Interview imaginaire à Maria Montessori

En 2017, j’avais publié sur mon ancien blog « Eduquer à la joie » cette interview imaginaire basée sur la biographie de Maria Montessori, sa bibliographie, sur des sources filmographiques ainsi que sur les témoignages de son fils Mario. Je la publie à nouveau, en un seul texte, dans cet article. Enjoy!

Antonella : Buongiorno Dottoressa ! Je vous demande pardon de vous avoir dérangée là où vous êtes (surement un bel endroit…) et je vous remercie d’avance du temps que vous m’aurez accordée. Vous êtes en effet la première des personnalités qui a accepté d’être interviewée dans le cadre de mon enquête sur la joie à l’école. Puis-je vous poser quelques questions rapides pour nos lecteurs du vingt et unième siècle ? (… pour votre connaissance il ne s’agit pas du titre d’un journal mais du vrai siècle où nous vivons actuellement, on a juste fait un petit saut dans le temps…)

Maria Montessori : Prego.

A : Permettez-moi en premier lieu de vous rendre hommage, d’abord en tant que féministe engagée et parmi les premières femmes à devenir médecin en Italie. Ensuite en tant que chercheuse, intellectuelle, pédagogue, pour l’immense œuvre que vous avez laissé en héritage par votre pédagogie. Aussi, j’aimerais rendre hommage à la mère. Je n’oublie pas que, en tant que mère célibataire, vous avez été obligée de mettre l’éducation de votre unique fils dans les mains d’autres personnes, jusqu’à ses quinze ans. C’est une partie de votre biographie que l’on a tendance à oublier mais qui, j’ose imaginer, a eu une grande influence sur votre mission auprès des enfants. Un peu comme si, dans l’absence de ce fils tant aimé, vous aviez répandu votre amour sur tous les enfants de vos instituts d’abord, puis de la planète entière.

MM : Oh, vous me ramenez à une période de ma vie fort triste, déchirante même… Il y avait d’une part, les découvertes scientifiques et leurs applications en pédagogie qui me rendaient de plus en plus connue et, d’autre part, ma douleur de femme et de mère frustrée. J’ai dû, non sans douleur, déléguer l’éducation de mon enfant adoré à d’autres que moi. Vous savez… à l’époque être mère célibataire était considéré une honte et cela aurait définitivement arrêté ma carrière. Ceci n’a pas été facile. Vous ouvrez là une plaie de mon existence que je n’ai pu soigner qu’en âge mur, lorsque Mario a décidé de vivre avec moi. J’aime croire que nous avons récupéré le temps perdu… 

A : A nouveau je vous demande pardon, ce n’était pas mon intention de rouvrir une telle blessure, d’autant plus que mon objectif est de vous interviewer sur la joie au sein de votre pédagogie !  Mais avant de rentrer dans le sujet, permettez-moi, cara Signora, de vous mettre au courant du succès que cette pédagogie rencontre partout sur la planète entière. Nous assistons en effet à un regain d’intérêt pour les écoles Montessori. Imaginez que aujourd’hui plus des 22.000 établissements dans le monde portent officiellement votre nom ! Tous les jours ils en naissent de nouveaux qui s’en inspirent, partout sur la planète. Moi-même par exemple, j’ai pu assister à la création d’une petite école inspirée par votre pédagogie, la Oli School[2], pour les enfants des rues d’un village très pauvre de l’Inde du Sud. Votre présence dans ce pays est toujours vivante…

MM : Ah, l’Inde, j’ai beaucoup aimé ce pays ! Au début, en 1939, je pensais pouvoir m’y déplacer à mon gré, mais avec la guerre, j’ai été assignée à résidence en tant que ennemi de l’Italie, donc à surveiller. Je ne pouvais donc pas bouger de Madras, mais les gens venaient à moi et j’ai donc pu former environ 1500 maitres et maitresses, ce qui est énorme ! C’est là que j’ai pu élaborer ma théorie sur  l’éducation cosmique, influencée par la spiritualité que respirais dans la culture indienne! Cette culture millénaire si riche m’a nourrie et inspirée (savez-vous que j’ai rencontré Gandhi, Nerhu, Tagore ?). Je n’hésite pas à dire que j’ai passé en Inde parmi les années les plus belles de ma vie. J’ai même troqués mes habits noirs, ceux que je portais toujours comme signe de deuil de mon amour de jeunesse perdu, pour des toilettes claires, élégantes et soyeuses comme le font les femmes indiennes.

