’on transmet (les contenus, les valeurs universelles) et du « comment » (par quelle vision éducative ? quelle pédagogie ?), plutôt du « combien », ce qui est lié aux chiffres de l’alphabétisation de masse Comme si le fait de savoir lire, écrire et compter avait une quelconque influence sur l’évolution des consciences ... Comme si connaître par cœur depuis l’enfance (ce que nos systèmes scolaires s’acharnent à enseigner) les dates des guerres mondiales, pouvait amener à la maturité – éthique, morale, spirituelle, bref, humaniste, de notre espèce Heureusement, grâce surtout à Michel Serres, le débat s’élève et se concentre vite autour de la question de la place du savoir et des savoirs dans le monde actuel, des obstacles qui nous empêchent de repenser l’éducation par les retrouvailles du sens qui lie, ce qui nous unit sans nous enfermer, dans le partage. C’est là que Michel Serres décide de présenter à l’Unesco et au public un projet de partage universel des savoirs, une idée d’un savoir commun  à l’humanité : « Il y a à peine quinze ans, disait-il, que nous savons que nous descendons tous d’un petit groupe d’émigrés d’Afrique de l’Est et que nous sommes donc tous cousins dans le monde. Enseigner cela à tous les hommes me semble bien plus important que de leur enseigner la guerre de Troie ou la grande muraille de Chine qui sont des symboles de nos oppositions. () Un tronc commun de savoirs réunirait, petit à petit, tous les hommes, en commençant par les étudiants, () et favoriserait l’avancée de la paix dans le monde. Cet humanisme universel contribuerait à créer une mondialisation pacifique». (Je vous laisse découvrir l’intégralité du texte plus bas).   Je fais un bond sur ma chaise, c’est tout simplement magnifique ! Non seulement cela fait écho à la mission d’universalité de l’organisation pour laquelle je travaille, mais elle rejoint l’idée que un autre grand philosophe français, Edgar Morin, a esquissée dans Les sept savoirs nécessaires à l’éducation du futur. Je me surprend ainsi à rêver aux universités du monde entier qui adhérent à cette idée formidable de tronc commun,un projet propédeutique et obligatoire au début de tout cycle universitaire, inspiré par des valeurs communes à toute l’humanité. A des politiques éducatives qui s’accordent sur des notions communes, tout en respectant la mosaïque des cultures comme le disait Michel Serres Je me délecte à imaginer un monde où ce langage commun nous amènerait à nous comprendre les uns les autres, où des mots abstraits comme la solidarité dans les connaissances partagées, ou la liberté qui surgirait de cet abattement des frontières, deviendrait finalement des faits concrets. Mes rêveries sont vite interrompues par l’intervention de l’ex-ministre burkinabé qui, n’ayant manifestement pas compris le sens de l’idée de tronc commun, répond en manifestant le besoin urgent de « bancs, cahiers, crayons ! » dans les écoles des pays pauvres comme le sien, en opposition aux propositions philosophiques des pays riches, comme celle que nous venons d’écouter. En gros : revenez sur terre et fichez nous la paix avec vos projets sur la lune, que vous pouvez vous permettre parce que vous avez le ventre plein (applaudissements du public). Je me souviens du silence glacial, mais surtout du manque de soutien, même humain, du soi-disant animateur sur l’estrade. Et de la grande déception de Michel Serres qui, dans un dernier effort de communication, tentait de faire comprendre qu’il ne s’agissait pas, justement, d’opposer le légitime besoin de manuels et fournitures scolaires des écoles africaines, mais de concilier les deux aspects, faire du « et et » en sortant de la logique guerrière du « ou ou » que nous apprenons depuis la maternelle. Car donner l’accès à tous à une éducation de qualité, jusqu’au niveau universitaire, là où les classes dirigeantes de tous les pays se forment, c’est possible !   Malgré sa déception (je me souviens aussi avoir tenté de lui dire quelques paroles de confort, en vertu du fait que je le connaissais un peu pour l’avoir rencontré quelques années auparavant ), Michel Serres m’avait remis dans les mains le texte de son intervention dont je publie ci-dessous la partie finale de l’Appel (si vous désirez l’intégralité vous pouvez m’écrire via la boite « contact »). C’est un hommage à lui et à l’intelligence humaniste dont il était le représentant par excellence.  (... et on ne sait jamais, ce projet pourrait voir le jour à l'Unesco ou ailleurs!) J’APPELLE LES UNIVERSITÉS DU MONDE à la propagation d’un savoir commun COMMON KNOWLEDGE - HUMANISM from et for HUMANITY Préoccupé par les incompréhensions et les guerres entre les peuples, je pense que la mise en place d’un tronc commun de savoir (a common knowledge) qui réunirait, petit à petit, tous les hommes, en commençant par les étudiants, favoriserait l’avancée de la paix dans le monde. Cet humanisme universel contribuerait à créer une mondialisation pacifique.  Je demande donc aux ministres de l’éducation, hélas absents, je demande aux présidents des Universités comme à tous les enseignants de bonne volonté, de vouloir bien consacrer la première année de leur enseignement à un programme commun, qui permettrait aux étudiants de toutes les disciplines d’avoir un horizon semblable de savoir et de culture ; à leur tour, ils le propageraient. Je leur suggère seulement un cadre général qu’ils moduleront librement, selon leur culture, leur langue, leur spécialité, leur bonne volonté. Ce cadre s’inspire des considérations suivantes : I.- Les sciences dures accèdent déjà, par le grand récit que je viens de relater, à l’universalité ; je les prends ici dans leur ensemble et selon l’évolution générale du monde que l’encyclopédie contemporaine décrit. II.- Les cultures, quant à elles, forment une mosaïque d’une grande diversité de formes et de couleurs, à l’imitation des langues, des religions et des politiques. Le nouveau savoir humaniste assimile cet ensemble de différences. Ce cadre se divise donc en deux parties composant ce programme commun. PROGRAMME COMMUN pour la première année DES UNIVERSITÉS I.- Le grand récit unitaire de toutes les sciences  Éléments de physique et d’astrophysique : le formation de l’Univers, du Big bang au refroidissement des planètes. Éléments de géophysique, de chimie et de biologie : de la naissance de la Terre à l’apparition de la vie et à l’évolution des espèces. Éléments d’anthopologie générale : émergence, diffusion et préhistoire du genre humain. Éléments d’agronomie, de médecine et passage à la culture : le rapport des hommes à la Terre, à la Vie, à l’Humanité elle-même. II.- La mosaïque des cultures humaines Éléments de linguistique générale ; géographie et histoire des familles de langues. Les langages de communication : leur évolution. Éléments d’histoire des religions : polythéismes, monothéismes, panthéismes, athéismes Éléments de sciences politiques : les diverses sortes de gouvernements.  Éléments d’économie : le partage des richesses dans le monde. Chefs-d’œuvre choisis des sagesses du monde et des beaux-arts : littérature, musique, peinture, sculpture, architecture Sites : le patrimoine de l’humanité, selon l’UNESCO. Au moment où la mondialisation touche les communications et, par elles, l’économie, nous, chercheurs, étudiants et enseignants, pouvons lutter à armes plus qu’égales avec elle, la compléter même ou la rendre humaine, puisque, justement, la mondialisation arriva par la science, l’étude et la recherche. Ce nouveau processus d’hominisation, nous n’en subissons pas les conséquences, nous l’avons engendré. L’humanisme que nous voulons désormais enseigner, non enraciné dans une région déterminée du globe, mais au contraire valable à partir de l’humanité toute entière, désormais accessible et communicante, observe qu’il existe deux universalités : l’une, scientifique, déploie un grand récit, valable pour l’univers lui-même, la vie en général et annonce comment l’homme enfin émergea, de manière contingente. En raison de cette contingence, cette universalité unique laisse alors la place à la deuxième, diverse et complémentaire, en mosaïque ou en vitrail, mêlée, chinée, tigrée multiple et chatoyante, celle des cultures humaines, plus contingente encore et mieux variée que la vie. Ni nos décideurs ni nos concitoyens ne peuvent plus vivre en ne connaissant qu’une seule de ces universalités, ou celle, homogène, des sciences ou celle, damasquinée, des cultures. Les anciennes formes d’enseignement, moribondes, ne forment plus que des instruits incultes ou des cultivés ignorants. Le partage actuel des études en deux parties, sciences dures ou sciences sociales, ne permet ni de comprendre le monde, ni d’anticiper sur le destin des hommes, encore moins à ceux-ci d’agir sur celui-là, n’apporte donc pas le bien suprême, la paix. Ce programme commun de connaissance commune, et commune trois fois, du côté des hommes, du monde et du savoir, contribue à créer ce que l’on pourrait enfin appeler la culture contemporaine, c’est-à-dire un humanisme venu du genre humain et adapté à ses vœux, a humanism from and for humanity. MICHEL  SERRES Voir aussi l’article « Repenser le savoir pour réformer l’école » paru dans le Monde de l’éducation n° 360, juillet - août 2007. [...]

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« Planter là où c’est déjà fertile » ou la Perma-éducation

photo A. Verdiani En 2009 j’ai participé à un stage de permaculture, cette branche de l’agriculture “permanente”, fondamentalement éthique, qui utilise une approche systémique et soutenable pour les populations humaines. A l’époque, c’est à dire il y a dix ans, cette approche était encore assez méconnue (du moins en Italie du Sud!), mais, en découvrant les bases profondément humanistes de cette nouvelle façon de cultiver la Terre, j’ai eu l’impression de réapprendre des choses déjà connues et enfouies, de me remémorer des connaissances ancestrales que je croyais perdues, les mêmes qui avaient réglé l’existence de mon grand-père paysan philosophe, dans la Toscane du siècle passé.   Un des principes de la permaculture qui m’avaient le plus fait réfléchir, notamment par rapport à l’éducation (mon champs de culture à moi ), est celui qui invite à  planter là où c’est déjà fertile. Cela peut sembler une lapalissade, mais aller semer et planter là où le sol donne déjà des signes, même infimes de fertilité, signifie avant tout reconnaître la vie dans la terre. Ce premier pas accompli, il s’agit ensuite de reconnaître les espèces végétales qui y naissent et qui sont spontanément adaptées au climat et au type de sol. Pour finir, on ira planter des espèces compatibles avec la végétation préexistante. Cela permet non seulement que la terre conserve sa fertilité naturelle, mais aussi de respecter son caractère et sa richesse innée. Je suis convaincue que l’on peut transposer ce même principe à l’école et à l’éducation en général. Cela signifie, concrètement, que si un enfant est naturellement doué pour le dessin, on ne le forcera pas à étudier les mathématiques pour qu’il s’uniformise avec le reste de la classe qui suit le programme. Au contraire, en tant que adultes accompagnateurs, on cherchera à valoriser son don en le développant davantage, car c’est par la prise de conscience et la découverte de sa propre richesse qu’il pourra ensuite aller vers d’autres domaines de connaissance. C’est tout simple, même trop simple pour certains, car c’est facile et direct, et cela ne demande pas aux enseignants de s’acharner sur les élèves en les obligeant à apprendre ce pourquoi ils n’ont le moindre intérêt. C’est ce qui se passe dans les écoles où les programmes sont choisis par les élèves eux-mêmes, ou dans les projets éducatifs divers (comme ceux issus de l’éducation démocratique) qui respectent la liberté des enfants et font confiance à leur capacité de s’orienter en suivant leurs centres d’intérêt et surtout selon ce qu’ils “aiment” faire. Tout comme la permaculture, la perma-éducation, est juste une question d’amour! [...]

