Dis, quand on est mort, c’est pour toute la vie?

Nous venons de donner un stage[1] ayant pour titre cette jolie interrogation existentielle, tirée d’une vraie question d’enfant : « Dis, quand on est mort, c’est pour toute la vie ? ».

Nous avons passés trois jours intenses avec des éducatrices (la majorité de femmes, comme il est très souvent le cas) et un (seul) éducateur de la petite enfance (on se félicite de son courage !), des jeunes personnes en contact quotidien avec des enfants âgés de quelques mois à 5 ans. C’est donc une période préscolaire pendant laquelle on pense, souvent à tort, que la question de la mort ne fait pas partie de la vie des petits.

Et pourtant.

Nous voulons ici poser l’attention sur quelques points concernant l’approche adoptée par la formation qui a alterné des apports théoriques avec des pratiques (jeux de rôle, mouvements, danse, art, …). Nous avions fait, avec Anne, le pari de ce stage comme un moment d’évolution personnelle pour tous les participants, y compris de nous-mêmes. Nous pouvons aujourd’hui affirmer que nous ne nous sommes pas trop trompées, tout en tenant compte des évidentes difficultés de certaines personnes à s’impliquer « corps et âme » dans ce que nous proposions.    

Primo : La mort nous parle de nous

Nous avons constaté d’abord combien parler de la mort en général et en particulier avec les enfants, nous renvoie à notre propre relation avec la mort, notre mort à nous et celle des gens que nous aimons. Par un parcours d’exploration aussi de nos idées reçues sur ce sujet, nous avons compris combien il est fondamental et même nécessaire, de regarder en face celle qui sabote régulièrement nos élans de vie, notre capacité à construire de liens sains et pacifiques avec notre monde… Et de nommer enfin cette chose qui, dans l’échelle des émotions et des causes de blocage et des conflits, arrive en tête de liste: la peur de mourir.

Mais attention ! Nous n’avons pas et nous n’avons jamais eu la prétention, lors d’un stage de trois jours, de nous réconcilier avec cette peur profonde et commune à tous. Par contre, nous pensons que ces moments de questionnement, nous invitent à éclaircir les zones d’ombre que l’on peut découvrir dans d’autres lieux thérapeutiques.

Secundo : Il s’agit de parler de la mort avec (et non « aux ») enfants

Ceci implique que nous (parents, grands-parents, enseignants, éducateurs au sens large), nous adoptions une posture d’accompagnement. Il ne s’agit pas donc de leur dire ce que la mort est ou n’est pas, mais de les inviter à s’exprimer à ce sujet. Nous allons ainsi être surpris ! Car les enfants « savent » souvent déjà beaucoup plus que nous l’imaginions sur la question. Selon leur âge, ils auront même développé une réflexion philosophique et existentielle (ce que l’on expérimente lors des « ateliers philo » avec les plus grands) et ils vous surprendront avec la sagesse des fruits de leur pensée.  

Aussi, en tant que formatrices, pour répondre aux doutes de quelques participants (faut-il leur parler de la mort même « hors contexte » ?), nous croyons qu’il ne soit pas nécessaire d’attendre que la mort se présente dans la vie d’un enfant par le départ d’un proche, y compris à l’école. Nous pensons par contre que l’on devrait inclure la question de la mort comme faisant partie de la nature humaine, animale et végétale par exemple, en l’introduisant dans les cours de sciences de la vie et de la terre, de biologie, de chimie etc., pour les plus grands. L’art et toutes les activités artistiques que l’on pratique dans un contexte préscolaire et scolaire (dessin, chant, comptines, etc.) y compris le mouvement et la danse libre, sont aussi des moyens excellents à privilégier pour que les enfants puissent s’exprimer plus librement et autrement que par la verbalisation.

S’il arrive que un parent ou ami de l’enfant meure, on se doit, en tant que adultes éducateurs, d’être préparés à accueillir la situation avec une attitude la plus sereine possible, y compris en accueillant nos propres émotions (ce que l’on peut apprendre à l’école depuis tous petits).