A : Je vous comprends, Signora, nous partageons donc ce même amour pour ce pays qui sait aussi être ouvert à des nouvelles idées et méthodes, comme celle que vous avez fondée. Mais, revenons à l’éducation cosmique qui suscite ma curiosité : pouvez-vous nous en dire davantage ? Car je ne crois pas trop me tromper lorsque je constate que aujourd’hui, si je prononce le nom Montessori, la plupart des gens pensera au matériel pédagogique que vous avez crée (vendu un peu partout !) et au mieux, à quelques principes de base de votre méthode. Par contre, moins nombreux sont ceux qui connaissent de façon approfondie la portée et l’étendue de votre pensée. Une pensée qui va bien au delà d’une simple pédagogie car elle allie l’éducation à l’écologie, l’éducation à la paix et l’éducation interculturelle, mondialiste, comme on dirait aujourd’hui. C’est quoi donc l’éducation cosmique ?

MM : Je vous explique… dans ma vision, toute l’humanité ne forme qu’un seul organisme et chaque être vivant est un agent de la création. Les différents éléments qui composent notre univers sont distingués en agents inorganiques (la terre, l’eau, l’air et le feu), et agents organiques, non-vivants et vivants (les végétaux, les animaux, les enfants et les adultes). Ces différents agents participent à la création continue de l’univers, guidés par une intelligence universelle. C’est un équilibre harmonieux qui est obtenu grâce à une cohésion et une organisation des tâches et du travail de chacun des agents. Pourtant, l’homme a échoué car il n’a pas compris qu’il existe un domaine à explorer dans l’humanité elle-même.  Je suis convaincue que nous pouvons réaliser cela grâce à l’enfant.


A : C’est à dire ?

MM : J’y arrive… Je veux dire par là que la tâche de l’enfant est de construire l’homme : pour accomplir cette mission, la nature a initié un plan de développement physique et psychique. C’est un programme évolutif d’ouverture au monde réel qui est inscrit dans l’enfant et généré par des périodes sensibles  créatives : de la naissance à l’âge de 6 ans et de l’âge de 6 à 12 ans.

A : C’est ce que vous entendez lorsque vous affirmez que, je vous cite : « chaque être vivant porte en lui son plan de développement, un schéma préétabli par l’ordre de la vie » ?

MM : Oui, un plan qui est en effet très précis ! Le premier travail cosmique de l’enfant est l’incarnation dans la matière, c’est la période de l’esprit  absorbant  où l’éducation est très concrète car l’enfant construit sa personnalité. Ensuite, l’esprit de l’enfant devient raisonnant, c’est la période des grandes questions où l’enfant cherche sa place dans l’univers, il essaye de comprendre et construit sa personnalité sociale. Pour résumer, le point principal de l’éducation cosmique est le renvoi continuel de l’expérience personnelle à celle universelle, du concret à l’abstrait, de l’analyse à la synthèse.

A : Cela correspond à une vision de la vie très harmonieuse, mais aussi très ordonnée. Quelle est donc la place du plaisir d’apprendre et de la joie de vivre spontanée de l’enfant dans cette approche ? Tout n’est pas déterminé à l’avance ? Il y a t’il de la place pour l’improvisation ? Pour la créativité ?

MM : Bien évidemment ! J’ai moi-même affirmé que l’intelligence ne peut être menée que par le désir. Pour qu’il y ait désir, il faut qu’il y ait plaisir et joie. L’intelligence ne grandit et ne porte de fruits que dans la joie. La joie d’apprendre est aussi indispensable aux études que la respiration aux coureurs ![3]

A : Oui, c’est une phrase assez connue que je cite souvent moi-même ![4] Mais ma question porte sur la place à la spontanéité qui est quand même la caractéristique de cette joie de vivre chez les enfants…

MM : Je comprends… pour vous répondre vous n’avez qu’à observer les enfants dans mes classes où tout est mis en place pour les stimuler et susciter leur curiosité.[5] Ils sont libres, mais encadrés dans un environnement bienveillant, la seule prérogative pour qu’ils puissent développer leurs aptitudes dans la joie et le respect de leurs particularités. Et ceci est vrai tant pour les enfants qui ont des difficultés d’apprentissage que pour ceux qui s’ennuient à l’école. Quand je pense que on me disait que à la « Casa dei Bambini » il n’y avait que des enfants retardés ! Alors que les enfants avec moi apprenaient à écrire et à lire avant les autres !