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LES DROITS NATURELS DES ENFANTS

Dessin de Gianfranco Zavalloni De même que le Slow Food promeut une philosophie du plaisir de manger en goûtant à ce que l’on mange, la Slow Education promeut la philosophie du plaisir d’apprendre, en retrouvant le goût de cet apprentissage. Même s’il n’y a pas encore d’écoles labellisées Slow School, on peut néanmoins reconnaître à ce courant une grande capacité à communiquer des contenus et des notions de l’éducation alternative de façon immédiate et facilement compréhensible du grand public (sans doute en raison de l’association à la nourriture). Tel a été le cas du Manifeste pour une enfance heureuse écrit par Carl Honoré à la suite de son Éloge de la lenteur, et qui est devenu un best-seller dans plusieurs pays. Ou encore, en Italie, du livre du regretté Gianfranco Zavalloni, l’enseignant et pacifiste italien auteur de La pedagogia della lumaca (La pédagogie de l’escargot, livre non traduit), qui contient des réflexions pédagogiques nouvelles dans le contexte de l’école publique. Partout, le constat est amer : on le sait bien, les enfants non plus ne sont pas épargnés par les conséquences néfastes de la vitesse, de l’accélération et de la compétition. Nous sommes, comme le disait Zavalloni, dans l’époque du “temps sans attente”, c’est-à-dire que nous sommes devenus comme des enfants capricieux qui veulent tout, tout de suite. Il est donc nécessaire de parcourir ensemble, parents, maîtres et élèves, un nouveau chemin vers une école “lente et non-violente”. Voici, en vrac, quelques-uns de ces principes, propositions et idées : perdre du temps, c’est gagner du temps ; apprendre par les mains ; dessiner au lieu de photocopier ; supprimer les notes et apprendre à se poser les bonnes questions ; droit inaliénable à la récréation ; la morale : le certificat du Bon Sens ; des potagers pédagogiques pour ralentir avec la nature ; l'erreur est créative ; ne pas se prendre trop au sérieux (rire à l’école, ça fait du bien)... La pédagogie de l’escargot, ou l’école lente, est fondamentalement liée à une démarche écologique, d’éducation au développement durable, pacifiste et non-violente. La littérature sur ce mouvement éducatif commence à être assez consistante, surtout aux États-Unis, où curieusement le Slow Food compte beaucoup d’adeptes, contre l’éducation “hamburger”, consumériste et sans saveur aucune. Comme dans le courant des écoles démocratiques, on ne sera pas surpris de retrouver, parmi les pédagogies labellisées “lentes”, Montessori, Steiner, les écoles Sudbury, etc. bref, toutes ces écoles qui “éduquent les enfants pour leur permettre de réussir une vie joyeuse”. Gianfranco Zavalloni n'était pas assez connu en dehors de l'Italie et du Brésil (où il avait vécu et travaillé quatre ans). Je n'ai pas trouvé aucun de ses livres traduits, mais je suis heureuse de contribuer à faire connaitre ici un peu de son œuvre. J'ai traduit ci-dessous ses "droits naturels des enfants" (ou mieux "des garçons et des filles", comme il avait écrit "dei bimbi e delle bimbe") : LES DROITS NATURELS DES ENFANTS LE DROIT DE NE RIEN FAIRE, de vivre des moments de temps non programmés par les adultes LE DROIT DE SE SALIR, de jouer avec le sable, la terre, l’herbe, les feuilles, l’eau, les pierres, les branches LE DROIT AU DIALOGUE, d’écouter et pouvoir prendre la parole, interagir et dialoguer LE DROIT AUX ODEURS, de percevoir le gout des odeurs, reconnaître les parfums offerts par la nature LE DROIT À L’USAGE DES MAINS, de planter des clous, scier, gratter le bois, poncer, coller, modeler l’argile, lier des corder, allumer un feu  LE DROIT A UN BON DÉBUT, de manger de la nourriture saine depuis la naissance, boire de l’eau propre et respirer de l’air pur LE DROIT À LA RUE, de jouer librement dans les places, de marcher dans les rues LE DROIT AU SAUVAGE, de construire un refuge-jeu dans les bois, à avoir des roseaux dans lesquels se cacher, des arbres à grimper LE DROIT AU SILENCE, d’écouter le souffle du vent, le chant des oiseaux, l’eau barboter LE DROIT AUX NUANCES, de voir le lever du soleil et son coucher, d’admirer, dans la nuit, la lune et les étoiles REFERENCES : L’association CREA - Apprendre la vie (Cercle de réflexion pour une ‘éducation’ authentique) a publié l‘excellente revue SILENCE : http://www.education-authentique.org/uploads/PDF-DOC/SEL_Silence_Education_lente.pdf Carl Honoré, Manifeste pour une enfance heureuse, Marabout, 2008, et Éloge de la lenteur, Marabout, 2007 Gianfranco Zavalloni, La Pedagogia della lumaca, EMi, 2008 Joan Domenesh Francesch, Eloge de l’éducation lente Chronique Sociale /Silence, 2011 Maurice Holt, The Common Curriculum (1978) and Regenerating the Curriculum (1979) La Slow Life : https://www.laslowlife.fr Slow Education : http://www.slowmovement.com/slow_schools. ph Slow Food : http://www.slowfood.fr [...]

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Interview imaginaire à Maria Montessori

En 2017, j'avais publié sur mon ancien blog "Eduquer à la joie" cette interview imaginaire basée sur la biographie de Maria Montessori, sa bibliographie, sur des sources filmographiques ainsi que sur les témoignages de son fils Mario. Je la publie à nouveau, en un seul texte, dans cet article. Enjoy! Antonella : Buongiorno Dottoressa ! Je vous demande pardon de vous avoir dérangée là où vous êtes (surement un bel endroit...) et je vous remercie d’avance du temps que vous m’aurez accordée. Vous êtes en effet la première des personnalités qui a accepté d’être interviewée dans le cadre de mon enquête sur la joie à l’école. Puis-je vous poser quelques questions rapides pour nos lecteurs du vingt et unième siècle ? (... pour votre connaissance il ne s’agit pas du titre d’un journal mais du vrai siècle où nous vivons actuellement, on a juste fait un petit saut dans le temps...) Maria Montessori : Prego. A : Permettez-moi en premier lieu de vous rendre hommage, d’abord en tant que féministe engagée et parmi les premières femmes à devenir médecin en Italie. Ensuite en tant que chercheuse, intellectuelle, pédagogue, pour l’immense œuvre que vous avez laissé en héritage par votre pédagogie. Aussi, j’aimerais rendre hommage à la mère. Je n’oublie pas que, en tant que mère célibataire, vous avez été obligée de mettre l’éducation de votre unique fils dans les mains d’autres personnes, jusqu’à ses quinze ans. C’est une partie de votre biographie que l’on a tendance à oublier mais qui, j’ose imaginer, a eu une grande influence sur votre mission auprès des enfants. Un peu comme si, dans l’absence de ce fils tant aimé, vous aviez répandu votre amour sur tous les enfants de vos instituts d’abord, puis de la planète entière. MM : Oh, vous me ramenez à une période de ma vie fort triste, déchirante même... Il y avait d’une part, les découvertes scientifiques et leurs applications en pédagogie qui me rendaient de plus en plus connue et, d’autre part, ma douleur de femme et de mère frustrée. J’ai dû, non sans douleur, déléguer l’éducation de mon enfant adoré à d’autres que moi. Vous savez... à l’époque être mère célibataire était considéré une honte et cela aurait définitivement arrêté ma carrière. Ceci n’a pas été facile. Vous ouvrez là une plaie de mon existence que je n’ai pu soigner qu’en âge mur, lorsque Mario a décidé de vivre avec moi. J’aime croire que nous avons récupéré le temps perdu...  A : A nouveau je vous demande pardon, ce n’était pas mon intention de rouvrir une telle blessure, d’autant plus que mon objectif est de vous interviewer sur la joie au sein de votre pédagogie !  Mais avant de rentrer dans le sujet, permettez-moi, cara Signora, de vous mettre au courant du succès que cette pédagogie rencontre partout sur la planète entière. Nous assistons en effet à un regain d’intérêt pour les écoles Montessori. Imaginez que aujourd’hui plus des 22.000 établissements dans le monde portent officiellement votre nom ! Tous les jours ils en naissent de nouveaux qui s’en inspirent, partout sur la planète. Moi-même par exemple, j’ai pu assister à la création d’une petite école inspirée par votre pédagogie, la Oli School, pour les enfants des rues d’un village très pauvre de l’Inde du Sud. Votre présence dans ce pays est toujours vivante... MM : Ah, l’Inde, j’ai beaucoup aimé ce pays ! Au début, en 1939, je pensais pouvoir m’y déplacer à mon gré, mais avec la guerre, j’ai été assignée à résidence en tant que ennemi de l’Italie, donc à surveiller. Je ne pouvais donc pas bouger de Madras, mais les gens venaient à moi et j’ai donc pu former environ 1500 maitres et maitresses, ce qui est énorme ! C’est là que j’ai pu élaborer ma théorie sur  l’éducation cosmique, influencée par la spiritualité que respirais dans la culture indienne! Cette culture millénaire si riche m’a nourrie et inspirée (savez-vous que j’ai rencontré Gandhi, Nerhu, Tagore ?). Je n’hésite pas à dire que j’ai passé en Inde parmi les années les plus belles de ma vie. J’ai même troqués mes habits noirs, ceux que je portais toujours comme signe de deuil de mon amour de jeunesse perdu, pour des toilettes claires, élégantes et soyeuses comme le font les femmes indiennes. A : Je vous comprends, Signora, nous partageons donc ce même amour pour ce pays qui sait aussi être ouvert à des nouvelles idées et méthodes, comme celle que vous avez fondée. Mais, revenons à l’éducation cosmique qui suscite ma curiosité : pouvez-vous nous en dire davantage ? Car je ne crois pas trop me tromper lorsque je constate que aujourd’hui, si je prononce le nom Montessori, la plupart des gens pensera au matériel pédagogique que vous avez crée (vendu un peu partout !) et au mieux, à quelques principes de base de votre méthode. Par contre, moins nombreux sont ceux qui connaissent de façon approfondie la portée et l’étendue de votre pensée. Une pensée qui va bien au delà d’une simple pédagogie car elle allie l’éducation à l’écologie, l’éducation à la paix et l’éducation interculturelle, mondialiste, comme on dirait aujourd’hui. C’est quoi donc l’éducation cosmique ? MM : Je vous explique... dans ma vision, toute l'humanité ne forme qu'un seul organisme et chaque être vivant est un agent de la création. Les différents éléments qui composent notre univers sont distingués en agents inorganiques (la terre, l'eau, l'air et le feu), et agents organiques, non-vivants et vivants (les végétaux, les animaux, les enfants et les adultes). Ces différents agents participent à la création continue de l'univers, guidés par une intelligence universelle. C’est un équilibre harmonieux qui est obtenu grâce à une cohésion et une organisation des tâches et du travail de chacun des agents. Pourtant, l'homme a échoué car il n'a pas compris qu'il existe un domaine à explorer dans l'humanité elle-même.  Je suis convaincue que nous pouvons réaliser cela grâce à l'enfant.
 A : C’est à dire ? MM : J’y arrive... Je veux dire par là que la tâche de l'enfant est de construire l'homme : pour accomplir cette mission, la nature a initié un plan de développement physique et psychique. C’est un programme évolutif d'ouverture au monde réel qui est inscrit dans l'enfant et généré par des périodes sensibles  créatives : de la naissance à l'âge de 6 ans et de l'âge de 6 à 12 ans. A : C’est ce que vous entendez lorsque vous affirmez que, je vous cite : « chaque être vivant porte en lui son plan de développement, un schéma préétabli par l'ordre de la vie » ? MM : Oui, un plan qui est en effet très précis ! Le premier travail cosmique de l'enfant est l'incarnation dans la matière, c’est la période de l'esprit  absorbant  où l'éducation est très concrète car l'enfant construit sa personnalité. Ensuite, l'esprit de l'enfant devient raisonnant, c'est la période des grandes questions où l'enfant cherche sa place dans l'univers, il essaye de comprendre et construit sa personnalité sociale. Pour résumer, le point principal de l’éducation cosmique est le renvoi continuel de l’expérience personnelle à celle universelle, du concret à l’abstrait, de l’analyse à la synthèse. A : Cela correspond à une vision de la vie très harmonieuse, mais aussi très ordonnée. Quelle est donc la place du plaisir d’apprendre et de la joie de vivre spontanée de l’enfant dans cette approche ? Tout n’est pas déterminé à l’avance ? Il y a t’il de la place pour l’improvisation ? Pour la créativité ? MM : Bien évidemment ! J’ai moi-même affirmé que l'intelligence ne peut être menée que par le désir. Pour qu'il y ait désir, il faut qu'il y ait plaisir et joie. L'intelligence ne grandit et ne porte de fruits que dans la joie. La joie d'apprendre est aussi indispensable aux études que la respiration aux coureurs ! A : Oui, c’est une phrase assez connue que je cite souvent moi-même ! Mais ma question porte sur la place à la spontanéité qui est quand même la caractéristique de cette joie de vivre chez les enfants... MM : Je comprends... pour vous répondre vous n’avez qu’à observer les enfants dans mes classes où tout est mis en place pour les stimuler et susciter leur curiosité. Ils sont libres, mais encadrés dans un environnement bienveillant, la seule prérogative pour qu’ils puissent développer leurs aptitudes dans la joie et le respect de leurs particularités. Et ceci est vrai tant pour les enfants qui ont des difficultés d'apprentissage que pour ceux qui s'ennuient à l'école. Quand je pense que on me disait que à la « Casa dei Bambini » il n’y avait que des enfants retardés ! Alors que les enfants avec moi apprenaient à écrire et à lire avant les autres ! A ce propos, je me souviens qu’un jour, dans une classe de petits qui avaient commencé à lire un peu, j’ai décidé de faire un test et j’ai écrit au tableau noir : « Si vous savez lire ceci, venez m'embrasser. » Silence, rien ne se passe. Plusieurs jours s'écoulèrent sans que l'inscription ne provoquât aucune réaction. Peut-être, je me suis dite, qu’ils croient que j'ai écrit ça pour m'amuser, exactement comme ils l’auraient fait. Enfin, le quatrième jour, une toute petite bonne femme, haute comme trois pommes, est venue à moi et m’a dit : « Eccomi» (me voici) et elle m'a embrassée ! Vous n’imaginez pas la joie, non seulement la mienne, mais la sienne ! La joie de devenir autonome, d’avoir réussi toute seule! Aussi, vous connaissez sans doutes cette fameuse expression que mes enfants répétaient « apprends-moi à faire seul » ? A : Oui, c’est même le titre d’un livre récent sur votre méthode ! MM : Ah bien ! Je voudrais aussi ajouter est que cette autonomie est une joyeuse conquête de l’esprit. C’est une conquête qui se fait sans fatigue à l’âge de l’esprit absorbant, où la connaissance est assimilée comme un aliment vivifiant. Dans tout ça, l’éducateur, (et pas l’instituteur s’il vous plait, il faut abolir ce terme), doit savoir susciter chez l’enfant le plus profond intérêt en même temps qu’une attention vive et constante. Il ne s’agit donc que de cela : utiliser la force intérieure de l’enfant pour sa propre éducation.  C’est comme ça que l'enfant est mis en condition de découvrir par lui même. C'est une méthode qui privilégie la liberté, mais attention, c’est une liberté accompagnée de l'adulte, pas dirigée par l'adulte ! Dans la joie de raisonner et de suivre son intuition, pour revenir toujours à ce qui vous tient à cœur, la joie, l’enfant travaille tout seul avec enthousiasme dans cette concentration libre où il ne craint pas d’être interrompu ni critiqué car il sait que son travail et sa concentration seront respectés. Il réalise ainsi la construction de sa personnalité.  A : Merci cara Signora. Aussi, je tiens à vous informer que vos découvertes scientifiques sur la psychologie de l’enfance sont aujourd’hui validées par toute une branche de la médecine qui s’est fortement développée durant ce dernier siècle, les neurosciences... MM : Oh, ce que j’écoute est fort intéressant, vous m’en direz plus ?  Pour ma part, j’ai été fière d’avoir contribué, dans le XXème siècle qui a été le mien, au développement de la psychologie de l’enfance. Comme d’autres chercheurs, j’en été arrivée à la conclusion que les deux premières années de la vie sont les plus importantes parce que c'est au cours d'elles que se réalisent les développements fondamentaux qui caractérisent la personnalité humaine. C’était une nouvelle tendance qui avait trouvé son expression dans mes écoles, en rupture avec les anciennes théories psychologiques. Car, si les anciennes théories se fondaient sur l'observation de faits superficiels de la conscience, les nouvelles (de mon temps) cherchaient à sonder l'inconscient et à en analyser les secrets, dans le but de mettre à nu la relation entre la réalité et la pensée. Les psychologues disaient que le comportement de chaque individu s'affirme par ses expériences qu'il peut faire sur l'environnement et, par conséquent j’en ai déduit que le premier devoir de l'éducation est de fournir à l'enfant un environnement qui lui permettra de développer les fonctions données par la nature. A : Oui, et pour revenir aux neurosciences, le champ de recherche le plus pointu et encore plus récent, qui établi des ponts avec les sciences de l’éducation, est celui des neurosciences affectives. C’est une branche qui étudie les mécanismes neuronaux derrières nos émotions, nos sentiments et nos capacités relationnelles. Et, figurez-vous que ce qu’on y découvre est ce que vous saviez depuis toujours, c’est à dire que l’environnement social et affectif de l’enfant, agit directement et en profondeur sur son cerveau global, le cerveau cognitif et le cerveau affectif ! On arrive même à affirmer que l’environnement modifie les gênes ! MM : Ce qui contredit en quelque sorte le débat qui voit une opposition historique de la nature à la culture... A : Oui, car on sait aujourd’hui que les deux sont totalement imbriqués !  En plus, aujourd’hui grâce à ce qu’on appelle l’imagerie cérébrale on peut aussi les voir, ces modifications, sans ouvrir le cerveau, ce qui était impensable à votre époque ! On peut voir par exemple, les effets des émotions négatives comme la peur ou le stress qui altèrent certaines zones cérébrales, dans le système neuroendocrinien, chez les petits. Ils mémorisent dans leur amygdale, appelée le centre de la peur, des émotions d’angoisse qui restent engrammées.  Inversement, la bienveillance ou l’empathie, ont des effets sur le développement de l’hippocampe, le centre de la mémoire, qui se développe au fur et à mesure de l’amour et de l’attention.  Et cela favorise, comme vous l’avez deviné dans votre pédagogie, l’apprentissage. MM : Tout ce que vous me dites ne fait que me réconforter ! De mon coté, j’avais bien compris que rien n'est plus courant que de porter toute sa vie le poids d'une barrière psychique construite dans l'enfance. J’en déduis donc que les écoles et les théories éducatives du XXIème siècles bénéficient de ces recherches et que les enfants peuvent finalement s’épanouir à l’école ! A : ...hem, comment vous dire, Signora, pas tout à fait ! Je suis triste de vous dire que, en général, l’école n’a pas beaucoup changé depuis votre époque. Non seulement les écoles qui portent votre nom sont encore, malheureusement pour la plupart privées, et donc inaccessibles pour leur prix à la majorité des parents, mais la majorité des systèmes éducatifs dans le monde est encore basée sur les binômes récompense/punition, sur les valeurs de compétition face à celles de la [...]