A ce sujet, nous avons été confortés par le témoignage (en directe du Québec) de Josée Masson qui œuvre depuis vingt-cinq ans dans le domaine de l’association « Deuil-Jeunesse » (https://deuil-jeunesse.com) dont la mission est centrée sur l’accompagnement des jeunes qui vivent une perte. Toutes et tous, nous avons été émus par les paroles pleines d’humanité de Josée :… démystifier pour aller de plus en plus vers la confiance et l’amour ; ne pas juger, mais apprendre à accueillir en tant que éducateurs car le deuil « juste » est celui que l’on vit. 

Tertio : La mort fait partie de la vie

Cela peut paraître une banalité, mais le fait de présenter la mort comme la fin de tout processus, est une source de grande angoisse même chez les plus petits. Une fois de plus, il ne s’agit pas de convaincre les enfants de nos croyances, comme de l’existence d’une vie après la mort, mais de placer la mort dans le processus de la vie. Par exemple, si dans la présentation du cycle humain expliqué aux enfants, l’on pose la naissance comme première étape et en dernière celle de la mort, il en résultera une vision beaucoup plus globale et harmonieuse de la Vie, accessible même aux plus petits.[2]

Et si, à l’intérieur de ce même processus expliqué aux enfants, nous plaçons aussi la possibilité de l’inattendu et l’imprévisibilité de l’existence, nous pourrions les éduquer à accueillir plus facilement des événements tragiques comme la mort prématurée d’un copain ou d’un jeune parent.

Quarto : L’art est une porte entre le visible et l’invisible 

Nous croyons aussi, pour l’avoir expérimenté et partagé lors de ces journées, que l’approche artistique ou poétique peut être une porte à une pratique quotidienne pour approcher notre finitude.  En effet la pratique de l’art (danse, musique, peinture, etc.) touche à la notion de temps : temporalité versus intemporalité.

L’espace-temps qu’offre une œuvre d’art par sa contemplation ou par sa pratique, nous permet de toucher les deux mondes du visible et de l’invisible, tous nos sens en éveil. 

Une pleine présence de soi-même offre cet instant ultime, intime sur le fil de la vie sensible. Et de cette sensibilité peut naître une meilleure conscience de chaque instant. Ce qui peut être donc très riche d’enseignement pour le jour de notre départ de l’autre côté des choses… Danser, chanter… jouer en pleine communion de l’instant présent.

Pour conclure…

Nous pensons que, dans une société qui s’ouvre de plus en plus au transhumanisme et ses conséquences néfastes, Éduquer à la mort devient une urgence et une nécessité pour les jeunes. Cependant, comme nous l’avons constaté lors de ces trois jours, introduire la mort comme un sujet « normal », la démystifier et arriver à affronter le sujet sans le charger de nos projections, n’est pas chose facile.

Mais ces moments nous ont confortés par contre dans la conviction que la seule voie pour accéder à un rapport sain avec la mort est de revenir nous-mêmes à l’attitude des enfants que nous côtoyons dans nos métiers d’éducateurs. Sans peur, et même avec joie, il nous faudra oublier tout ce que l’on sait ou que l’on croit savoir sur elle, considérer que nous ne savons plus rien à son sujet (y compris ce qu’on nous a raconté pendant des générations) et être préparés à se faire surprendre par notre propre capacité d’émerveillement.                                                                       

Antonella Verdiani  et  Anne Caloustian *

* Anne Caloustian est artiste musicienne, poétesse, clown et enseignante. 


[1] Le stage « Dis quand on est mort, c’est pour toute la vie ? » est une formation que nous proposons aux enseignants, éducateurs et parents. Pour connaître son contenu : Éduquer à la mort (https://antonellaverdiani.com/formations/eduquer-a-la-mort/)

[2] A la question : « quel est l’opposé de la mort ? » beaucoup d’entre nous répondront « la vie ». Ce que nous proposons est de remplacer le mot vie par « naissance » : la naissance devient donc l’opposé de la mort. Cela implique donc l’hypothèse que la vie puisse continuer sous une autre forme (comme l’arbre qui devient compost) que, pour le moment, nous ne connaissons pas (ce qui ne dérangera pas les matérialistes et les non-croyants).

La force de la non-violence

« À partir du moment où on vise l’objectif de l’institution, ça devient violent. Surtout avec l’héritage que nous avons dans les pays occidentaux : l’école a formé d’abord des soldats, après des ouvriers, maintenant des technocrates. Toutes les institutions, toutes les organisations qui sont en place aujourd’hui sont verticales, donc violentes. Ou bien on reste dans l’institution et on devient résistant. Ou bien on sort de l’institution et on crée quelque chose de différent. »

Écoutez mon interview dans l’émission de Célia Gricourt, podcasteuse à La Force de la non-violence !