A ce propos, je me souviens qu’un jour, dans une classe de petits qui avaient commencé à lire un peu, j’ai décidé de faire un test et j’ai écrit au tableau noir : « Si vous savez lire ceci, venez m’embrasser. » Silence, rien ne se passe. Plusieurs jours s’écoulèrent sans que l’inscription ne provoquât aucune réaction. Peut-être, je me suis dite, qu’ils croient que j’ai écrit ça pour m’amuser, exactement comme ils l’auraient fait. Enfin, le quatrième jour, une toute petite bonne femme, haute comme trois pommes, est venue à moi et m’a dit : « Eccomi» (me voici) et elle m’a embrassée ! Vous n’imaginez pas la joie, non seulement la mienne, mais la sienne ! La joie de devenir autonome, d’avoir réussi toute seule! Aussi, vous connaissez sans doutes cette fameuse expression que mes enfants répétaient « apprends-moi à faire seul » ?

A : Oui, c’est même le titre d’un livre récent[6] sur votre méthode !

MM : Ah bien ! Je voudrais aussi ajouter est que cette autonomie est une joyeuse conquête de l’esprit. C’est une conquête qui se fait sans fatigue à l’âge de l’esprit absorbant, où la connaissance est assimilée comme un aliment vivifiant. Dans tout ça, l’éducateur, (et pas l’instituteur s’il vous plait, il faut abolir ce terme), doit savoir susciter chez l’enfant le plus profond intérêt en même temps qu’une attention vive et constante. Il ne s’agit donc que de cela : utiliser la force intérieure de l’enfant pour sa propre éducation.  C’est comme ça que l’enfant est mis en condition de découvrir par lui même. C’est une méthode qui privilégie la liberté, mais attention, c’est une liberté accompagnée de l’adulte, pas dirigée par l’adulte !

Dans la joie de raisonner et de suivre son intuition, pour revenir toujours à ce qui vous tient à cœur, la joie, l’enfant travaille tout seul avec enthousiasme dans cette concentration libre où il ne craint pas d’être interrompu ni critiqué car il sait que son travail et sa concentration seront respectés. Il réalise ainsi la construction de sa personnalité. 

A : Merci cara Signora. Aussi, je tiens à vous informer que vos découvertes scientifiques sur la psychologie de l’enfance sont aujourd’hui validées par toute une branche de la médecine qui s’est fortement développée durant ce dernier siècle, les neurosciences…

MM : Oh, ce que j’écoute est fort intéressant, vous m’en direz plus ?  Pour ma part, j’ai été fière d’avoir contribué, dans le XXème siècle qui a été le mien, au développement de la psychologie de l’enfance. Comme d’autres chercheurs, j’en été arrivée à la conclusion que les deux premières années de la vie sont les plus importantes parce que c’est au cours d’elles que se réalisent les développements fondamentaux qui caractérisent la personnalité humaine. C’était une nouvelle tendance qui avait trouvé son expression dans mes écoles, en rupture avec les anciennes théories psychologiques. Car, si les anciennes théories se fondaient sur l’observation de faits superficiels de la conscience, les nouvelles (de mon temps) cherchaient à sonder l’inconscient et à en analyser les secrets, dans le but de mettre à nu la relation entre la réalité et la pensée. Les psychologues disaient que le comportement de chaque individu s’affirme par ses expériences qu’il peut faire sur l’environnement et, par conséquent j’en ai déduit que le premier devoir de l’éducation est de fournir à l’enfant un environnement qui lui permettra de développer les fonctions données par la nature.

A : Oui, et pour revenir aux neurosciences, le champ de recherche le plus pointu et encore plus récent, qui établi des ponts avec les sciences de l’éducation, est celui des neurosciences affectives. C’est une branche qui étudie les mécanismes neuronaux derrières nos émotions, nos sentiments et nos capacités relationnelles. Et, figurez-vous que ce qu’on y découvre est ce que vous saviez depuis toujours, c’est à dire que l’environnement social et affectif de l’enfant, agit directement et en profondeur sur son cerveau global, le cerveau cognitif et le cerveau affectif ! On arrive même à affirmer que l’environnement modifie les gênes !