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Regards croisés sur l’éducation

Dans le cadre de l'atelier "Se reconnecter à la nature" de l'Agora des colibris, les Colibris lancent une série d'entretiens avec des experts, des professeurs, des politiques, afin qu'ils apportent leur éclairage sur la question. Cette semaine, rendez-vous avec Antonella Verdiani et Agnès Fouilleux. https://vimeo.com/328517286 [...]

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Va, Vis, Ose !

GRAN’DIRE Va, Vis, Ose ! C’est sur cet air léger Qu’on vient vous chanter Notre joie de vivre On s’exprime pour grandir Soyons des hommes debout Des hommes de demain Soyons au rendez-vous La vie bat son plein On a plus l’temps C’est Maintenant Notre terre est si belle Quand on prend soin d’elle On a plus l’temps C’est Maintenant Vivons au Présent Nos rêves d’enfants Va, Vis, Ose Faisons bouger les choses ! Découvrons nos talents Ce qui nous rend vivants Aimer et Rire Pour transmuter le pire Plus de guerres, moins d’pollution Le gaspillage fait des ravages Agir au quotidien C’est mieux vivre demain On a plus l’temps C’est Maintenant Notre terre est si belle Quand on prend soin d’elle On a plus l’temps C’est Maintenant Vivons au Présent Nos rêves d’enfants Va, Vis, Ose Faisons bouger les choses ! https://youtu.be/hTDR1gDNA_A °°°°° © Shaé, Isaline, Fatoumata, Anne-Catherine, Lison 3 ateliers de 2h pour réaliser une chanson qui met en couleurs les envies pour Gran'Dire! Projet réalisé au "Tilt" dans le cadre des ateliers CEC avec la collaboration de l'asbl Kala-Pinka Grandir en musique. MERCI! [...]

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Atelier d’un jour sur la JOIE!

Éduquer aujourd'hui n'est pas synonyme de bien être, ni pour les élèves ni pour les enseignants, encore moins pour les parents. Et si nous commencions nous-mêmes à inverser cette tendance ? Et si on faisait du bonheur et de la joie de vivre, les véritables buts de l’éducation et donc de l’existence ? Cet atelier EST 🙂 - tout d’abord, un moment – agréable ! - de contact avec soi-même et avec les autres - un travail sur sa posture d’éducateur au sens large, d’après la question : qui suis-je lorsque j’éduque ? Suis-je en contact avec ma source de vie, de joie ? Comment la reconnaître en mon fils, mon élève, si je ne la ressens pas en moi d’abord ? Détails pratiques : Le dimanche 17 mars 2019Accueil : 8h30h - Début 9h et Fin 17h Adresse : Ecole démocratique de l'Orneau 207 rue de lonzée - 5030 GemblouxParticipation : 70€ / pers en prévente (80€ à partir du 9 mars). Pour s'inscrire, c'est ici [...]

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Les êtres sont condamnés à la joie : interview à Guy Corneau 

C'était en 2011, à Montréal lorsque dans le cadre des recherche sur mon livre sur la joie,Guy me fit l'honneur d'une interview. Nous passâmes plus d'une heureensemble, dans les coulisses d'un théâtre où se jouait la pièce d'uneamie danseuse, un spectacle auquel il m'invita. Je garde le souvenird'un homme bon, charmant, profondément gentil et généreux, sensible etattentif : un exemple de l'intelligence du cœur en action.      Bon voyage Guy!     Antonella : Dans ton dernier livre, "Revivre!" tu nommes la joie en tant qu’expérience personnelle, reliée à ton vécu. Ce sur quoi j’aimerais que l’on échange ce soir part duconstat que la joie existe beaucoup chez les enfants, mais que l’école ne faitqu’entasser tout ce potentiel de vie. Est ce que tu penses que la joie estinnée ? Est-elle toujours là ou bien elle peut disparaître? Et si oui,peut on aller la « repêcher » au fond de nous?                                       Guy : Je n’ai pas les mêmes inquiétudes que toi. Les tibétains parlent du fond lumineuxde l’être, la joie. Pour moi qui a été près de mourir deux fois, ce que l’ondécouvre près de la mort ou de l’autre coté de la vie, c’est la joie, une joiepure. Dans les deux cas c’est ce contact avec la joie pure qui m’a guéri, uncontact qui dure pendant des semaines, pendant des mois. C’est la béatitude,c’est l’extase.   A : C’est la joie sans objet...   G : Oui, une joie complètement gratuite. J’ai moins d’inquiétudes que toi parce queje pense que de toutes les façons, les êtres sont condamnés à la joie, ils sontcondamnés à la liberté. Ils ne peuvent pas abolir la joie ; de même ils nepeuvent pas abolir la lumière, c’est impossible. Il se peut que l’expérience(de la vie) ne se termine pas bien, mais au fond ce n’est pas si grave nonplus, la joie reste ainsi que le goût de la joie. On pourrait penser que lessoubresauts dans lesquels notre monde passe actuellement, tous ces signesd’éclatement, soient les signaux de la naissance d’un nouveau monde où il yaura plus de joie et plus de lumière. Peut être qu’il va y avoir aussi (dans cepassage) de la douleur, des ruptures et des conflits très importants , mais aufond ces excès préparent la venue d’un nouveau monde qui va vers des choix plusessentiels, donc vers la joie et la lumière. Je ne suis pas quelqu’un de trèsreligieux, mais je souhaite vraiment l’avènement d’une religion de la Lumière.  Ce qui m’intéresse est que les êtres humains se reconnaissent en tant qu’êtres lumineux, des êtres créateurs qui sont venus exprimer la lumière dans le monde, de l’amour, de la joie.   Maintenant, si l’on regarde du coté de l’éducation et en particulier à propos du lien entre ce que tu appelles l’aspect transcendantal et l’aspect horizontal, quand est ce que les êtres humains expriment de la joie dans leur vie?  C’est quand ils expriment quelque chosequi vraiment fait partie de leur essence, de leur élan de vie, de leur élancréateur ! C’est vrai pour les enfants et les adultes : que tu soiscontent d’avoir réussi des recettes de cuisine, que tu fasse une cabane àmoineaux de tes propres mains ou que tu fasse pousser des légumes, là il y aune joie qui est liée à ce que tu as accompli et qui t’as remis en contact avecla vie créatrice. Comme Jung, je pense que les êtres humains sontessentiellement créateurs, que l’inconscient est essentiellement créateur.Toutes les fois que l’on est dans l’élan créateur ce qui répond c’est la joie,la joie dans l’être qui est à la fois très horizontale et très communicative,et qui permet  de toucher au fond et à la nature essentielle de l’être, la joie pure.   A : Je suis d’accord, mais ne trouves tu pas que telles qu’elles sont structuréesaujourd’hui, les écoles ne font que tuer cette créativité ?   G : Oui, t’as raison, mais ce n’est pas vrai que c’est seulement l’école qui faitça ; c’est nous qui le faisons à nous mêmes. Car quand tu es dans cet étatde joie très profonde, tu te rends compte que tu as passé 99% de ta vie àrésister à la joie. Ce n’est pas vrai que c’est l’école ou les parents qui lefont, c’est toi qui te le fais à toi même ! Nous sommes construits defaçon telle que la réponse que nous donnons à l’angoisse de vie est dans larecherche de reconnaissance ; ainsi on s’aliène des parties plus joyeusesde soi même et on en a peur. Les êtres humains ont peur de la joie parce que lajoie les ouvre !   A : Je donne aussi une interprétation « politique » à ce phénomène car jepense que le système éducatif actuel n’est que l’expression de ce monde qui esten train d’éclater aujourd’hui, lequel est fondé sur la peur. Ainsi on nousapprend depuis tout petits à respecter beaucoup de règles et d’interdits. Parexemple, il y a une expression française qu’on apprend très tôt aux enfants àl’école et en famille qui est: « tu n’as pas le droit ...de faire ceci, de faire cela », comme si au fond on n’avait pas le droit dedevenir les créateurs de notre propre vie. Donc si on inverse le processuscomme on le fait dans l’éducation à la joie, on peut essayer d’aller dansl’autre sens en partant de la richesse qui est déjà là: on reconnaîtd’abord la joie en soi, dans l’enfant, et par la joie on arrive à se libérer,comme tu le dis. G :Oui, mais il faut que tu trouves des leviers éducatifs qui permettent ça. J’aidonné une conférence qui s’appelle « Le meilleur de soi et l’enfant »sur la question : quoi dire à des parents qui veulent éduquer leursenfants en leur permettant de rester en lien avec leur essence créatrice etdonc avec la joie qui est liée à cette essence ?   A : Il s’agit de leur apprendre à oser eux mêmes.   G : Oui, mais pour moi la peur ne vient pas de l’école, elle est existentielle dansles êtres humains, qui ont peur de vivre, de naitre, de mourir. Et dans chaqueêtre, indépendamment de l’école, il y a une quête qui va l’obliger dedéconstruire quelque chose en lui qui est de l’ordre de la peur, qui va luifaire reconnaitre ses racines, les dépasser et retrouver de la joie. C’est doncde la joie que l’être humain a profondément peur, de sa réelle liberté decréateur, face à lui même, face à la vie.  C’est sur, moi aussi je souhaite une école qui soit plus attentive à ça, mais je mesure l’étendue de la tâche...   A : Enorme !   G : Elle est énorme parce que toutes les structures sociales vont être en jeu. Etje suis convaincu qu’elles vont changer...   A : Elles vont éclater ! C’est triste à dire, mais je suis confiante enquelque sorte dans le malaise des parents, des élèves, mais surtout desenseignants qui n’en peuvent plus.   G : Ils sont sur la ligne de front. Quand j’avais mon cabinet de psychanalyste jerecevais beaucoup d’enseignants et je leur disais : « ce n’est passeulement vous qui êtes malade, mais le système dont vous faites partie et doncdans ce sens, ne prenez pas tout comme personnel. » Car c’est une maladiecollective, une lutte continue (du système) contre les différences, dérivée dela difficulté de nous entendre, de nous harmoniser.    A : Mais il y a de l’espoir, n’est ce pas ?   G : Il y a de l’espoir, mais aussi beaucoup de heurts et des ruptures dans les viesindividuelles de gens, avec beaucoup de tourmentes. Chaque personne estconvoquée à des choix très personnels : « Est ce que je choisis lapaix, la joie ? Est ce que je choisis l’amour, d’exprimer la partielumineuse de moi même ? Et même de la découvrir ? Ou bien, est ce queje choisis d’être un esclave des conditions ambiantes ? » Parce quedans ce dernier cas, c’est  lasouffrance qui t’attend. Mais en même temps ces cassures sont nécessaires pourpermettre que le fruit s’épanouisse !   Je regardais l’autre jour avec mon fils de 11 semaines une statue de Bouddha quil’attirait et le fascinait beaucoup. Quand on regarde une statue de Bouddha, ony voit l’expression de la pureté humaine. Je pense que chacun de nous est invité à laisser émerger une chose aussi pure, aussi simple, lumineuse mais aussi fragile.  Je me dis que c’estvraiment à ça que chaque être humain est convoqué : à une maîtrisecomplète de soi même, une maîtrise de l’esprit, du cœur, du corps, ducomportement, de tout... C’est un achèvement fantastique, un accomplissementtrès joyeux, mais quand tu mesures la distance (qui existe) avec ça, tu te dis,« wow, moi je suis « en chantier » par rapport à ça, comme unepierre brute.  Comment donc je vais arriver à laisser émerger la joie ? ». Pour moi c’est tout l’intérêt de la chose. Bien sûr, on peut arriver (à entreprendre) cette voie là par  l’éducation.   En ce qui me concerne dans mes conférences, je cherche à éveiller chez les individus legoût d’aller vers la joie et de l’exprimer dans leur vie, de découvrir etd’exprimer l’amour qu’ils sentent, parce que des toutes les façons le bonheurlui même repose là-dessus. Dans ce sens là, je ne suis pas inquiet car destoutes les façons la joie est l’appel profond de chaque être humain.   Merci à Guy de m'avoir accordé cet entretien, réalisé en octobre 2011 à Montréal.    [...]