Antonella Verdiani a consacré une partie de sa vie aux pédagogies nouvelles dites « alternatives ». D’abord chargée de programme à l’UNESCO, elle y œuvre à diffuser la culture de paix et de non-violence, ainsi que des pratiques de résolution de conflits. Dans ce cadre, elle fait la connaissance d’un lieu unique, Auroville, une communauté de l’Inde du Sud où des humains expérimentent une façon de vivre et d’être en unité avec le Vivant. Elle est marquée notamment par l’école dont l’approche dite « intégrale » la passionne au point d’en faire le sujet de son doctorat. C’est là-bas qu’elle prend conscience du manque de joie de nos enfants occidentaux à aller dans nos écoles…

Elle fut la co-fondatrice du Printemps de l’Education, un réseau français réunissant des associations, des institutions et des individus qui militent pour un changement de l’éducation et de l’école, centré sur l’épanouissement des enfants et des enseignants.Aujourd’hui formatrice et conférencière, Antonella Verdiani a publié deux ouvrages de référence : « Ces écoles qui rendent les enfants heureux » et « Renouer avec la joie de l’enfance ».

Crédits : Mixage et musique originale : @zerooxygen__

Lien vers l’épisode : https://force-nonviolence.fr/…/episode-18-rencontre…/

Lien Youtube : https://youtu.be/P9JYgzP-bOw

Systèmes de croyances et récits de temps de crise : un dialogue impossible ?

Voici un excellent article de mon ami Ivan Maltcheff, publié sur le site de Pressenza, International Press Agency: https://www.pressenza.com/fr/2021/09/systemes-de-croyances-et-recits-de-temps-de-crise-un-dialogue-impossible/

Ivan m’a donné l’autorisation de le traduire en italien et de le publier, ce que je vais faire ici dans ce blog. Car je pense que si nous sommes tous assez perdus dans nos certitudes par rapport à la question actuelle du pass et du vaccin, le danger le plus grand est la division… même au sein des groupes des copains militants, écologistes, acteurs du changement éducatif, au sein de nos familles, entre nos enfants et nos amis. Pour ne pas donner raison à la stratégie en cours, du séparer pour mieux régner, Ivan propose une voie inédite, qui rallie le cœur, l’esprit et l’intelligence.

A vous aussi de la partager pour que même les désaccords soient féconds et porteurs d’évolution!

Lettre à mes enfants

Être libre, ce n’est pas seulement se débarrasser de ses chaînes ; c’est vivre d’une façon qui respecte et renforce la liberté des autres.

Nelson Mandela

Chers enfants,

(désolée si je vous appelle de cette façon même maintenant que vous êtes grands et – j’espère pas – vaccinés, je fais comme mes parents pour qui à cinquante ans j’étais encore la « bimba »)…

Chers enfants si lointains mais si près de mon cœur, je sais que vous allez bien, nos réunions de famille virtuelles me le confirment : vous avez un travail, de quoi vous nourrir, un toit pour dormir, des amis et des amours pour vous tenir la main. Par contre, je ne sais pas si votre santé inclut toujours  aussi votre état intérieur, votre stabilité émotionnelle et mentale, car la mienne, comme celle de quelques millions d’autres personnes, a été mise à rude épreuve ces derniers temps.

Pour cela, permettez-moi quelques considérations, à commencer par des banalités (que vous pourrez toujours attribuer à mon manque de stabilité psychique actuelle, ou à une sénilité précoce, mais c’est ok…).

Dans les pays où nous vivons il n’y a pas de guerre (première banalité).

J’entends par là que notre sécurité physique n’est pas, pour le moment, menacée par des hordes de talibans aguerris ou par des bombes qui pleuvent du ciel. Il s’agit, en revanche, d’autres dangers plus subtils, qui nous demandent en tout cas une bonne dose de courage.