MM : Ce qui contredit en quelque sorte le débat qui voit une opposition historique de la nature à la culture…

A : Oui, car on sait aujourd’hui que les deux sont totalement imbriqués !  En plus, aujourd’hui grâce à ce qu’on appelle l’imagerie cérébrale on peut aussi les voir, ces modifications, sans ouvrir le cerveau, ce qui était impensable à votre époque ! On peut voir par exemple, les effets des émotions négatives comme la peur ou le stress qui altèrent certaines zones cérébrales, dans le système neuroendocrinien, chez les petits. Ils mémorisent dans leur amygdale, appelée le centre de la peur, des émotions d’angoisse qui restent engrammées.  Inversement, la bienveillance ou l’empathie, ont des effets sur le développement de l’hippocampe, le centre de la mémoire, qui se développe au fur et à mesure de l’amour et de l’attention.  Et cela favorise, comme vous l’avez deviné dans votre pédagogie, l’apprentissage.[7]

MM : Tout ce que vous me dites ne fait que me réconforter ! De mon coté, j’avais bien compris que rien n’est plus courant que de porter toute sa vie le poids d’une barrière psychique construite dans l’enfance. J’en déduis donc que les écoles et les théories éducatives du XXIème siècles bénéficient de ces recherches et que les enfants peuvent finalement s’épanouir à l’école !

A : …hem, comment vous dire, Signora, pas tout à fait ! Je suis triste de vous dire que, en général, l’école n’a pas beaucoup changé depuis votre époque. Non seulement les écoles qui portent votre nom sont encore, malheureusement pour la plupart privées, et donc inaccessibles pour leur prix à la majorité des parents, mais la majorité des systèmes éducatifs dans le monde est encore basée sur les binômes récompense/punition, sur les valeurs de compétition face à celles de la coopération… Ce qui explique que les conflits ne sont pas éradiqués, que les guerres continuent d’exister sur la planète et que la violence, aussi celle qu’on appelle aujourd’hui la VEO, la violence éducative ordinaire, est perpétrée dans nos familles ![8]

MM : J’en suis navrée, alors que j’espérais, lorsque je suis partie de ce monde en 1952, que la face de l’humanité était sur le point de changer grâce aussi aux impressionnantes découvertes scientifiques de ce siècle… Quelle disgrâce !

A : Cela dit, chère Dottoressa Montessori, actuellement nous assistons à un éveil des consciences qui est généralisé. L’humanité se réveille d’un grand sommeil qui l’a rendue esclave, endormie, soumise pendant des siècles. Cela concerne tous les domaines, l’écologie, l’économie, la paix, les modes de production, l’éducation aussi ! Je ne voudrais pas donc que vous retourniez dans l’au-delà avec un sentiment de faillite, bien au contraire. C’est même grâce à votre œuvre et à celle de tous les éducateurs et les éducatrices que vous avez formés et qui ont l’ont continué souvent en se battant contre tout et contre tous, que l’humanité est, non sans quelques soubresauts, sur le point de basculer vers une culture de la paix.

MM : Je vous suis reconnaissante de ces paroles… je peux donc rentrer chez moi avec l’espoir que ce que j’affirmais de mon temps, peut devenir vrai : une période nouvelle est commencée pour l’humanité. Elle est en marche vers le monde de l’amour… Ce qu’il nous faut donc aujourd’hui, comme de mon temps, c’est une éducation qui conduise la personne humaine à reconnaître sa propre grandeur !

A : Vous aviez tout compris ! Je vous remercie une fois de plus, Signora Montessori, et je vous laisse retourner là d’où vous êtes venue et où, sans aucun doute, vous récoltez les fruits d’une vie bien remplie, une vie pour laquelle tous les enfants du monde vous seront pour toujours reconnaissants. Arrivederci !


[1] Cet entretien imaginaire est basé sur la biographie de Maria Montessori, sa bibliographie, sur des sources filmographiques ainsi que sur les témoignages de son fils Mario.