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LesJoursHeureux

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45 REGLES POUR ETRE HEUREUX

En général je me mefie comme la peste des "ordonnances" et des recettes pour devenir ceci ou cela, plus heureuses, plus belles, plus plus plus... Cependant,  ces 45 règles m’ont particulièrement parlé car elles recèlent de la sagesse et de l'humour, ce dont nous avons besoin dans les temps qui courent... je les partage avec vous dans l’espoir qu’elles vous inspirent à votre tour. Elles ont été rédigées par Regina Brett, journaliste américaine, et traduites par Michel Poulaert. MERCI!  La vie est injuste, mais elle reste belle. Lorsque vous doutez, faites juste un petit pas de plus vers l’étape suivante. La vie est trop courte pour haïr qui que ce soit. Ne vous prenez pas trop au sérieux, personne ne le fait. Vous n’avez pas à remporter tous les désaccords. Acceptez les désaccords. Remboursez vos dettes. Pleurez avec quelqu’un, c’est mieux que de pleurer seul. Epargnez pour vos vieux jours et commencez dès que vous recevez votre prochain salaire. Pour ce qui est du chocolat, résister est inutile. Faites la paix avec votre passé pour qu’il ne pourrisse pas votre présent. Ce n’est pas grave si vos enfants vous voient pleurer. Ne comparez pas votre vie avec celle des autres, vous n’avez aucune idée du chemin qu’ils ont dû traverser. Si une relation doit être secrète, n’en faites pas partie. La vie est trop courte pour passer votre temps à vous plaindre. Occupez-vous à vivre votre vie. Vous pouvez tout traverser si vous vous consacrez à aujourd’hui. Un écrivain écrit. Si vous voulez devenir écrivain, écrivez. Il n’est jamais trop tard pour avoir une enfance heureuse. Cela ne dépend que de vous et de personne d’autre. Quand il s’agit de tout ce que vous aimez dans la vie, n’acceptez pas le « non » comme réponse. Allumez les bougies, mettez les belles nappes, portez une belle lingerie. N’attendez pas les occasions spéciales. Aujourd’hui est spécial. Consacrez votre temps à la préparation et ensuite vous serez entraîné par le mouvement. Soyez excentrique aujourd’hui. N’attendez pas de vieillir pour porter du violet. L’organe sexuel le plus important est le cerveau. Personne n’est responsable de votre bonheur, sauf vous-même. Répertoriez tous vos soi-disant « désastres » et demandez-vous : « dans cinq ans, est-ce que cela aura encore de l’importance ? » Pardonnez tout à tout le monde. Ce que les autres pensent de vous n’est pas votre affaire. Le temps guérit presque tout. Donnez du temps au temps. Votre travail ne prendra pas soin de vous lorsque vous serez malade. Vos amis oui. Restez en contact avec eux. Qu’une situation soit bonne ou mauvaise, cela changera. Croyez aux miracles. Tout ce qui ne tue pas vous rend réellement plus fort. Vieillir bat l’adage « mourir jeune ». Vos enfants n’ont qu’une seule enfance. Faites-en quelque chose de mémorable. Sortez tous les jours. Il y a des miracles qui se passent dehors. Si vous jetez vos problèmes sur un tas en voyant ceux des autres, vous arriverez à relativiser. La vie ne s’évalue pas. Foncez et tirez le meilleur parti de la vie. Débarrassez-vous de tout ce qui n’est pas utile, beau ou joyeux. Tout ce qui compte vraiment, c’est que vous ayez aimé. La convoitise est une perte de temps. Vous avez déjà tout ce dont vous avez besoin. Le meilleur reste à venir. Peut importe votre état d’esprit : levez-vous, habillez-vous et montrez-vous. Prenez une profonde respiration, ça calme l’esprit. Si vous ne demandez pas, vous n’aurez pas. Lâchez prise. La vie n’est pas toujours facile, mais elle reste un cadeau. [...]

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Bonnes pratiques de résolution non-violente de conflits

©photo Pascale Leprince-Ringuet Bonnes pratiques de résolution non-violente de conflits en milieu éducatif (formel et non formel) En 2002, encore à l’Unesco, j’ai édité ce petit livret qui a circulé en beaucoup de pays grâce à ses versions en anglais, français et espagnol, et qui est épuisé depuis. J’étais, à ce moment, responsable des programmes et des pratiques d’éducation non-violente à l’école et en dehors de l’école. Ce qui me tenait à cœur à l’époque, et qui encore me plait, était de valoriser la dimension de créativité dont toutes ces pratiques en font preuve, avec leur capacité d’inventer et de s’amuser avec les gens, les enfants, les éducateurs, les parents. La plupart de ces pratiques ont depuis pris de l’essor, comme la CNV qui est aujourd’hui assez connue en France et dans le monde entier. Mais il y en a encore trop nombreuses qui ne sont pas suffisamment pratiquées, comme la médiation qui devrait, à mon avis, être intégrée (tout comme la CNV !) et rendue obligatoire dans les programmes scolaires. Voilà, pour égayer votre semaine, mon petit cadeau d’un lundi de mars froid et pluvieux... http://unesdoc.unesco.org/images/0012/001266/126679f.pdf [...]

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Chevalier des temps modernes

Que votre parole soit impeccable N’en faites jamais une affaire personnelle Ne faites aucune supposition Faites toujours de votre mieux [...]

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Discurso indignado de Federico Mayor Zaragoza

Lorsque mon inspiration, ma motivation, l’énergie à aller de l'avant me font défaut, j'écoute celui qui a inspiré, motivé et insufflé son infatigable énergie à l'Unesco de 1987 à 1999 et qui encore, à plus que 80 ans aujourd'hui, continue de s'indigner devant les injustices: mon ami Federico Mayor... [...]

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Le sens de l’éducation: Eduquer pour éveiller les consciences