Vous êtes nés dans des pays en paix, dans une famille qui a pu vous offrir de l’affection et un foyer accueillant, vous avez voyagé et rencontré plein de gens exceptionnels, fréquenté des écoles aussi non violentes que possible (de cette recherche en particulier, j’en ai fait mon engagement personnel), vous avez été soignés, lors des vos rares maladies d’enfance, par des médecins respectueux de votre corps et de votre âme, et même nourris par une alimentation bio et naturelle. Bref, vous avez joui de nombreux privilèges. En tant que parents, en tant que mère (je parle pour moi), j’ai certainement fait des erreurs à cause de mon caractère (un peu trop) direct, mais de cela il a toujours été possible de parler et il le sera toujours, vous le savez.

Dans le climat de bien-être dans lequel vous avez baigné, vous n’avez jamais été confrontés aux défis auxquels ont dû faire face vos grands-parents nés pendant la guerre (deuxième banalité).

Moi non plus, par ailleurs. Mais de leur histoire, j’ai retenu l’émotion et les traces de douleur pour la perte d’une mère (cette grand-mère que je n’ai jamais connue), pour la pauvreté et le froid d’une maison sans fenêtres, pour la peur de cet avion allié qui volait à basse altitude dans la campagne toscane juste pour les effrayer, pour les bombardements des maisons des voisins ou la perte d’un ami mort jeune, plus ou moins au même âge que vous aujourd’hui.

J’ai senti et compris la leçon de leur courage, non pas de la réaction impulsive et inconsciente, mais de la vertu qui vient du cœur, qui en est une émanation directe : le courage conscient de dire non à tout cela, à la violence et à la guerre et au déni de l’autre dans sa personne, dans son intégrité physique mais aussi morale, éthique, affective, spirituelle. Le courage de dire oui à la liberté, et de reconstruire un pays meurtri par la guerre, de recommencer petit à petit, avec de la patience et beaucoup d’espoir pour « y arriver ».

J’ai grandi dans ce climat, mes parents et toute ma génération. C’étaient les années ’60 dont, avec la légèreté, on respirait aussi un certain espoir et une confiance de renaissance… Mais ce n’est pas des erreurs de cette époque dont je veux parler ici, ni du fait que les bases de cette renaissance ont été construites sur des fondements illusoires, comme la certitude que le capitalisme serait la solution aux problèmes de l’humanité, ou que les hydrocarbures étaient inépuisables et même respectueux de l’environnement !

C’est plutôt du courage dont je veux encore parler (et ce n’est pas une banalité).

Ce courage qui me semble manquer aujourd’hui, ce dont nous devons tous commencer à nous approvisionner en abondance pour vivre en humains. Vivre dans la dignité, mais surtout vivre en liberté. Dans le droit des libertés acquises et conquises par vos grands-parents – par vos grands-mères qui n’ont pu voter qu’après la guerre – mais aussi dans la reconnaissance de nouvelles libertés, comme le droit de choisir son éducation, d’être reconnu.e.s dans sa propre diversité sexuelle, et bien d’autres, pour lesquelles tant de gens – souvent des héros inconnus – ont donné leur vie au cours des soixante-dix dernières années de « paix ».

En Italie, nous avons la Constitution, la « plus belle du monde », comme l’appelle Benigni.[1] La aussi, il faut du courage pour vivre les valeurs exprimées dans les pages de ce texte!

Je parle de la Constitution italienne que je connais un peu mieux, aussi grâce aux cours donnés par cette enseignante (du même âge que mes parents) qui nous la lisait en s’essuyant les yeux avec émotion. Elle nous lisait ces mots altruistes, d’où se dégage un fort sens de la morale civique, ces mots inspirés par la vision grandiose de ces pères fondateurs, c’est-à-dire par l’idée d’un État fondé sur les droits et les devoirs du peuple. Des Droits humains, dont la nature dépasse la dimension politique de l’idée de citoyenneté, selon laquelle tout individu, même s’il n’est pas citoyen, a le droit d’être protégé. Des droits définis comme indérogeables et également garantis par les traités européens, dont chacun peut se prévaloir non seulement dans son propre pays de naissance.

Il faut du courage pour défendre cela aujourd’hui.