[2] http://auroville-learning.net/av_unit/oli-school/

[3] Cette citation est attribuée en effet à Maria Montessori, mais aussi à la philosophe Simon Weil dans son ouvrage L’attente de Dieu, Albin Michel, 2016

[4] Notamment dans mon livre Renouer avec la Joie de l’enfance, Eyrolles, 2017, mais aussi dans mon TEDX

[5] A ce propos, si vous ne pouvez pas  vous inviter dans une classe Montessori, regardez le très beau film d’Alexandre Mourot, Le Maitre est l’enfant, actuellement en salle ! https://www.youtube.com/watch?time_continue=9&v=p21WVdB-aJA

[6] Charlotte Poussin, Apprends moi à faire seul, Eyrolles, 2011

[7] Catherine Gueguen, Pour une enfance heureuse, Robert Laffont, 2014

[8] « La violence éducative ordinaire (VEO) est la forme de violence physique  et  psychologique  entre  humains  la  plus  courante  dans le monde, puisqu’elle touche presque tous les individus dans toutes les sociétés (à de très rares exceptions près), dès leur  naissance  et  à  travers  des  pratiques  très  variées. (…) La  tolérance  envers  la  violence  éducative  ordinaire  est  le  terreau de la maltraitance caractérisée – celle qui est jugée inacceptable par la société. Infligée à la plupart des enfants pendant toutes les années où leur cerveau se forme, la VEO les prépare à devenir eux-mêmes violents, ne serait-ce que par imitation, et à trouver normal que les conflits se règlent par  la  violence. » Observatoire de la Violence Educative Ordinaire : http://www.oveo.org/

Va, Vis, Ose !

GRAN’DIRE Va, Vis, Ose !

C’est sur cet air léger

Qu’on vient vous chanter

Notre joie de vivre

On s’exprime pour grandir

Soyons des hommes debout

Des hommes de demain

Soyons au rendez-vous

La vie bat son plein

On a plus l’temps

C’est Maintenant

Notre terre est si belle

Quand on prend soin d’elle

On a plus l’temps

C’est Maintenant

Vivons au Présent

Nos rêves d’enfants

Va, Vis, Ose Faisons bouger les choses !

Découvrons nos talents

Ce qui nous rend vivants

Aimer et Rire Pour transmuter le pire

Plus de guerres, moins d’pollution

Le gaspillage fait des ravages

Agir au quotidien C’est mieux vivre demain

On a plus l’temps C’est Maintenant

Notre terre est si belle Quand on prend soin d’elle

On a plus l’temps C’est Maintenant

Vivons au Présent Nos rêves d’enfants

Va, Vis, Ose Faisons bouger les choses !

°°°°° © Shaé, Isaline, Fatoumata, Anne-Catherine, Lison 3 ateliers de 2h pour réaliser une chanson qui met en couleurs les envies pour Gran’Dire!

Projet réalisé au « Tilt » dans le cadre des ateliers CEC avec la collaboration de l’asbl Kala-Pinka Grandir en musique. MERCI!

Atelier d’un jour sur la JOIE!

Éduquer aujourd’hui n’est pas synonyme de bien être, ni pour les élèves ni pour les enseignants, encore moins pour les parents. Et si nous commencions nous-mêmes à inverser cette tendance ? Et si on faisait du bonheur et de la joie de vivre, les véritables buts de l’éducation et donc de l’existence ?

Cet atelier EST 🙂
– tout d’abord, un moment – agréable ! – de contact avec soi-même et avec les autres
– un travail sur sa posture d’éducateur au sens large, d’après la question : qui suis-je lorsque j’éduque ? Suis-je en contact avec ma source de vie, de joie ? Comment la reconnaître en mon fils, mon élève, si je ne la ressens pas en moi d’abord ?

Détails pratiques :
Le dimanche 17 mars 2019
Accueil : 8h30h – Début 9h et Fin 17h
Adresse : Ecole démocratique de l’Orneau 207 rue de lonzée – 5030 Gembloux
Participation : 70€ / pers en prévente
(80€ à partir du 9 mars).

Pour s’inscrire, c’est ici

Les êtres sont condamnés à la joie : interview à Guy Corneau 

C’était en 2011, à Montréal lorsque dans le cadre des recherche sur mon livre sur la joie,
Guy me fit l’honneur d’une interview. Nous passâmes plus d’une heure
ensemble, dans les coulisses d’un théâtre où se jouait la pièce d’une
amie danseuse, un spectacle auquel il m’invita. Je garde le souvenir
d’un homme bon, charmant, profondément gentil et généreux, sensible et
attentif : un exemple de l’intelligence du cœur en action.   
 
Bon voyage Guy!
 