Éduquer pour éveiller les consciences  « Vouloir devenir enseignant c’est vouloir transmettre des savoirs, donner le goût d’apprendre, éveiller les consciences... » affirmait il n’y a pas très longtemps, l’ancien ministre de l’Education nationale Vincent Peillon à l’occasion du lancement des ESPE, les nouvelles écoles de formation des futurs enseignants. Eveiller les consciences ! C’était bien la première fois, à ma connaissance, que l’on utilisait ces deux mots ensemble dans le contexte de l’école. A mes oreilles ceci a sonné comme un présage de changement à l’intérieur d’une institution historiquement si réfractaire à traiter des sujets comme la conscience combiné avec celui de l’éveil... Que voulait dire le ministre par éveiller les consciences ? Et de quelle(s) conscience(s), de quel éveil, parlait-il? Etait-il, ce message, un timide signal qu’un changement de cap est en cours à l’école? Un besoin de redonner à l’éducation du sens au sein de notre monde malade, et contribuer au développement d’une autre conscience pour l’humanité ? La nouvelle ministre s’étant apparemment placée dans la continuité de son prédécesseur, nous aurons peut-être l’occasion de savoir qu’est ce que cela signifie concrètement dans les temps qui viennent. Pour le moment, l’envie m’est venue de reprendre ces mots éveiller les consciences et y ajouter le complément par l’éducation pour ouvrir le débat sur l’unique question essentielle par rapport à l’éducation, celle de son sens. Pour un souci de cohérence, il serait d’abord utile dans cet article de s’entendre sur le mot conscience, car nous n’en avons pas tous la même représentation. Idéalement, la discussion interpellerait des multiples domaines de la connaissance humaine, comme la philosophie, la morale, l’éthique, la psychanalyse, la médecine, les neurosciences, l’écologie, les arts, les religions et la spiritualité . Ceci n’est pas le lieu, mais nous pourrions affirmer que le mot conscience est par excellence un concept qui ouvre à la transdisciplinarité, en se plaçant au delà et à travers ces disciplines évoquées et même d’autres, pour à la fois les contenir et les dépasser. Je me limiterai donc à quelques digressions qui pourraient servir, par exemple, à ces futurs enseignants qui se posent des questions sur leur rôle d’éveilleurs des consciences. Conscience morale, conscience de soi Souvenez-vous du Grillon-qui-parle de Pinocchio, ce personnage qui lui disait la « vérité essentielle » ... une vérité  tellement insupportable à entendre que Pinocchio lui envoya un coup de marteau sur la tête en le laissant collé au mur, raide mort ! Mais puisque la conscience morale (car c’est bien de cela que s’agit-il) ne meurt jamais, le Grillon revint en tant que fantôme pour rappeler à Pinocchio que les enfants sages doivent obéir à leurs parents, aller à l’école, apprendre un métier. Telle est sa fonction : en véritable juge de nos actions, la conscience morale nous permet de distinguer le bien du mal. Traditionnellement enseignée à l’école, elle a profité d’un regain de notoriété lorsque le ministre Peillon l’a récemment réintroduite afin « d'aider chaque élève à édifier et renforcer sa conscience morale dans des situations concrètes et en référence aux valeurs communes à tout honnête homme »... Je ne saurai pas tenir rigueur à Pinocchio, même enfant j’ai toujours trouvé le Grillon-qui-parle très pédant et un tantinet suffisant. Car la marionnette qui voulait manger, boire, dormir, s’amuser et se balader du matin au soir, n’exprimait rien d’autre que les désirs naturels de chaque enfant. Il faut considérer que, dans la vision utilitariste du dix-neuvième siècle où le compte a été écrit, la morale qui consistait à bien dresser les petits pour qu’ils deviennent des adultes obéissants, avait toute sa place. Seulement que - voilà que Pinocchio en saurait très embêté - cette vision de l’éducation et du monde perdure dans la conscience collective des années deux-mille. D’abord « on n’est pas là pour s’amuser » ni dans la vie, encore moins à l’école. Puis, pour être « bon élève » il faut apprendre à obéir sans poser trop de questions, surtout celles qui dérangent, l’école étant encore un lieu où l’on sanctionne encore trop souvent lorsque on commet des erreurs et l’on s’écarte du chemin tracé pour trouver le sien. La conscience morale ne peut pas exister sans la conscience de soi à laquelle sont attribuées au moins deux significations majeures : la connaissance de l'homme de ses propres pensées, ses sentiments et ses actes, mais aussi sa capacité de percevoir ces mêmes pensées et ces actes. Et voilà que, avec ce concept une autre croyance persistante fait son apparition, dérivée de la pensée cartésienne, qui affirme que la conscience de soi est la prérogative unique de l’humain, en nous distinguant des animaux qui en seraient privés. Ceci malgré le fait que les neurosciences se soient emparées récemment de la question, en remettant en cause ce principe et la pensée dualiste qui l’a générée, c’est à dire que l’esprit et le corps sont deux entités distinctes. Bien que ce soit grâce à ce type de conscience que l’homme se construit en tant que sujet, la conscience de soi n'est pas nécessairement synonyme de connaissance de soi, encore moins de prise de conscience ! Car lorsque la véritable prise de conscience s’opère, un profond bouleversement interne se produit qui investit le corps, les sentiments, la sphère des pensées. Tel un raz-de-marée dans notre psyché, il dépasse les limites du sujet pour finalement devenir conscience de l’Autre, des autres, du monde, de l’univers tout entier. C’est l’émergence d’une conscience plus large, une conscience qui ignore les frontières, pour se relier autour d’une communauté de destin et d’une identité partagée, conditions sine qua non d’une véritable citoyenneté universelle. C’est la promesse d’une conscience terrienne pour l’humanité, dont nous parle Edgar Morin : « l’éthique, dit-il, dont les sources à la fois très diverses mais universelles sont solidarité et responsabilité, ne saurait être enseignée par des leçons de morale. Elle doit se former dans les esprits à partir de la conscience que l’humain et à la fois individu, partie d’une société, partie d’une espèce ». Comment donc parvenir à cette prise de conscience par l’école ? Certainement pas, telle est ma conviction, par des cours de morale théoriques... Et, même si l’on remplaçait le mot morale par celui d’éthique, qui est plutôt une réflexion argumentée en vue du bien agir fondée sur des valeurs qui devraient orienter nos actions, le souci de faire vivre ces valeurs à l’école serait toujours là. Prenons l’exemple de l’empathie : inutile de l’apprendre sur les livres ou par cœur, l’empathie doit se pratiquer, vivre, se partager ! Imaginer donc d’éveiller les consciences des élèves par des discussions philosophiques provoquées par des proverbes écrits au tableau, ne peut pas contribuer pas au changement de l’école, encore moins des consciences. Car une véritable transformation doit être radicale, courageuse, elle doit oser la transdisciplinarité, en prenant en compte une fois pour toutes la dimension qui manque à l’école, celle de la spiritualité. Conscience globale Une autre conscience existe qui englobe le tout. Depuis des millénaires, des sages, des philosophes et des chercheurs en éducation comme Sri Aurobindo, La Mère, Rudolf Steiner, Krishnamurti, mais aussi plus récemment Schumacher, Abraham Maslov, Mathieu Ricard ou le Dalaï Lama même, nous ont montré qu’il est nécessaire, pour évoluer, non seulement d’acquérir des connaissances, mais aussi de stimuler le développement de la dimension de l’être profond. Il nous ont montré que le véritable sens de l’éducation, entendu comme processus tout au long de la vie et donc relevant aussi du champs non-scolaire, réside dans la poursuite de cette connaissance de soi.  Ainsi, dans une telle vision de l’éducation le maître devient un maitre d’éveillance comme le dirait René Barbier. Il devient « celui qui sait qu’il ne sait pas », qui (se) découvre, fait apprendre et apprend en même temps que les autres, tel Jacotot, « le Maître ignorant » de Jacques Rancière. En véritable éveilleur de conscience il connaît l’art du questionnement, il rejette l’affirmation, les réponses toutes faites, les certitudes et les dogmes. Voici donc que éveiller les consciences devient un acte de transgression dans la mesure où les savoirs constitués sont questionnés non seulement à partir d’une approche théorique, mais aussi à partir de la connaissance de soi, de la dimension subjective de la personne, de son affectivité, de sa mystique, de son rapport au monde. Et lorsque les connaissances sont convoquées, tous les champs disciplinaires le sont, comme la pratique de la pleine conscience, le yoga, la relaxation, ou encore des pratiques artistiques plus créatives qui commencent timidement à rentrer à l’école. Cette vision éducative est confortée par la recherche actuelle en psychologie à propos du flow et sa valeur pédagogique. L’état de flow, ou l’expérience optimale advient lorsque, par exemple, les enfants (tout comme les artistes) sont complètement immergés et concentrés dans des activités auxquelles ils s’adonnent, on pourrait dire « âme et corps ». Il s’agit d’un état modifié de conscience spontané qui s’articule autour des étapes suivantes, validées dans le contexte éducatif: • Sentiment de maîtrise/contrôle de l'activité–absorption cognitive • Perception altérée du temps • Absence de préoccupation à propos du soi – dilatation de l'ego • Sentiment de bien-être –activité autotélique Les sujets interpellé décrivent le flow comme un sentiment d'engagement total et de réussite, un état de bonheur et joie profonde qui ouvre à une autre façon d’appréhender la réalité et donc la connaissance. C’est ainsi que la joie à l’école a toute sa place : utilisée comme émotion-guide, elle nous indiquera que la soif, la curiosité d’apprendre sont là. Il s’agit seulement de la stimuler par des activités qui impliquent la participation de toutes les dimensions de l’humain : le corps, les émotions, l’intellect et l’esprit. Telle est l’approche de l’éducation intégrale, le sens ultime d’une éducation qui ouvre les portes à l’éveil des consciences de nos élèves. Antonella Verdiani Basé sur un article paru dans la revue Présence n°2, 2015 Les aventures de Pinocchio ont été écrites en Italie par Carlo Collodi en 1881, au même moment où Jules Ferry lance en France la réforme de l’école sur la base d’une morale laïque, inspirée par les valeurs de l'ordre, du devoir et de la soumission aux hiérarchies sociales. Le neurologue Antonio Damasio parle de «conscience-noyau », une  conscience phénoménale  que l’homme partagerait avec d’autres espèces animales et qui permettrait la fonction de synthétiser à des cerveaux relativement complexes. Une conscience européenne est émergée de la recherche menée sur des jeunes français par Nicole Lapierre, Alfredo Pena-Vega, Julien Lefour et Jennifer Vincent L’émergence d’une conscience européenne chez les lycéens. Le cas de la région Poitou-Charentes, Conseil Régional de la Région Poitou-Charentes, 2007 (à paraître aux Éditions Atlantique). Edgar Morin Enseigner à vivre. Manifeste pour changer l’éducation. Actes Sud/Playbac, 2014 L’expression a été utilisée par René Barbier, professeur émérite en sciences de l’éducation, dans ses cours sur Krishnamurti à l’Université de Paris VIII en 1996. Jacques Rancière Le maitre ignorant, Fayard, 1987 A ce propos, on rappellera les fameuses classes tenues par Jiddu Krishnamurti dans les écoles fondées par lui-même en Inde, Etas Unis et Angleterre, tradition qui continue de nos jours par les classes dites d’« inquiry » (le questionnement ou l’art de poser des questions). Mihaly Csikszentmihalyi, Vivre: La psychologie du bonheur, Paris, Editions de poche, 2006 Heutte & Fenouillet, 2010, cités par le Rapport Bien-être et éducation, Fabrique Spinoza, novembre 2013 [...]

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Apprendre à être, l’éducation transdisciplinaire

Dans les années trente Maria Montessori, donnant un cycle de conférences sur l’éducation et la paix,  s’exprimait ainsi : “ L’enfant est pour l’humanité à la fois un trésor et une promesse. En prenant soin de cet embryon comme de notre trésor le plus précieux, nous travaillons à faire grandir l’humanité. Deux choses d’abord sont nécessaires pour la paix dans le monde : tout d’abord un homme nouveau, ensuite la construction d’un environnement qui ne doit plus fixer de limites aux aspirations infinies de l’homme. ” A peu près en même temps, la science passant de l’ère newtonienne à la révolution quantique, transformait la vision du monde : la physique moderne révèle, en effet, l’unité fondamentale de l’univers qui peut se percevoir de façon globale et non-fragmentée. Aujourd’hui, ce changement de paradigme est intellectuellement intégré.  Il est donc proposé d’appliquer cette vision non-fragmentée du monde à l’éducation, et aussi de définir l’éducation transdisciplinaire non comme une méthode, mais comme un processus,  une possibilité de “ devenir et d’être ” qui serait offerte à tout individu par cette approche éducative globale. Le psychosociologue Pierre Weil, dans son ouvrage L’Art de vivre en Paix développe une méthode d’éducation pour la paix sur cette base : “ Une approche holistique tend à réveiller et à développer aussi bien la raison que l’intuition, la sensation que le sentiment. Ce que l’on recherche, c’est une harmonie entre ces fonctions psychiques. Cela correspondrait sur le plan cérébral à un équilibre entre le cerveau droit et le cerveau gauche, et à une circulation de l’énergie entre les couches corticales et sous-corticales du cerveau ainsi que dans le système cérébro-spinal. Alors que l’instruction met l’accent sur le contenu d’un programme et l’acquisition d’un ensemble de connaissances, l’approche holistique montre comment chaque situation de l’existence offre une possibilité d’apprendre. Dans cette approche, on souligne aussi la capacité d’apprentissage et on la développe. Le contexte global et particulier de toute situation acquiert une importance équivalente. Enfin, l’éducation traditionnelle a tendance à conditionner les êtres humains à vivre exclusivement dans le monde extérieur, alors que l’approche holistique se tourne aussi bien vers le monde extérieur que vers le monde intérieur. ” La vision transdisciplinaire englobe ainsi une compréhension du monde non seulement intellectuelle mais aussi sensible, par la prise en compte de la créativité et de l’art, entendu comme potentiel de créativité présent dans chaque individu. La spiritualité et par elle, la dimension expérientielle de la vie spirituelle, sont des composantes majeures dans cette approche. Je pense qu’il est urgent que le monde de l’éducation, non seulement celui de la recherche, mais l’école, prépare et éduque les enfants et les jeunes à cette vision du monde. Ceci sera possible si on s’attellera à leur proposer, entre autres, des outils pour “ vivre ensemble ” et pour “ apprendre à être ” par une éducation basée sur le partage des valeurs inter- et trans-culturelles, philosophiques et spirituelles.   Dans cette optique l’éducation transdisciplinaire consiste notamment à retrouver le véritable sens d’origine de “ éduquer ”, c’est-à-dire “ tirer hors de ”, en réveillant et en développant chez l’individu aussi bien la raison que l’intuition, la sensation que le sentiment, dans une vision transdisciplinaire.   Cette vision s’oriente vers une société éducative selon le concept de l’éducation tout au long de la vie,  pour la construction continue de l’individu et pour faire face aux défis d’un monde en changement rapide.  Comme le dit également le philosophe Michel Serres (lorsqu’il propose de créer un tronc commun universitaire), il est nécessaire d’unifier les individus dans une vision de la vie qui se fonde sur des valeurs universelles communes à toutes les sociétés, tout en intégrant les valeurs spécifiques à chaque culture et chaque être humain. Développer le sens de la responsabilité et l’esprit critique tel est  l’objectif de l’éducation transdisciplinaire : de plus, les enfants et les jeunes d’aujourd’hui sont éduqués selon un système qui les pousse à la compétitivité et à la compétition. C’est pourquoi, surtout dans les temps qui courent, il est devenu urgent que l’école apprenne à gérer les conflits entre les individus d’une façon non-violente pour transformer des comportements destructifs en actions constructives du point de vue individuel, social, politique et économique. [...]