Car le monde dans lequel vous vivez actuellement, mes enfants, tourne en dérision ces droits qui nous semblaient inviolables. Comme celui déclaré à l’article 32 de la Constitution: « Nul ne peut être contraint à un traitement médical sauf par la loi. La loi ne peut en aucun cas violer les limites imposées par le respect de la personne humaine.»[2]

Ou, à l’article 3 sur le droit à l’intégrité de la personne de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, pour laquelle « Toute personne a droit à son intégrité physique et mentale » et dans le domaine de la médecine et de la biologie doit être particulièrement respecté, entre autres, « le consentement libre et éclairé de la personne concernée, selon les modalités définies par la loi ».[3]

Par rapport à ce qui se passe de grave aujourd’hui, à savoir l’imposition du vaccin (sous couvert d’un passeport sanitaire), j’en déduis donc que la loi ne peut imposer un médicament sans le consentement libre et éclairé de la personne, surtout dans le cas où il est encore au stade expérimental, comme c’est le cas. Mais ce qui est plus grave encore est surtout la mise en place des moyens de contrôle (comme le green pass et d’autres), qui sont des limitations arbitraires de notre liberté. Face à tout ça, nous sommes appelés à nous poser des questions éthiques fondamentales, questions auxquelles vous, enfants du bien-être, vous n’avez jamais été confrontés.

Et voici le point.

Il vous faudra vous armer de courage : celui de vos voix qui s’élèvent contre ces dérives, qui n’ont rien à voir avec la question de la santé car elles sont politiques. Le courage de choisir : d’une part une philosophie de vie fondée sur la réflexion et l’action (non violente !) où le débat contradictoire est considéré une richesse. De l’autre, une vie bien-pensante et consensuelle, dans la « normose » (c’est plutôt elle, la pandémie de siècle) que nous veut tous consentants et infantilisés par la peur (voir la terreur alimentée par les médias).

Vous devrez être unis en frères et sœurs de sang ou en simples citoyens du monde, à la recherche de nouvelles alliances et de joyeuses complicités avec ceux qui déjà s’organisent.[4]  Votre force sera de créer une réalité inédite, hors des sentiers battus, loin de l’arrogance des pouvoirs établis. C’est de ce courage au service de la justice, de la même vertu dont étaient faits les héros et héroïnes des mythes universels, ces chevaliers Jedi qui vous ont fait rêver dans la guerre des étoiles, qu’il vous faudra puiser mains et cœur ouverts, à profusion.

Attention, le courage n’est pas le contraire ni de la sagesse ni de la prudence, en effet la sagesse du courage est la prudence !

Cette même force non violente, mais obstinée, précise, claire comme celle de Gandhi face à l’arrogance colonisatrice : non, ça ne passera pas, non, je suis le seul à disposer de mon corps… Et tout comme Gandhi nous l’a appris, ce qui nous est proposé n’est pas de tuer l’autre ou de défier un pouvoir qui peut nous écraser par ses moyens infinis, la force brute et l’argent. Nous sommes par contre invités à l’entourer, ce pouvoir, à jouer avec sa propre énergie, à choisir comme des pratiquants de l’Aïkido, la voie de la concordance des énergies.

Dernier point : la prudence n’est même pas cette passivité à laquelle on risque de s’habituer lentement, insidieuse comme une vipère, sans s’en rendre compte (la même qui a conduit aux dictatures pour nous libérer desquelles, des millions de personnes se sont battues). C’est la force d’une non-violence active.

Réveillons-nous, réveillez ceux qui dorment autour de vous, vos jeunes amis qui n’ont pas encore ouverts les yeux. Avec ce courage éclairé, sage, actif, non violent et juste, agissons, agissez. Gardiens du Vivant, préparez avec joie le monde de paix que vous souhaitez pour vos enfants, une réalité dont vous serez les auteurs et dont moi, optimiste à outrance, je ne sais voir d’autre que la beauté infinie.

Votre mère, à vos cotés.


[1] https://www.facebook.com/watch/?v=162152581815669

[2] https://www.cortecostituzionale.it/documenti/download/pdf/Costituzione_della_Repubblica_italiana.pdf

[3] https://www.normattiva.it/atto/caricaDettaglioAtto?atto.dataPubblicazioneGazzetta=2018-01-16&atto.codiceRedazionale=18G00006&atto.articolo.numero=0&atto.articolo.sottoArticolo=1&atto.articolo.sottoArticolo1=10&qId=&tabID=0.9438621902698823&title=lbl.dettaglioAtto

[4] https://reinfocovid.fr/

Nous pouvons changer le monde par l’éducation !