 

Antonella : Dans ton dernier livre, « Revivre! » tu nommes la joie en tant qu’expérience personnelle, reliée à ton vécu. Ce sur quoi j’aimerais que l’on échange ce soir part du
constat que la joie existe beaucoup chez les enfants, mais que l’école ne fait
qu’entasser tout ce potentiel de vie. Est ce que tu penses que la joie est
innée ? Est-elle toujours là ou bien elle peut disparaître? Et si oui,
peut on aller la « repêcher » au fond de nous?                                      

Guy : Je n’ai pas les mêmes inquiétudes que toi. Les tibétains parlent du fond lumineux
de l’être, la joie. Pour moi qui a été près de mourir deux fois, ce que l’on
découvre près de la mort ou de l’autre coté de la vie, c’est la joie, une joie
pure. Dans les deux cas c’est ce contact avec la joie pure qui m’a guéri, un
contact qui dure pendant des semaines, pendant des mois. C’est la béatitude,
c’est l’extase.
 
A : C’est la joie sans objet…
 
: Oui, une joie complètement gratuite. J’ai moins d’inquiétudes que toi parce que
je pense que de toutes les façons, les êtres sont condamnés à la joie, ils sont
condamnés à la liberté. Ils ne peuvent pas abolir la joie ; de même ils ne
peuvent pas abolir la lumière, c’est impossible. Il se peut que l’expérience
(de la vie) ne se termine pas bien, mais au fond ce n’est pas si grave non
plus, la joie reste ainsi que le goût de la joie. On pourrait penser que les
soubresauts dans lesquels notre monde passe actuellement, tous ces signes
d’éclatement, soient les signaux de la naissance d’un nouveau monde où il y
aura plus de joie et plus de lumière. Peut être qu’il va y avoir aussi (dans ce
passage) de la douleur, des ruptures et des conflits très importants , mais au
fond ces excès préparent la venue d’un nouveau monde qui va vers des choix plus
essentiels, donc vers la joie et la lumière. Je ne suis pas quelqu’un de très
religieux, mais je souhaite vraiment l’avènement d’une religion de la Lumière.  Ce qui m’intéresse est que les êtres humains se reconnaissent en tant qu’êtres lumineux, des êtres créateurs qui sont venus exprimer la lumière dans le monde, de l’amour, de la joie.
 

Maintenant, si l’on regarde du coté de l’éducation et en particulier à propos du lien entre ce que tu appelles l’aspect transcendantal et l’aspect horizontal, quand est ce que les êtres humains expriment de la joie dans leur vie?  C’est quand ils expriment quelque chose
qui vraiment fait partie de leur essence, de leur élan de vie, de leur élan
créateur ! C’est vrai pour les enfants et les adultes : que tu sois
content d’avoir réussi des recettes de cuisine, que tu fasse une cabane à
moineaux de tes propres mains ou que tu fasse pousser des légumes, là il y a
une joie qui est liée à ce que tu as accompli et qui t’as remis en contact avec
la vie créatrice. Comme Jung, je pense que les êtres humains sont
essentiellement créateurs, que l’inconscient est essentiellement créateur.
Toutes les fois que l’on est dans l’élan créateur ce qui répond c’est la joie,
la joie dans l’être qui est à la fois très horizontale et très communicative,
et qui permet  de toucher au fond et à la nature essentielle de l’être, la joie pure.
 
A : Je suis d’accord, mais ne trouves tu pas que telles qu’elles sont structurées
aujourd’hui, les écoles ne font que tuer cette créativité ?
 
: Oui, t’as raison, mais ce n’est pas vrai que c’est seulement l’école qui fait
ça ; c’est nous qui le faisons à nous mêmes. Car quand tu es dans cet état
de joie très profonde, tu te rends compte que tu as passé 99% de ta vie à
résister à la joie. Ce n’est pas vrai que c’est l’école ou les parents qui le
font, c’est toi qui te le fais à toi même ! Nous sommes construits de
façon telle que la réponse que nous donnons à l’angoisse de vie est dans la
recherche de reconnaissance ; ainsi on s’aliène des parties plus joyeuses
de soi même et on en a peur. Les êtres humains ont peur de la joie parce que la
joie les ouvre !
 

: Je donne aussi une interprétation « politique » à ce phénomène car je
pense que le système éducatif actuel n’est que l’expression de ce monde qui est
en train d’éclater aujourd’hui, lequel est fondé sur la peur. Ainsi on nous
apprend depuis tout petits à respecter beaucoup de règles et d’interdits. Par
exemple, il y a une expression française qu’on apprend très tôt aux enfants à
l’école et en famille qui est: « tu n’as pas le droit …
de faire ceci, de faire cela », comme si au fond on n’avait pas le droit de
devenir les créateurs de notre propre vie. Donc si on inverse le processus
comme on le fait dans l’éducation à la joie, on peut essayer d’aller dans
l’autre sens en partant de la richesse qui est déjà là: on reconnaît
d’abord la joie en soi, dans l’enfant, et par la joie on arrive à se libérer,
comme tu le dis.