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Les 10 clés du bonheur…

Voici les 10 clés du bonheur selon Deepak Chopra : 1. Écoutez la sagesse de votre corps qui se traduit par des signaux de confort et d'inconfort. Lors du choix d'un certain comportement, demandez à votre corps, "Comment te se—tu à ce sujet?" Si votre corps envoie un signal de détresse physique ou émotionnelle, faites attention. Si votre corps envoie un signal de confort et d'empressement, allez-y. 2. Vivez dans le présent, car c'est le seul moment que vous avez. Gardez votre attention sur ce qui est ici et maintenant. Cherchez la plénitude dans chaque moment. Acceptez ce qui vient à vous totalement et complètement de sorte que vous pouvez apprécier, apprendre de lui, puis laissez-le aller. Le présent est comme il se doit. Il reflète les lois infinies de la nature qui vous ont apporté cette pensée exacte, cette réponse physique exacte. Ce moment est tel qu'il est parce que l'univers est comme il est. Ne luttez pas contre le système infini des choses. A la place, ne faites qu'un avec lui. 3. Prenez le temps de vous taire, de méditer, de calmer le dialogue interne. Dans les moments de silence, réalisez que vous recontactez votre source de conscience pure. Prêtez attention à votre vie intérieure de sorte que vous puissiez être guidé par l'intuition plutôt que des interprétations imposées de l'extérieur de ce qui est ou pas bon pour vous. 4. Renoncez à votre besoin d'approbation externe. Vous êtes seul juge de votre valeur, et votre but est de découvrir une valeur infinie en vous-même, peu importe ce que pense autrui. Il y a une grande liberté dans cette réalisation. 5. Lorsque vous réalisez que vous réagissez avec colère ou en opposition à toute personne ou toute circonstance, prenez conscience que vous luttez seulement qu'avec vous-même. Le fait de mettre en place de la résistance est la réponse de défenses créées par de vieilles blessures. Lorsque vous renoncerez à cette colère, vous serez votre propre guérison et coopérerez avec le flux de l'univers. 6. Sachez que le monde "là dehors" reflète votre réalité "ici." Les personnes avec lesquelles vous réagissez le plus fortement, que ce soit avec de l'amour ou de la haine, sont des projections de votre monde intérieur. Ce que vous détestez le plus est ce que vous niez le plus en vous-même. Ce que vous aimez le plus est ce que vous souhaitez le plus en vous-même. Utilisez le miroir des relations pour guider votre évolution. L'objectif est la connaissance du soi total. Lorsque vous atteignez cela, ce que vous voulez le plus apparaitra automatiquement, et ce envers quoi vous avez le plus d'aversion disparaîtra. 7. Débarrassez-vous du fardeau de jugement — vous vous sentirez beaucoup plus léger. Le jugement impose le bien et le mal sur des situations qui sont, tout simplement. Tout peut être compris et pardonné, mais quand vous jugez, vous vous coupez de votre compréhension et stoppez le processus d'apprendre à aimer. En jugeant les autres, vous réfléchissez votre manque d'acceptation de soi. Rappelez-vous que chaque personne à qui vous pardonnez ajoute à l'amour de soi. 8. Ne contaminez pas votre corps par des toxines, soit avec la nourriture, la boisson, ou les émotions toxiques. Votre corps est plus qu'un système de survie. Il est le véhicule qui vous transportera sur le chemin de votre évolution. La santé de chaque cellule contribue directement à votre état d'être ainsi, parce que chaque cellule est un point de prise de conscience dans le domaine de la sensibilisation qui est vous. 9. Remplacez le comportement motivé par la peur par le comportement motivé par l'amour. La peur est le produit de la mémoire qui réside dans le passé. Se souvenir de ce qui nous a fait mal avant, nous dirige vers nos énergies veillant à ce qu'une vieille blessure ne se répète pas. Mais essayer d'imposer le passé au présent ne fera jamais disparaître la menace d'être blessé. Cela arrive seulement quand vous trouvez la sécurité de votre propre être qui est l'amour. Motivé par la vérité à l'intérieur de vous, vous pouvez faire face à toute menace parce que votre force intérieure est invulnérable à la peur. 10. Comprenez que le monde physique est juste le miroir d'une intelligence profonde. L'intelligence est l'organisatrice invisible de toute matière et de toute énergie, et depuis une partie de cette intelligence réside en vous, que vous partagez dans le pouvoir d'organisation du cosmos. Parce que vous êtes relié de manière indissociable de tout, vous ne pouvez pas vous permettre de polluer l'air et l'eau de la planète. Mais à un niveau plus profond, vous ne pouvez pas vous permettre de vivre avec un esprit toxique, parce que chaque pensée provoque une impression sur l'ensemble du domaine de l'intelligence. Vivre en équilibre dans la pureté est le plus grand bien pour vous et pour la Terre. Deepak Chopra Titre original: Ten Keys to Happiness  source : http://www.humanitysteam.fr [...]

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Discours collectif « Ce qui nous réunit »: un moment historique pendant les Rencontres du Printemps de l’éducation, le 22 mars 2015

Écoute, respect, diversité, confiance, humour, légèreté et fragilité sont les notes majeures qui ont composé notre gamme durant nos échanges au centre des Amanins les 14,15 et 16 novembre 2014. Les accords d’une nouvelle symphonie que nous, éducateurs, pédagogues, représentants d’institutions, mouvements et réseaux éducatifs avons commencé à co-créer, vous sont présentés dans ce récit qui a pour intention de poser les fondations de cette rencontre historique et d’en relater ainsi le fond et la forme. Son émergence a été possible grâce à l’orchestration précise et souple d’un processus d’intelligence collective par lequel les besoins de chacun ont pu être exprimés, entendus et accueillis avec bienveillance pour laisser place à l’innovation et à la créativité.  A propos du processusNous étions venus de tous les horizons : écoles, mouvements pédagogiques, associations citoyennes, institutions publiques Chaque personne a été invitée à parler de son parcours, de son expérience, de ses valeurs et de ses convictions ainsi que de son engagement actuel en faveur de l’accompagnement des jeunes par l’éducation.L’intention de départ, celle de faire se rencontrer dans un même espace, sans aucune autre attente, des enseignants et représentants de courants éducatifs qui ont autrement peu d’occasions de dialoguer, a permis une liberté dans notre communication. Aussi, le fait de nous rencontrer d’abord au niveau humain, ensuite au niveau de l’institution que nous représentions, a créé les conditions pour ce dialogue libre et pour chercher ensemble ce qui – dans notre diversité de vues et de pratiques – nous relie.Un cadre ouvert conciliant liberté et sécurité a été proposé au groupe pour permettre à chaque personne de trouver sa place de manière créative. L’écoute empathique et la prise de décision au consentement ont été nos deux ''outils'' principaux.Ce processus nous a permis d’expérimenter un rapport au temps différent de ce qu’un certain nombre d’entre nous a l’habitude d’expérimenter, ce qui a parfois amené à quelques impatiences, mais a néanmoins permis à chacun de trouver l’espace d’exprimer ses besoins, tant au niveau des contenus de la rencontre que de la manière de les aborder. Les facilitateurs*, véritables baromètres interactifs, ont rendu possible cette danse d’idées et d’émotions mêlées, qui a fini par trouver un rythme satisfaisant pour l’ensemble des participant-e-s.Le respect de la diversité des points de vue et la confiance ainsi instaurée, ont permis :des conversations pleines d’enthousiasme,de vivre ce magnifique processus que l’on nomme ''intelligence collective'', source d’une émotion de joie profonde,de libérer cette énergie créative dont nous avons tant besoin pour le changement éducatif auquel nous aspirons,et enfin, d’avancer sur le chemin de ce qui nous relie.Une invitation à réfléchir individuellement sur nos envies, nos besoins, ce qui pourrait nous réunir et nous séparer a conduit le groupe à vouloir échanger sur :la vision, les valeurs, l’identité,la diversité des pratiques,l’agir ensemble,les liens à tisser avec l’éducation nationaleTrois groupes se sont formés et ont proposé de :– poser les bases d’une vision collective à partir de valeurs partagées– trouver des pistes pour agir ensemble– discuter de façon libre sans thèmePuis, deux groupes se sont à nouveau constitués. L’un a souhaité co-rédiger ce témoignage pour enraciner la naissance d’une rencontre inédite et prometteuse. Une façon de répondre à la fragilité d’un être en devenir. L’autre a rêvé de l’après rencontre de ces 3 jours aux Amanins. Nous nous sommes déjà retrouvés le 31 janvier 2015 dernier !Le Printemps de l’éducation nous a présenté le projet des Rencontres nationales des 21 et 22 mars 2015. Chacun a émis le souhait d’y participer en son nom et/ou celui de son organisation. Cet événement est aujourd'hui l’occasion de partager avec vous notre vision et l’avancée de nos travaux de groupe.Nous sommes heureux de livrer ici le premier fruit de cette vision collective :Nous reconnaissons l’existence d’un plein potentiel chez chaque être humain et la tendance de ce potentiel à évoluer naturellement. Nous estimons que la réalisation du potentiel de chacun est vecteur de paix.Nous pensons que lorsqu’un être humain est épanoui dans sa relation à lui-même, il l’est aussi dans sa relation aux autres et à son environnement, et que ces trois dimensions se nourrissent vertueusement.Nous partageons la volonté que l’éducation permette à chacun :de grandir dans la joie, le plaisir, le jeu, l’enthousiasme, la légèreté, la coopération, l’ouverture, le respect, la confiance, la tolérance,de se développer sur les plans cognitif, émotionnel et physique dans le respect de la singularité et du rythme de chacun en lien avec son environnement,d’expérimenter ce qui émerge spontanément : il est par conséquent nécessaire de prendre le temps d’observer et d’écouter,de construire ses apprentissages, d’être accompagnés dans ses projets et ouverts au champ des possibles.Nous estimons que chaque enfant et chaque jeune a besoin :de pouvoir évoluer aux côtés d’éducateurs authentiques, ouverts, positifs, bienveillants, cohérents dans leurs paroles et leurs actes, conscients d’être des modèles et dont l’action est basée sur le savoir-être et la facilitation de l’accès aux apprentissages,de vivre dans un espace qui est pensé, aménagé et propice pour un développement de toutes ses dimensions dans un équilibre dynamique,de libérer sa curiosité, sa créativité, son imagination et son intuition,de prendre conscience de sa capacité à être auteur et acteur de changementNous estimons que chaque enfant et chaque jeune a aussi besoin:de cohérence et d’harmonie entre pensées, paroles et actions,d’estime de soi et d’ambition,d’altruisme, d’empathie et de bienveillance,d’autonomie, de sociabilité et de responsabilité,de citoyenneté, de paix et de communication non-violente,de sensibilité à la nature et d’amour de la terre.Aujourd’hui, après des années de division et d’éloignement, nous désirons œuvrer ensemble autour de ce qui nous rassemble en acceptant nos différences comme une source d’enrichissement. Nous le faisons sans étiquettes, dans la légèreté d’une recherche qui ne s’appuie pas sur des concepts achevés, mais prend en compte la complexité du monde actuel et la volonté d’aller au delà des clivages vers une approche transdisciplinaire. Notre désir est de faire évoluer nos pratiques au gré des observations, des échanges entre pairs et des nouvelles connaissances scientifiques sans jamais perdre de vue l’intention qui nous rassemble et nous motive, le bien-être des enfants et des citoyens qu’ils sont amenés à devenir.Nous souhaitons à présent que ce magnifique élan qui nous a propulsé vers d’autres possibles nous donne l’énergie d’être opérationnel et accueille de nouveaux acteurs qui n’ont pas pu participer à cette rencontre ou qui en prennent tout juste connaissance. Signataires co-rédacteurs : Thomas Blettery – Ashoka France Samuel Bonvoisin – Récit (Réseau des écoles de citoyens) Henri Dahan – Fédération des Ecoles Steiner-Waldorf en France Mauve Doyen – Living School Muriel Fifils – Ecole Caminando / Ecole de la Nature et des Savoirs Pascale Furnion – Enseignante Education Nationale et Graine d’école Roland Gerard – Réseau Ecole et Nature Roswitha Lanquetin – Unipaz Fleur Mathet-Jolly – Ecole de la croisée des chemins Isabelle Peloux – Ecole du Colibri / Les Amanins Odette Peronnet – Graine d’école Emilie Roudier – Ecole du 3ème Type Isabelle Samson, animatrice pédagogique, OCCE Catherine Schmider – Coordinatrice communication non violente et éducation (ACNV) Isabelle Séchaud – Montessori France André Stern – Mouvement écologie de l’enfance Fabien Tora – Enseignant Education Nationale, Réseau CARDIE, Académie de Lyon Antonella Verdiani – Printemps de l’éducation Marie-Laure Wieser – Printemps de l’éducation * Facilitateurs : Ivan Maltcheff et Céline Langlois [...]

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1ères Rencontres Nationales du Printemps de l’éducation

1ères Rencontres Nationales  du Printemps de l’éducation Se relier, s’inspirer, agir pour éduquer autrement 21 et 22 mars 2015, Paris  Les premières Rencontres Nationales Se relier, s’inspirer, agir pour éduquer autrement se dérouleront les samedi 21 mars de 14h à 18h et dimanche 22 mars 2015 de 12h à 19h à la Gaité Lyrique, 3 bis rue Papin, 75003 Paris Conçues comme un moment catalyseur d’informations, de réseaux et de propositions innovantes, ces rencontres sont ouvertes à tous ceux qui croient en un monde meilleur et qui souhaitent participer et voir s’activer le changement : parents, enfants, adolescents, enseignants, éducateurs, élus, experts Pendant ces deux journées, nous souhaitons faire vivre aux participants un temps de reliance et de dialogue dans un esprit constructif, ludique, joyeux et enthousiaste. Le programme de ces journées a pour objectif de se relier, s’inspirer, agir pour éduquer autrement d’illustrer une autre façon de vivre l’école et d’éduquer en général. Plénières, agoras, ateliers et projections, sont autant de formats participatifs qui permettront des échanges vivants et feront l’objet de récoltes. Programme détaillé Nous avons souhaité profiter de la dynamique de l’évènement et de la présence des comités locaux pour organiser la première Assemblée générale du Printemps de l’éducation le samedi 21 mars de 18h30 à 20h (Auditorium Gaité). Si vous souhaitez participer à notre assemblée générale, information et inscription ici De nombreux partenaires s’associent au Printemps de l’éducation pour ce premier grand évènement du Printemps de l’éducation et nous les en remercions! [...]