Dans le cadre du Sommet de l’éducation “Apprendre et grandir dans la joie” du 24 avril au 1° mai 2021, je vous propose mon webinar:

Nous pouvons changer le monde par l’éducation ! Exploration avec une globetrotteuse de l’éducation à la joie 🙂

le Samedi 24 avril 2021 (l’heure vous sera communiquée dès l’inscription)

Le Sommet de l’Éducation est un festival de découvertes, d’inspiration et de partage ! Nature, créativité, philosophie, coopération, CNV, projets, démocratie… Écoles innovantes pour tous, inspirations internationales, IEF, pédagogies alternatives.. 

Des outils et réflexions pour une enfance heureuse et des parents & enseignants détendus !

Des ateliers à partager avec vos enfants, des interviews, des témoignages… le tout, directement chez vous ! Une trentaine d’experts, enseignants, chercheurs, professionnels, au service de l’enfance. Pour vous. Pour eux. Pour demain.


Les 24 conférences et les ateliers seront diffusés GRATUITEMENT en ligne du 24 avril au 1er mai 2021. 3 conférences sont délivrées chaque jour, accessibles gratuitement pendant 48h, de même pour les ateliers, à raison d’un par jour.

C’est 100% en ligne, et c’est gratuit.

==> Réservez votre billet GRATUIT en cliquant ici 

Pourquoi cet événement ? 

Si vous rêvez de devenir un mentor inspirant, si vous rêvez d’enfants résilients et joyeux…si vous êtes parfois fatigué(e)s par un quotidien exigeant et l’impression de devoir en faire toujours plus… Parents, enseignants, éducateurs, thérapeutes, professionnels de l’enfance… Ce sommet est pour vous !

24 conférences et une semaine d’atelier pour :

  • S’outiller et vivre un quotidien joyeux
  • Faire des choix éclairés pour l’avenir de nos enfants
  • Trouver de la détente sur leur “réussite”
  • Découvrir des pédagogies et écoles innovantes

==> Découvrez le programme complet ici

Quand ? Du 24 avril au 1er mai. 

Je vous conseille de vous inscrire dès maintenant, cela ne prend que quelques instants et c’est gratuit. Ainsi vous pourrez prendre vos agendas et noter les dates des conférences et ateliers que vous ne voulez pas manquer. 
Vous recevrez une invitation pour le live d’ouverture (le 22 avril) avec plusieurs intervenants spécialistes de l’éducation
.

 Réservez ici votre billet GRATUIT !

Au cours de cette semaine de Sommet, vous découvrirez aussi :
Des témoignages et des lives, et bien sûr une communauté Facebook et Instagram pour échanger.

A très vite !

Les pédagogies alternatives : on décode !

Les pédagogies alternatives se sont beaucoup développées depuis quelques années et connaissent un pic de popularité. Mais comment s’y retrouver ? Comment savoir si c’est qu’on veut pour notre enfant ? Comment faire le tri dans tous ces courants ?

Pour avoir des réponses, ou du moins, commencer à réfléchir sur la possibilité d’éduquer différemment nos enfants, voici le podcast SchoolMouv auquel j’ai eu la chance de participer. Il s’agit d’un enregistrement à distance (en ce qui me concerne, vraiment à distance, donc la qualité n’était pas excellente ) sur le thème des pédagogies alternatives, en compagnie de Caroline Sost de Living School, de Marjorie, maman et orthophoniste qui pratique Montessori à la maison, et de Philippe Coste qui a animé ce débat passionnant!

Vous pouvez retrouver le résumé de cet épisode et poser vos questions sur https://leblog.schoolmouv.net

Bonne écoute sur : https://podcast.ausha.co/le-podcast-schoolmouv/les-pedagogies-alternatives-on-decode

OSONS L’ENTHOUSIASME! Coaching et métier d’enseignant

Comment savoir éduquer en accompagnant, devenir celui qui sait qu’il ne sait pas ?

Quand on parle d’accompagnement en éducation, on pense tout de suite aux dispositifs pédagogiques alloués et on oublie qu’on n’a pas le même public ; les enseignants se trouvent, alors, face à plusieurs défis, notamment le repérage des besoins des élèves.