G :Oui, mais il faut que tu trouves des leviers éducatifs qui permettent ça. J’ai
donné une conférence qui s’appelle « Le meilleur de soi et l’enfant »
sur la question : quoi dire à des parents qui veulent éduquer leurs
enfants en leur permettant de rester en lien avec leur essence créatrice et
donc avec la joie qui est liée à cette essence ?
 
A : Il s’agit de leur apprendre à oser eux mêmes.
 
G : Oui, mais pour moi la peur ne vient pas de l’école, elle est existentielle dans
les êtres humains, qui ont peur de vivre, de naitre, de mourir. Et dans chaque
être, indépendamment de l’école, il y a une quête qui va l’obliger de
déconstruire quelque chose en lui qui est de l’ordre de la peur, qui va lui
faire reconnaitre ses racines, les dépasser et retrouver de la joie. C’est donc
de la joie que l’être humain a profondément peur, de sa réelle liberté de
créateur, face à lui même, face à la vie.  C’est sur, moi aussi je souhaite une école qui soit plus attentive à ça, mais je mesure l’étendue de la tâche…
 
A : Enorme !
 
: Elle est énorme parce que toutes les structures sociales vont être en jeu. Et
je suis convaincu qu’elles vont changer…
 
A : Elles vont éclater ! C’est triste à dire, mais je suis confiante en
quelque sorte dans le malaise des parents, des élèves, mais surtout des
enseignants qui n’en peuvent plus.
 
G : Ils sont sur la ligne de front. Quand j’avais mon cabinet de psychanalyste je
recevais beaucoup d’enseignants et je leur disais : « ce n’est pas
seulement vous qui êtes malade, mais le système dont vous faites partie et donc
dans ce sens, ne prenez pas tout comme personnel. » Car c’est une maladie
collective, une lutte continue (du système) contre les différences, dérivée de
la difficulté de nous entendre, de nous harmoniser. 
 
A : Mais il y a de l’espoir, n’est ce pas ?
 
G : Il y a de l’espoir, mais aussi beaucoup de heurts et des ruptures dans les vies
individuelles de gens, avec beaucoup de tourmentes. Chaque personne est
convoquée à des choix très personnels : « Est ce que je choisis la
paix, la joie ? Est ce que je choisis l’amour, d’exprimer la partie
lumineuse de moi même ? Et même de la découvrir ? Ou bien, est ce que
je choisis d’être un esclave des conditions ambiantes ? » Parce que
dans ce dernier cas, c’est  la
souffrance qui t’attend. Mais en même temps ces cassures sont nécessaires pour
permettre que le fruit s’épanouisse !
 
Je regardais l’autre jour avec mon fils de 11 semaines une statue de Bouddha qui
l’attirait et le fascinait beaucoup. Quand on regarde une statue de Bouddha, on
y voit l’expression de la pureté humaine. Je pense que chacun de nous est invité à laisser émerger une chose aussi pure, aussi simple, lumineuse mais aussi fragile.  Je me dis que c’est
vraiment à ça que chaque être humain est convoqué : à une maîtrise
complète de soi même, une maîtrise de l’esprit, du cœur, du corps, du
comportement, de tout… C’est un achèvement fantastique, un accomplissement
très joyeux, mais quand tu mesures la distance (qui existe) avec ça, tu te dis,
« wow, moi je suis « en chantier » par rapport à ça, comme une
pierre brute.  Comment donc je vais arriver à laisser émerger la joie ? ». Pour moi c’est tout l’intérêt de la chose. Bien sûr, on peut arriver (à entreprendre) cette voie là par  l’éducation.
 
En ce qui me concerne dans mes conférences, je cherche à éveiller chez les individus le
goût d’aller vers la joie et de l’exprimer dans leur vie, de découvrir et
d’exprimer l’amour qu’ils sentent, parce que des toutes les façons le bonheur
lui même repose là-dessus. Dans ce sens là, je ne suis pas inquiet car des
toutes les façons la joie est l’appel profond de chaque être humain.
 