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Charles Caouette: entre éducation et vieillesse alternatives

Charlers Caouette est professeur honoraire de psychologie de l'Université de Montréal au Québec, où il a fondé l'option Psychologie de l'éducation. Il est aussi le fondateur de l'école Jonathan, pionnière du REPAQ, le réseau des écoles alternatives publiques au Québec. Il sera l'invité des premières Rencontres nationales du Printemps de l'éducation, le 21 et 22 mars à Paris, à la Gaité lyrique (www.printemps-education.org)  Article paru dans le Journal des Voisins, février 2015, Montréal : http://www.journaldesvoisins.com/uploads/1/1/9/1/11919530/journaldesvoisins_2015_02_version_est_web.pdf [...]

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Au delà de la laïcité, la rencontre

Ces derniers jours les murs de nos écoles sont tapissés d’affiches colorées arborant les 15 articles de la charte de la laïcité à l’école. Déjà promue sous le Ministère de l’éducation nationale précédent, elle réapparait en force à l’occasion des derniers faits de violence et les mesures conséquentes prises par la Mobilisation de l’école pour les valeurs de la république. Les règles et les normes de la laïcité y sont illustrées, et l’article 8 qui concerne l’exercice de liberté d’expression des élèves, est celui qui suscite le plus de discussions. « Pourquoi, demandait l’élève Rached à son enseignante de collège, si vous dites que la France respecte toutes les croyances, pourquoi on accepte les dessins blasphèmes de Charlie Hebdo et on ne respecte pas ma religion ? ». La question est très bonne, je dirais même que c’est LA question du jour. La réponse est difficile, sa compréhension ardue, non seulement pour Rached qui a 12 ans, mais pour tous ceux qui, comme moi, s’interrogent sur le sens de cette laïcité en général, à l’école en particulier. Quelle est donc cette loi qui affirme que dans une société laïque comme la France, «le respect de toutes les croyances va de pair avec la liberté de critiquer toutes les religions, quelles qu’elles soient » ? Allez-donc expliquer la nuance à tous les Rached qui peuplent les cités de nos banlieues, tous les Mohammed et les Yasmina qui se voient offensés et provoqués dans leur croyance. Donnez-leur les clés de cette interprétation équilibriste entre le respect et la liberté de critique Et, puisque nous y sommes, aller leur expliquer aussi la différence entre critique et provocation. Dans un élan gigantesque de fraternité (autre valeur à apprendre dans l’éducation à la citoyenneté), et d’humanité retrouvée au lendemain des violences, nous avons été tous Charlie. Nous sommes descendus dans les rues manifester, et des familles entières, avec des enfants par la main et en poussette, ont défilé pour la paix « parce que on ne tue pas les gens quand on n’aime pas un dessin, on en fait un autre plus joli » comme le disait Léa, 5 ans. Mais aujourd’hui non, je ne suis pas Charlie, parce que se mobiliser pour les valeurs de la république n’est pas céder à la confusion qui règne entre liberté d’expression consciente et négation du respect de la croyance de l’autre. Aussi, je ne suis pas Charlie parce que je ne peux cautionner ceux qui par simple provocation, s’amusent à déstabiliser et discréditer la grande majorité des français musulmans, y compris à l’école. Dans ce sens, je souhaite que à l’école soient enseignés, avec les valeurs de la république, aussi l’esprit de discernement, la lucidité, la critique constructive. Et que dans les débats sur la morale et la citoyenneté, on puisse exercer la liberté de remettre en cause le concept de laïcité actuel qui n’a plus grande chose à voir avec ses nobles origines. Mot obscur pour la plupart des élèves, la laïcité fait son entrée à l’école au XIXe siècle, le souci étant à l’époque de s’affranchir des pressions religieuses, l’église catholique en première. Le projet d’une école laïque qui accueille tous les enfants, sans distinctions d’origine, de sexe ou d’option spirituelle de leurs parents, est né de cette volonté, inspiré par un idéal commun, une sorte de neutralité républicaine. Sauf que l’école a changé, des enfants de cultures inconnues à l’époque des Lumières, remplissent aujourd’hui des classes multicolores, multi-races, multilingues, des descendants de migrants musulmans s’asseyent dans les bancs à coté de leurs camarades chinois nés en France de troisième génération. Leur demander, au nom d’une laïcité qui lisserait toute différence, de nier leur appartenance culturelle et religieuse équivaut à une injustice, une imposition et une autre doctrine, elle devient « une machine à produire de la différence » comme nous disent des éminents sociologues de l’éducation*. Détournée de sa mission d’origine de service à un projet d’intégration des minorités, la laïcité risque ainsi de se transformer en outil d’agression, jusqu’à engendrer pour ces mêmes minorités la peur de l’Autre, alors que l’école est supposée être le lieu du vivre ensemble. Il faudra alors faire un pas vers l’Autre, il faudra nous rencontrer. Nous rencontrer pour nous connaître et apprendre, oui je dis bien apprendre, d’un Rached et d’une Yasmina aux accents arabes, mais aussi d’un Irwin et d’une Liuba tziganes, que ce qui est différent de moi (par langue, culture, religion,) ne peut que m’enrichir, me construire. Les rencontrer c’est la seule façon de ne pas les diaboliser car la ségrégation construit des monstres. L’ignorance conduit à l’amalgame, et la confusion s’engendre, comme lorsque on confond un Islam riche de sa culture millénaire avec un terrorisme intégriste produit de l’ignorance et de la misère.  Rencontrer à l’école un rabbin, un imam, un prêtre, inviter des parents musulmans ou bouddhistes ou juifs nous expliquer leur manière de voir le monde, leur culture, les valeurs qui inspirent leurs religions, n’équivaut pas à leur déléguer l’enseignement du fait religieux qui doit rester la prérogative de l’enseignant, mais à les connaître d’abord comme humains, nos semblables. Cette ouverture est la seule condition pour que le dialogue naisse. Un dialogue qui, avant de devenir national, international, interreligieux, interculturel, tout ce dont on entend débattre ces jours-ci à niveau politique, doit d’abord être pratiqué au niveau de l’individu. La rencontre devient ainsi éducative et fait grandir pour « élever les consciences des enfants », selon un terme utilisé non pas par un guru mais par un ministre de l’Éducation nationale. Soyons donc plus ambitieux : faisons de l’école, non seulement l’espace privilégié de l’éducation aux valeurs républicaines de la France, mais le lieu d’élévation vers les valeurs universelles communes à toute l’humanité. Antonella Verdiani Présidente, Printemps de l'éducation * Béatrice Mabilon-Bonfils, Geneviève Zoïa, La laïcité au risque de l’Autre, Ed. de l’Aube, 2014 Retrouvez cet article sur le site du Printemps de l'éducation: Au delà de la laïcité, la rencontre | Printemps de l'éducation [...]

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le 7 janvier…

... pendant que nous étions figés devant les nouvelles terrifiantes des attentats, mon interview est passée sur RCF17. Si vous avez envie, comme le faisait John Lennon, d'imaginer la paix pour notre monde et d'entendre parler de non-violence, de joie, de coopération comme valeurs qui basent les pratiques de plusieurs écoles, voici le lien du podcast: http://s3.amazonaws.com/rcf.fr/diffusions/RCF17/RCF17_EDUC_20150107_1205.mp3 [...]

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On education in Auroville (India)

Très belle vidéo en anglais (en partie en français) réalisée par Virgile van Ginneken et Iona Sidi [...]

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De la joie et de la paix

Pour les sciences cognitives, la joie est définie comme un mélange de sérotonine, noradrénalines et dopamines secrété par le cerveau dans des situations de gratification, des états agréables pour l’organisme entier. Par exemple, les recherches sur les deux cerveaux situent celles que le neurologue américain Antonio Damasio appelle les émotions « positives», c’est à dire, la joie, l’amour, la compassion et la confiance dans une région précise, celle du lobe frontal gauche, la même qui est stimulée dans l’état de méditation profonde. « La joie est une émotion qu’on appelle positive, dit-il, parce qu’elle est à la source du bonheur qui est, lui, un sentiment.i Si la honte, la peur, la colère, la tristesse, le dégoût nous protègent en signalant des limites à respecter et amènent comme à une fermeture, la joie, au contraire, nous ouvre ».ii  Quand la joie nous ouvre, par magie les yeux et la bouche s’ouvrent aussi dans des sourires et des rires. Parfois, lorsque la peur est passée, cette ouverture donne lieu même à des larmes de guérison, de retrouvailles avec nous mêmes : c’est alors d’une joie physique qu’il s’agit, un courant qui nous relie à nos viscères, notre sang, nos glandes lymphatiques. Les tests réalisés par le docteur Damasio, par son collègue Mario Beauregardiii de l'Université de Montréal et aussi par les autres chercheurs de l’Institut Mind and Life aux Etats Unis sur des religieuses carmélites et sur des moines en état de méditation sont désormais connus par le grand public. La photo du moine Matthieu Ricard avec le crâne rempli d’électrodes pendant qu’il se prépare pour une expérience scientifique à l’université de Wisconsiniva fait le tour de la planète, tout comme l’article qui le définit, grâce aux résultats exceptionnels obtenus par ce test, l’homme « le plus heureux du monde » : sur une échelle varie de + 0.3 à -0.3 (l’état de béatitude), Matthieu Ricard affiche un score de –0.45, complètement en dehors de l’échelle! On peut donc conclure que le fait de méditer régulièrement augmente l’activité du cortex préfrontal gauche, la partie antérieure du cerveau à laquelle est associée la gestion des émotions positives, avec en plus une amélioration prouvée du système immunitaire. Cela va peut être de soi mais, comme le dit Damasio : « Spinoza avait raison »v lorsqu’il soutenait ce que la neurobiologie démontre aujourd’hui scientifiquement, à savoir que l’intellect et le corps sont définitivement reliés, et la joie et les sentiments positifs sont favorables à la santé et au développement créatif de notre être. De ce fait, nous avons un pouvoir unique à produire, penser et agir sur nos émotions ; ce qui nous transforme d’un coup en maîtres de notre existence, pourrait-on ajouter.   De fil en aiguille, pour recentrer la réflexion sur l’éducation, si la région stimulée dans les états de méditation profonde est la même où se situent les émotions positives de joie ou de compassion, on pourrait alors se poser une question fondamentale pour tous ceux qui, comme nous, travaillent dans l’éducation à la paix et à la non-violence : est ce que la joie et l’attitude à la paix surgissent-elles de la même source dans l’être ? Pour René Barbier, professeur émérite de sciences de l’éducation, expert de Krishnamurti «...le cerveau est capable de fonctionner selon un registre différent qui permet l'accès à un autre niveau de réalité. Certains diront que ce niveau n'existe que parce qu'il est produit par la fonction électrochimique et neuronale du cerveau. D'autres expérimenteront personnellement cet autre niveau de réalité et le reconnaîtront comme réel et indépendant de toute caisse de résonance, même s'il est reconnu par une activité cérébrale. Ces derniers accèdent alors à un sens de la profondeur au-delà de toutes techniques et, s'ils sont éducateurs, proposent une éducation de la non-violence. »vi Eduquer à la paix revient à éduquer à la joie de vivre. Je le constate à chaque fois que, dans ma pratique d’éducation, que ce soit dans la formation à la culture de la paix ou dans les stages d’éducation à la joie, j’arrive à toucher la partie la plus profonde des participants, celle qui s’apparente au domaine de l’être. Et, s’il est vrai qu’il n’y a pas de pédagogie de l’éveil, il existe pourtant une manière d’éduquer par laquelle nous pouvons découvrir (si nous sommes des enfants) notre potentiel ou nous défaire (si nous sommes des adultes) de ce qui nous sépare de notre propre trésor intérieur, de l’œuvre originale que nous sommes venus accomplir dans cette existence. Ainsi, on peut pousser cette réflexion davantage en rejoignant la vision des maîtres spirituels et des pédagogues qui ont fait l’histoire de l’éducation, pour lesquels la véritable tâche de l’éducateur est celle d’accompagner comme un guide le disciple dans la découverte de soi.  Tous les éducateurs à la résolution des conflits pourront en témoigner : il n’y a pas d’autre manière possible d’éduquer à la paix que de contacter les individus au plus profond d’eux mêmes, de leur propre vérité, souvent blessée ou refoulée. Car lorsqu’on se résolue à rencontrer son propre ennemi, c’est soi-même que l’on rencontre, comme peuvent en témoigner tous ceux qui, après des innommables souffrances subies ou infligées, ont accepté de participer aux processus de pardon collectifs réalisés par exemple en Afrique du Sud ou après les horreurs perpétrés dans la région des Grands Lacs. Il s’agit d’en faire le choix : décider de ne plus souffrir est la première étape de la transformation que le pardon peut nous apporter lorsque nous avons été aussi blessés, pour redevenir acteurs, mais surtout auteurs de notre propre vie. C’est un parcours de découverte de soi-même que je n’hésite pas à définir comme essentiellement éducatif dans le vrai sens du mot, tel un accouchement de soi au bout duquel la joie est souvent au rendez-vous. Joie et pardon, joie et paix, joie et non-violence deviennent ainsi des binômes inséparables. Et, comme le dit Guy Corneau, il n’est pas nécessaire de passer par autant de souffrance pour exprimer notre partie lumineuse.  Nous n’avons plus besoin aujourd’hui, de répéter les erreurs des générations qui nous ont précédé en nous appliquant comme des bons élèves à calquer un modèle qui n’a pas fonctionné, fondé sur une culture de guerre. Si nous prenons le parti de la joie, qui est puissance d’action, comme la définit Spinoza, nous pouvons traverser les turbulences du changement en cours non seulement indemnes, mais en nous transformant nous-mêmes, c’est à dire en devenant les créateurs d’une nouvelle réalité, d’un monde nouveau. Par exemple, si pour certains la mixité culturelle et religieuse qui caractérise nos écoles actuelles représente un obstacle à une certaine vision de l’enseignement (un seul programme égal pour tous les élèves, des évaluations qui ne tiennent pas en compte des ces différences), pour d’autres, elle devient source de richesse inégalable. Il s’agirait ainsi de repenser l’éducation, en écoutant la suggestion par exemple des grands penseurs contemporaines, tels Michel Serres ou Edgar Morin qui l’a magistralement esquissé dans son récent livre Enseigner à vivre.vii Tous deux se rejoignent dans une même proposition pour répondre de façon conséquente à la complexité de notre société actuelle, lorsqu’ils demandent que soit établi un socle commun de connaissances pour toutes les universités du monde.viii Ce serait un tronc commun de savoirs inspiré par des valeurs communes à toute l’humanité, propédeutique et obligatoire au début de tout cycle universitaire, un « humanisme universel qui contribuerait à créer une mondialisation pacifique» comme le disait Michel Serres. Non écoutée à ce moment, cette proposition est d’autant plus actuelle aujourd’hui, au moment où la parole « crise » envahit l’actualité économique. Au sujet en particulier du dialogue entre les religions, le chemin vers la paix serait sans doute accéléré aussi par la décision de fonder les programmes et les pratiques pédagogiques de toutes les écoles du monde, en ne se limitant pas donc aux universités, sur des valeurs communes à l’humanité telles que la joie, la non-violence ou la tolérance. Dieu, Allah, Adonaï, les dieux, le Grand Esprit ou les Esprits, leurs émissaires et prophètes comme Jésus ou Buddha, on fondé leur message à l’humanité sur une foi universelle alliée à la compassion entre les êtres, au sentiment d’unité avec le cosmos, dictée par les normes de l’amour. Ces messages ou «révélations » contiennent parmi les réponses les plus profondes données aux hommes pour leur conduite sur Terre, l’accomplissement de leur destin et la construction d’une culture de la paix. i « L’émotion est une réaction spontanée, qui dure très peu de temps : elle est le fait de tous les mammifères. Le sentiment s’inscrit dans la durée et associe des représentations du néocortex, il appartient au seul monde des humains ». In Antonio R. Damasio, L’erreur de Descartes. La raison des émotions, éd. Odile Jacob, 1995. ii Ott Hervé « Joie et humour » dans Réforme n°3137 du 21 juillet 2005.
 iii MBRL (Mind/Brain Research Lab) : http://www.mapageweb.umontreal.ca/beauregm/ le docteur Beauregard est signataire avec d’autres éminents chercheurs du Manifeste Pour une Science sans a priori : Si les scientifiques renoncent à la réflexion métaphysique et spirituelle, ils se couperont de la société, disponible à l’adresse web ci-dessus et également sur Science et Quête de Sens, ouvrage collectif sous la direction de Jean Staune, Presses de la Renaissance, 2005.
 iv Test conduit par le Dr Richard Davidson à l’Université de Wisconsin
 v Damasio A.R., Spinoza avait raison : joie et tristesse, le cerveau des émotions, Odile Jacob, Paris, 2003
 vi Barbier René, « L'éducateur et le sacré» dans Journal des chercheurs du vendredi 18 avril 2003 : http://www.barbier- rd.nom.fr
 vii Morin Edgar, Enseigner à vivre. Manifeste pour changer l’éducation. Actes Sud/Playbac 2014
 viii Il s’agit en ce qui concerne Michel Serres, d’un discours tenu à l’UNESCO le 18 juin 2002, à l’occasion des rencontres du XXI siècle (reçu directement par l’auteur, le document ne résulte pas être publié). En ce qui concerne Edgar Morin, ladite proposition est contenue dans l’article « Repenser le savoir pour réformer l’école » paru dans le Monde de l’éducation n° 360, juillet - août 2007. [...]