« Le coaching est le métier de l’accompagnement du dialogue entre le client et son coach » on peut lire dans une des définitions du coaching. Qu’est-ce que donc ce métier, qu’il serait mieux appeler un art, partage avec celui de l’enseignant, de l’éducateur au sens large? Qu’est ce que l’enthousiasme enfin, qui est le thème de ce sommet, vient faire là-dedans ?

Beaucoup d’éléments rapprochent, je crois, ces « artistes » qui sont les coaches et les éducateurs, et dont les compétences devraient, j’en suis plus que convaincue, se compléter dans des formations communes (les enseignants notamment en gagneraient beaucoup !). Car la véritable question pour l’enseignant est celle de savoir éduquer en accompagnant, devenir celui qui sait qu’il ne sait pas… tout en sachant !

Que dire enfin de l’enthousiasme, cette « possession » divine qui nous traverse lorsque, accompagnés par ce coach inspirant ou guidés par cet enseignant aimant, nous contactons cette partie de vérité en nous, la nôtre, celle qui nous rend si uniques et si semblables aux autres ?

C’est à ce moment que l’enthousiasme touche la joie d’apprendre, de questionner, de créer… une joie de vivre dont les enfants sont les ambassadeurs en ce monde, mais l’on oublie au fur et à mesure qu’on avance dans les diplômes et l’âge.

La bonne nouvelle est que nous avons le pouvoir de la réveiller à chaque instant si nous en faisons le choix, même à l’école.

Je vous invite donc à voir et écouter ce dialogue entre moi et Sanaâ MIKOU, coach ICF et PCC, qui a organisé en décembre 2020 le premier Sommet du coaching marocain sur le thème « Osons l’enthousiasme! » :

www.insightcoaching.ma et www.coachingnews.ma

Youtube: https: //www.youtube.com/channel/UCqViH_CUG0FTJB8KBd1lmJA/

Sacrée forêt *

La forêt qui se reflète dans l’eau du fleuve Ogooué, Gabon

Cri de détresse, d’alarme… Elle crie, la forêt, et son cri est plus haut que l’aigle qui la survole, plus profond que les racines des ses arbres. Elle dit : « pour le temps qui m’est encore donné, je vous implore, qu’on arrête de me désosser, me dépouiller, de réduire en sang mes membres, de déraciner mes troncs millénaires, détruire la couronne sacrée de ma canopée ! ». Cri de détresse, mais aussi d’éveil pour ceux qui veulent et savent prêter l’oreille. Les mêmes qui, sur la pointe des pieds, le regard tourné vers les cimes, savent écouter le silence. C’est un silence feutré, presque ouaté, rompu selon une partition musicale parfaite, par les cris des oiseux forestiers cachés dans les branches inatteignables.

On rentre dans une forêt comme on rentre dans une cathédrale. Un temple sacré dont les piliers sont les ozigos, les okoumés ou les fromagers avec leurs troncs au diamètre éléphantesque qui abritent des cités de singes et des villages d’insectes.  Mais il y a danger. Par ici, le silence est interrompu par le bruit strident des pelleteuses déracinant ces géants millénaires pour faire place aux plantations des palmes à huile. Par là, les scies mutilent le bois pour charger des camions d’essences rares destinées aux meubles des riches. Ailleurs, le feu brule la forêt et, avec elle, ce sont des siècles de l’histoire de l’humanité qui s’en vont en fumée.

Alors qu’ils pleurent, le cri des arbres est muet pour ceux qui ne savent plus comment les entendre.  Ceux qui ont perdu la connaissance des nos ancêtres, le savoir millénaire dont les anciens nous parlent. Toutes les civilisations traditionnelles, des forêts pluviales d’Amérique du Nord à l’Amazonie, des bois des régions tempérées en Europe à la canopée tropicale, toutes elles se rejoignent dans une culture commune : celle du respect et de l’observance de rituels sacrés pour honorer et remercier les dieux qui vivent dans la forêt. Ces cultures savent que la nature des humains, et donc leur équilibre et leur santé, sont intimement liés à celle des arbres, des plantes, de la mer, de l’eau des rivières, du vent…

Dans une telle connaissance de la nature, comme celle qui vit encore au Gabon et dans toute l’Afrique centrale, le contact avec la forêt est direct. Vivre dans et avec la forêt demande à nous élever, nous encourage à être nous-mêmes, ne pas être un rouage dans une machine, mais à trouver notre propre unicité. Or c’est cette unicité que l’on est en train de perdre actuellement, par un rythme de plus en plus accéléré.