Merci à Guy de m’avoir accordé cet entretien, réalisé en octobre 2011 à Montréal. 
 

45 REGLES POUR ETRE HEUREUX


En général je me mefie comme la peste des « ordonnances » et des recettes pour devenir ceci ou cela, plus heureuses, plus belles, plus plus plus… Cependant,  ces 45 règles m’ont particulièrement parlé car elles recèlent de la sagesse et de l’humour, ce dont nous avons besoin dans les temps qui courent… je les partage avec vous dans l’espoir qu’elles vous inspirent à votre tour. Elles ont été rédigées par Regina Brett, journaliste américaine, et traduites par Michel Poulaert. MERCI! 
  1. La vie est injuste, mais elle reste belle.
  2. Lorsque vous doutez, faites juste un petit pas de plus vers l’étape suivante.
  3. La vie est trop courte pour haïr qui que ce soit.
  4. Ne vous prenez pas trop au sérieux, personne ne le fait.
  5. Vous n’avez pas à remporter tous les désaccords. Acceptez les désaccords.
  6. Remboursez vos dettes.
  7. Pleurez avec quelqu’un, c’est mieux que de pleurer seul.
  8. Epargnez pour vos vieux jours et commencez dès que vous recevez votre prochain salaire.
  9. Pour ce qui est du chocolat, résister est inutile.
  10. Faites la paix avec votre passé pour qu’il ne pourrisse pas votre présent.
  11. Ce n’est pas grave si vos enfants vous voient pleurer.
  12. Ne comparez pas votre vie avec celle des autres, vous n’avez aucune idée du chemin qu’ils ont dû traverser.
  13. Si une relation doit être secrète, n’en faites pas partie.
  14. La vie est trop courte pour passer votre temps à vous plaindre. Occupez-vous à vivre votre vie.
  15. Vous pouvez tout traverser si vous vous consacrez à aujourd’hui.
  16. Un écrivain écrit. Si vous voulez devenir écrivain, écrivez.
  17. Il n’est jamais trop tard pour avoir une enfance heureuse. Cela ne dépend que de vous et de personne d’autre.
  18. Quand il s’agit de tout ce que vous aimez dans la vie, n’acceptez pas le « non » comme réponse.
  19. Allumez les bougies, mettez les belles nappes, portez une belle lingerie. N’attendez pas les occasions spéciales. Aujourd’hui est spécial.
  20. Consacrez votre temps à la préparation et ensuite vous serez entraîné par le mouvement.
  21. Soyez excentrique aujourd’hui. N’attendez pas de vieillir pour porter du violet.
  22. L’organe sexuel le plus important est le cerveau.
  23. Personne n’est responsable de votre bonheur, sauf vous-même.
  24. Répertoriez tous vos soi-disant « désastres » et demandez-vous : « dans cinq ans, est-ce que cela aura encore de l’importance ? »
  25. Pardonnez tout à tout le monde.
  26. Ce que les autres pensent de vous n’est pas votre affaire.
  27. Le temps guérit presque tout. Donnez du temps au temps.
  28. Votre travail ne prendra pas soin de vous lorsque vous serez malade. Vos amis oui. Restez en contact avec eux.
  29. Qu’une situation soit bonne ou mauvaise, cela changera.
  30. Croyez aux miracles.
  31. Tout ce qui ne tue pas vous rend réellement plus fort.
  32. Vieillir bat l’adage « mourir jeune ».
  33. Vos enfants n’ont qu’une seule enfance. Faites-en quelque chose de mémorable.
  34. Sortez tous les jours. Il y a des miracles qui se passent dehors.
  35. Si vous jetez vos problèmes sur un tas en voyant ceux des autres, vous arriverez à relativiser.
  36. La vie ne s’évalue pas. Foncez et tirez le meilleur parti de la vie.
  37. Débarrassez-vous de tout ce qui n’est pas utile, beau ou joyeux.
  38. Tout ce qui compte vraiment, c’est que vous ayez aimé.
  39. La convoitise est une perte de temps. Vous avez déjà tout ce dont vous avez besoin.
  40. Le meilleur reste à venir.
  41. Peut importe votre état d’esprit : levez-vous, habillez-vous et montrez-vous.
  42. Prenez une profonde respiration, ça calme l’esprit.
  43. Si vous ne demandez pas, vous n’aurez pas.
  44. Lâchez prise.
  45. La vie n’est pas toujours facile, mais elle reste un cadeau.