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la joie malgré tout….

parce que on ne va pas céder à la peur parce que l'Islam n'est pas l'islamisme parce que ce qui nous réunit c'est la vie et non la mort parce le seul rejet admis est celui de la violence parce que l'humour n'est que de l'aspiration à l'amour  parce que nous sommes des êtres capables de dialogue, de paix et de non-violence parce que l'éducation est la seule arme pour changer le monde et que la joie est notre essence, depuis notre venue au monde jusqu'au moment ultime et même au-délà parce que nous n'allons pas céder non plus au silence parce que nous savons chanter avec nos enfants rire avec eux danser sur les musiques des peuples de la terre parce que les philosophes sont nos amis et enseignants la poésie notre nourriture céleste et que le bonheur est notre droit d'humains la joie est là, malgré tout même au milieu de la barbarie insaisissable, pure, mysterieuse  elle nous relie au coeur de notre essence  LE STAGE DU DIMANCHE 25 JANVIER SERA CO-ANIME' AVEC EVELYNE GIRARD, CLOWN THERAPEUTIQUE ... et fantastique!  [...]

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Ce qui nous réunit en ce Printemps de l’éducation

Un moment de pause avec les enfants de l'Ecole du Colibri qui nous ont fait participer à des jeux coopératifs   Rencontre (historique!) des acteurs du changement éducatif  Les Amanins, 14, 15 et 16 novembre 2014 Ecoute, respect, diversité, confiance, humour, légèreté et fragilité sont les notes majeures qui ont composé notre gamme durant nos échanges au centre des Amanins les 14,15 et 16 novembre 2014. Les accords d’une nouvelle symphonie que nous, éducateurs, pédagogues, représentants d’institutions, mouvements et réseaux éducatifs avons commencé à co-créer, vous sont présentés dans ce récit qui a pour intention de poser les fondations de cette rencontre historique et d’en relater ainsi le fond et la forme. Son émergence a été possible grâce à l’orchestration précise et souple d’un processus d’intelligence collective par lequel les besoins de chacun ont pu être exprimés, entendus et accueillis avec bienveillance pour laisser place à l’innovation et à la créativité. Ce processus vous est présenté plus bas. Nous sommes heureux de livrer ici le premier fruit de notre vision collective : Nous reconnaissons l’existence d’un plein potentiel chez chaque être humain et la tendance de ce potentiel à évoluer naturellement. Nous estimons que la réalisation du potentiel de chacun est vecteur de paix. Nous pensons que lorsqu’un être humain est épanoui dans sa relation à lui-même, il l’est aussi dans sa relation aux autres et à son environnement, et que ces trois bien-être ou dimensions se nourrissent vertueusement. Nous partageons la volonté que l’éducation permette à chacun : 1. de grandir dans la joie, le plaisir, le jeu, l’enthousiasme, la légèreté, la coopération, l’ouverture, le respect, la confiance, la tolérance, 2. de se développer sur les plans cognitif, émotionnel et physique dans le respect de la singularité et du rythme de chacun en lien avec son environnement, 3. d’expérimenter ce qui émerge spontanément : il est par conséquent nécessaire de prendre le temps d’observer et d’écouter, 4. de construire ses apprentissages, d’être accompagnés dans ses projets et ouverts au champ des possibles. Nous estimons que chaque enfant et chaque jeune a besoin : - de pouvoir évoluer aux côtés d’éducateurs authentiques, ouverts, positifs, bienveillants, cohérents dans leurs paroles et leurs actes, conscients d’être des modèles et dont l’action est basée sur le savoir-être et la facilitation de l’accès aux apprentissages, - de vivre dans un espace qui est pensé, aménagé et propice pour un développement de toutes ses dimensions dans un équilibre dynamique, - de libérer sa curiosité, sa créativité, son imagination et son intuition, - de prendre conscience de sa capacité à être auteur et acteur de changement, ainsi que : - de cohérence et d’harmonie entre pensées, paroles et actions, - d’estime de soi et d’ambition, - d’altruisme, d’empathie et de bienveillance, - d’autonomie, de sociabilité et de responsabilité, - de citoyenneté, de paix et de communication non-violente, - de sensibilité à la nature et d’amour de la terre Aujourd’hui, après des années de division et d’éloignement, nous désirons œuvrer ensemble autour de ce qui nous rassemble en acceptant nos différences comme une source d’enrichissement. Nous le faisons sans étiquettes, dans la légèreté d’une recherche qui ne s’appuie pas sur des concepts achevés, mais prend en compte la complexité du monde actuel et la volonté d’aller au delà des clivages vers une approche transdisciplinaire. Notre désir est de faire évoluer nos pratiques au gré des observations, des échanges entre pairs et des nouvelles connaissances scientifiques sans jamais perdre de vue l’intention qui nous rassemble et nous motive, le bien-être des enfants et des citoyens qu’ils sont amenés à devenir. A propos du processus Nous étions venus de tous les horizons : écoles, mouvements pédagogiques, associations citoyennes, institutions publiques Chaque personne a été invitée à parler de son parcours, de son expérience, de ses valeurs et de ses convictions ainsi que de son engagement actuel en faveur de l’accompagnement des jeunes par l’éducation. L’intention de départ, celle de faire se rencontrer dans un même espace, sans aucune autre attente, des enseignants et représentants de courants éducatifs qui ont autrement peu d’occasions de dialoguer, a permis une liberté dans notre communication. Aussi, le fait de nous rencontrer d’abord au niveau humain, ensuite au niveau de l’institution que nous représentions, a créé les conditions pour ce dialogue libre et pour chercher ensemble ce qui – dans notre diversité de vues et de pratiques – nous relie. Un cadre ouvert conciliant liberté et sécurité a été proposé au groupe pour permettre à chaque personne de trouver sa place de manière créative. L’écoute empatique et la prise de décision au consentement ont été nos deux  »outils » principaux. Ce processus nous a permis d’expérimenter un rapport au temps différent de ce qu’un certain nombre d’entre nous a l’habitude d’expérimenter, ce qui a parfois amené à quelques impatiences, mais a néanmoins permis à chacun de trouver l’espace d’exprimer ses besoins, tant au niveau des contenus de la rencontre que de la manière de les aborder. Les facilitateurs*, véritables baromètres interactifs, ont rendu possible cette danse d’idées et d’émotions mêlées, qui a fini par trouver un rythme satisfaisant pour l’ensemble des participant-e-s.  Le respect de la diversité des points de vue et la confiance ainsi instaurée, ont permis : - des conversations pleines d’enthousiasme, - de vivre ce magnifique processus que l’on nomme  »intelligence collective », source d’une émotion de joie profonde, - de libérer cette énergie créative dont nous avons tant besoin pour le changement éducatif auquel nous aspirons, - et enfin, d’avancer sur le chemin de ce qui nous relie. Une invitation à réfléchir individuellement sur nos envies, nos besoins, ce qui pourrait nous réunir et nous séparer a conduit le groupe à vouloir échanger sur : - la vision, les valeurs, l’identité - la diversité des pratiques - l’agir ensemble - les liens à tisser avec l’éducation nationale Trois groupes se sont formés et ont proposé de : - poser les bases d’une vision collective à partir de valeurs partagées - trouver des pistes pour agir ensemble - discuter de façon libre sans thème Le Printemps de l’éducation a présenté le projet des Rencontres nationales des 21 et 22 mars 2015. Chacun a émis le souhait d’y participer en son nom et/ou celui de son organisation. Cet événement sera l’occasion de partager notre vision et l’avancée de nos travaux de groupe. Puis, deux groupes se sont à nouveau constitués. L’un a souhaité co-rédiger ce témoignage pour enraciner la naissance d’une rencontre inédite et prometteuse. Une façon de répondre à la fragilité d’un être en devenir. L’autre a rêvé de l’après rencontre de ces 3 jours aux Amanins. Nous nous sommes déjà donnés rendez-vous le 31 janvier 2015 ! Nous souhaitons à présent que ce magnifique élan qui nous a propulsé vers d’autres possibles nous donne l’énergie d’être opérationnel et accueille de nouveaux acteurs qui n’ont pas pu participer à cette rencontre ou qui en prennent tout juste connaissance. Signataires co-rédacteurs : Thomas Blettery – Ashoka FranceSamuel Bonvoisin – Récit (Réseau des écoles de citoyens)Henri Dahan - Fédération des Ecoles Steiner-Waldorf en FranceMauve Doyen – Living SchoolMuriel Fifils - Ecole Caminando / Ecole de la Nature et des SavoirsPascale Furnion – Enseignante Education Nationale et Graine d’écoleRoland Gerard – Réseau Ecole et NatureRoswitha Lanquetin – UnipazFleur Mathet-Jolly – Ecole de la croisée des cheminsIsabelle Peloux - Ecole du Colibri / Les AmaninsOdette Peronnet - Graine d’écoleSophie Rabhi - La Ferme des Enfants / Le Hameau des BuisEmilie Roudier – Ecole du 3ème Type (Bernard Collot)Isabelle Samson, animatrice pédagogiqueCatherine Schmider – Coordinatrice communication non violente et éducation (ACNV)Isabelle Séchaud – Montessori FranceAndré Stern – Mouvement écologie de l’enfanceFabien Tora – Enseignant Education Nationale * Facilitateurs : Ivan Maltcheff et Céline Langlois Le groupe des signataires et facilitateurs Retrouver ici l’article sur la pré-rencontre. 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