Les enfants sont les premiers a en payer les conséquences : tout comme dans les pays occidentaux, nous assistons à la naissance de générations nées « hors sol » aussi en Afrique, comme ces enfants de Libreville qui n’ont jamais mis les pieds dans la forêt, pourtant si proche.

Je suis la forêt

Dans l’Arboretum de Libreville, Gabon

L’arbre est le symbole de la vie, en perpétuelle évolution. En ascension vers le ciel, il symbolise la verticalité et incarne le cycle de l’évolution cosmique : vie, mort et régénération. Mais également le cycle de la vie humaine avec ses quatre saisons : naissance, jeunesse, maturité et vieillesse.

Par lui, tous les niveaux du cosmos communiquent intimement: les entrailles de ses racines souterraines dialoguent avec la terre où son tronc s’érige vers la lumière qui nourrit ses hauteurs. L’arbre « connaît » le langage entre la terre et le ciel. En ce sens, il nous sert de « passeur » entre ces deux dimensions : c’est pour cela que par lui, dans nos cultures traditionnelles, il est considéré comme le chemin vertical par lequel transitent ceux qui passent du visible à l’invisible. 

Les arbres et la forêt ont eu une grande place dans la vie des gardiennes de la tradition. En tant que femme, je suis une forêt. Tout comme elle, je produis, je donne la vie, je nourris, je porte la charge de ma progéniture. Mais aussi je soigne et je sauve des vies grâce à ses énergies. Ma connaissance vient d’elle. Femme initiée, j’ai pu découvrir quelques uns de ses secrets que je transmets avec amour aux générations nouvelles.

Dans ma lignée de connaissance féminine, je suis la forêt. Car ce sont les femmes qui savent mieux garder et perpétuer ses secrets. En totale symbiose avec elle, si la forêt se meurt, je meurs avec. Et avec moi mourront des milliers d’êtres vivants et des êtres invisibles s’éloigneront également. Peu nombreux sont ceux qui le savent, encore moins ceux qui le croient.

La question : qui es-tu ?

Pendant le rite de passage, l’initiée est placée devant un miroir. Un dernier regard à son ancienne identité avant de renaitre à la nouvelle.

« Qui es tu ? » me demande Grande Manou, ma Grande Mère africaine pendant mon initiation. « Qui es tu? » demande la forêt. Je suis le vent, la pluie, répond l’initié… je suis celui qui comprend le langage de la nature, je suis l’animal poursuivi par le chasseur, le hibou qui chante la nuit, je suis la rivière qui coule, je suis le caméléon qui change, la fleur qui s’épanouit au soleil, le crapaud qui coasse. Je suis la corne de l’antilope qui appelle et rassemble les humains autour du feu.  

« Qui es tu ? » on demandait à Socrate. Il répondait : « je ne sais pas » en créant la surprise dans l’interlocuteur qui lui, croyait tout savoir. Le proverbe africain dit : « celui qui sait, ne parle pas » : savoir qu’on ne sait rien, se taire, ou oser dire « je ne sais pas » sont ainsi des manifestations de grande sagesse universelle. Posée par la forêt, cette question me renvoie à ma propre humilité, à mon humus intérieur.

A mon niveau, je me permets d’ouvrir les portes de la connaissance, c’est une voie vers l’éveil. La rencontre avec les ancêtres se fait dans le temple et dans la forêt : ce sont les retrouvailles avec notre propre âme. La voie de l’âme amène à l’invisible et, à son tour, le monde invisible nous conduit à nous rencontrer dans nos profondeurs.

Tout comme dans la forêt, les dimensions du souterrain, de la terre et de la lumière, se rencontrent dans ce parcours d’union et d’accueil. La forêt veille sur moi et sur nous : elle nous aime.  

  • Ce texte est ma contribution au livre (en cour de publication) de Rose Bernadette Rebienot, Grande Prêtresse Mpongwé du Djembé et du Mabanji féminin. Elle est une grande initiatrice du Bwiti Dissumba. Elle vit à Libreville, au village d’Oyenano qu’elle a elle-même créé avec sa communauté.